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Edition actuelle 1/02 - février 2002
RUBRIQUE EDITO
Accouchement contesté de l'euro
Depuis le début de l'année, douze pays membres de l'Union européenne
sont entrés officiellement dans l'«Euroland». Avec l'arrivée
de la «monnaie unique», bon nombre d'Européens pourront ainsi
voyager d'un pays à l'autre sans plus changer leur argent.
Si l'euro paraît avoir été plutôt bien accepté
par la population, certains événements ont démontré
que plusieurs pays n'entendaient pas laisser leur monnaie se fondre dans la
masse. Ainsi, les Danois ont préféré garder leur couronne.
Les Anglais, en raison de la forte valeur de leur monnaie, ne souhaitent pas
entrer dans la zone «euro». Les Italiens ont commencé à
utiliser l'euro sans grande conviction. Bien que l'identité d'un pays
ne se limite pas à sa seule monnaie, ces signaux démontrent que
les nations n'ont pas été créées pour se fondre
dans une superstructure, mais bien pour perdurer. Si l'«euro» présente
certainement des avantages, il engendre incontestablement une perte de souveraineté
des pays membres. Autre fait intéressant: plusieurs pays ont insisté
pour que les pièces de monnaie soient marquées d'effigies dans
lesquelles la population puisse se reconnaître. Dès lors, bon nombre
d'entre eux se sont empressés de frapper des pièces à l'aide
de leurs motifs respectifs.
Notre pays restera probablement encore bien des années en marge de la
«monnaie unique». Le franc suisse poursuivra alors son rôle
de valeur refuge lorsque l'euro «s'enrhumera».
L'UDF demeure persuadée que la vocation de la Suisse n'est pas de se
fondre dans une structure supranationale, qu'elle soit politique ou monétaire.
Aussi continuera-t-elle de s'engager en faveur d'une Suisse économiquement
ouverte sur le monde, mais politiquement libre et indépendante.
Maximilien Bernhard
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RUBRIQUE: Nationale
Non à l'adhésion de la Suisse à l'ONU
3 mars: les mots d'ordre de l'udf
Réunis en assemblée nationale à Olten, le 26 janvier dernier,
les délégués de l'Union Démocratique Fédérale
(UDF) se sont prononcés sur les deux objets de votations fédérales
du 3 mars prochain.
A l'exception d'une abstention, l'UDF a rejeté unanimement l'initiative
pour une «adhésion de la Suisse à l'ONU». L'UDF se
prononce en faveur d'une Suisse active sur le plan international, économiquement
ouverte sur le monde, mais politiquement libre et indépendante. L'UDF
a constaté, comme beaucoup d'autres, l'impuissance de l'ONU face aux
multiples conflits internationaux.
Bien que la vision et les objectifs de l'ONU exprimés sans sa Charte
soient louables, cette organisation, par ses dérives, prive l'homme de
la place centrale que lui reconnaissent les grandes traditions philosophiques,
juridiques et religieuses. D'autre part, l'UDF doute qu'au vu de sa voix (une
sur cent-nonante), la Suisse ait une réelle influence sur le processus
décisionnel de l'ONU. Ce d'autant plus qu'avec son Conseil de Sécurité
et le droit de veto accordé aux plus grandes puissances politiques, l'ONU
ne soit pas particulièrement un modèle de fonctionnement «démocratique».
L'UDF considère que la non-appartenance de la Suisse à l'ONU est
une chance que notre pays doit maintenir afin de poursuivre sa mission humanitaire,
notamment par l'intermédiaire de la Croix-Rouge et de l'Aide suisse en
cas de catastrophe. Dans le cadre de l'action humanitaire, l'UDF se demande
comment la Suisse pourrait adhérer à une organisation internationale
qui par ses embargos, met parfois en péril la vie de dizaines de milliers
d'enfants.
Pour l'UDF, même si les partisans prétendent le contraire aujourd'hui,
la Suisse pourrait bien un jour être contrainte de participer à
des forces armées, perdant ainsi sa crédibilité sur le
plan humanitaire.
L'UDF estime aussi que, sur le plan financier, la Suisse fait déjà
un effort remarquable en faveur de l'ONU (400 à 500 millions de francs
par an) et de ses organisations, et qu'elle ne doit pas s'engager plus dans
ce domaine.
En outre, faut-il rappeler qu'entre le vote de l'adhésion de la Suisse
à l'ONU en 1986 et aujourd'hui, la Charte de l'ONU n'a pas changé
et que son action sur le terrain a produit des résultats pour le moins
contrastés.
Enfin, l'UDF demeure favorable au développement de relations bilatérales
entre nations. De telles relations ne placent pas la Suisse sous le joug d'une
structure supranationale. Cette voie permet d'éviter toute ingérence
dans la démocratie helvétique.
Réduction du temps de travail
L'UDF a dit par ailleurs dit «Non» à l'initiative «Pour
une durée du travail réduite». Même si l'idée
paraît intéressante, l'UDF estime qu'engager du personnel à
temps partiel durant quatre heures par semaine est irréaliste pour la
plupart des secteurs de l'économie. Elle engendrerait inéluctablement
une augmentation très importante du travail sur appel. Au vu de l'expérience
faite chez nos voisins français, l'UDF doute qu'une réduction
du temps de travail génère des emplois durables hors de la fonction
publique. Elle rappelle qu'une diminution de l'horaire hebdomadaire n'est pas
impossible dans le contexte légal actuel. En effet, elle peut être
négociée en tous temps entre partenaires sociaux.
Maximilien Bernhard
Consultation pour le partenariat homosexuel
En réponse à la Consultation fédérale sur
le partenariat enregistré pour les couples homosexuels, l'UDF réaffirme
son opposition à toute forme de reconnaissance juridique des couples
homosexuels. Un tel partenariat heurterait en profondeur les valeurs familiales.
En 1995, l'UDF a récolté plus de 88 000 signatures pour sa pétition
«pour une famille saine et contre l'égalité juridique des
couples homosexuels». L'avant-projet de loi du Conseil fédéral
va totalement à l'encontre de la volonté exprimée à
cette occasion par une grande partie de la population. L'avant-projet de loi
est inacceptable, car il affaiblirait inexorablement la famille. La Suisse doit
privilégier clairement la famille, tant sur le plan juridique que financier.
Car c'est bien le mariage entre un homme et une femme basé sur l'amour,
la fidélité et le respect réciproques, qui constitue la
seule institution capable d'assurer l'avenir et la pérennité de
la société.
Deux personnes de même sexe ne peuvent pas procréer naturellement.
Le cadre de la famille est celui dans lequel l'enfant naît. Il est indispensable
à l'équilibre personnel de ce dernier. En effet, l'enfant a besoin
d'un père et d'une mère, d'un référant masculin
et féminin pour se développer harmonieusement. L'absence du père
est évoquée fréquemment en relation avec la violence juvénile
ou les troubles d'identité dans le développement de l'enfant.
La société doit garantir à l'enfant un cadre de vie lui
permettant de se développer au mieux et de devenir ainsi un adulte capable
de s'intégrer dans la société.
En outre, la forme peu contraignante du partenariat pour les couples de même
sexe, entraîne divers effets juridiques sur simple déclaration
des personnes concernées. Compte tenu du peu d'engagement requis et de
la possibilité pour chacun des partenaires de révoquer sur simple
demande ce partenariat, on peut craindre le risque d'abus. On ne peut en effet
pas exclure qu'un partenariat ne soit conclu dans le seul but d'obtenir de l'Etat
certaines prestations. Si ce risque existe aussi dans une mesure infiniment
moindre pour l'institution du mariage hétérosexuel, il ne faut
pas perdre de vue que le législateur a soumis la dissolution de celui-ci
à des règles précises qui permettent d'en mesurer et d'en
atténuer les conséquences sur les plans financiers, sociaux et
familiaux.
Enfin, on ne peut exclure qu'un partenariat enregistré pour les homosexuels
tel que présenté par les autorités fédérales
n'ouvre ultérieurement la porte à d'autres revendications. Ainsi,
deux ans après l'introduction du PACS en France, ses instigateurs ont
demandé à la fin 2001, que l'on considère la possibilité
de l'adoption. Lors des projets de loi, tout le monde ministres y compris avaient
donné des garanties pour que l'adoption d'enfant ou la procréation
médicalement assistée demeure interdite aux couples homosexuels.
Dans la présentation de l'avant-projet, le Conseil fédéral
se fend également d'une longue explication sur les raisons pour lesquelles
l'adoption ne peut être envisagée pour les homosexuels. Mais les
lobbies gays ont déjà déclaré que le projet de la
Confédération n'allait pas assez loin, même s'ils vont les
soutenir pour obtenir «au moins» les avantages proposés.
Les homosexuels sont des êtres humains, ils doivent être respectés
en tant que tels, mais leur prétention à obtenir un statut identique
à celui des couples hétérosexuels est irrecevable.
Maximilien Bernhard
Vous pouvez participer à la Consultation fédérale sur l'avant-projet de loi du partenariat homosexuel en adressant votre avis sur le projet du gouvernement jusqu'à fin février à la Confédération . Le texte est disponible sur internet: www.ejpd.admin.ch/ Doks/Sonstige/01114partnerschaft-f.pdf ou auprès du secrétariat romand de l'UDF.
L'héroïne, bientôt considérée comme un médicament
en Suisse?
Suite à l'octroi par la Confédération d'une licence pour
produire de l'héroïne en Suisse, l'Union Démocratique Fédérale
(UDF) annonce qu'elle soutiendra le recours des assureurs-maladie contre le
remboursement des injections d'héroïne.
L'UDF, qui a lancé le référendum contre la distribution
d'héroïne sous contrôle médical, a pris acte avec consternation
de la décision de la Confédération d'autoriser la production
d'héroïne sur territoire suisse. Pour l'UDF, c'est un signe supplémentaire
de résignation, voire de capitulation de notre pays face au fléau
de la drogue qui donne une image déplorable de la Suisse à l'étranger.
L'UDF se demande comment nos autorités expliqueront à notre jeunesse
qu'il ne faut pas toucher à l'héroïne, alors qu'elle en autorisera
la production et la distribuera en tant que «médicament»
en Suisse.
L'UDF rappelle que la prescription d'héroïne n'est pas encore inscrite
dans notre Constitution fédérale. D'autre part, selon l'article
32 de la LAMal, les prestations remboursables par l'assurance maladie doivent
être «efficaces, appropriées et économiques».
Elle estime que le remboursement de prestations liées à la distribution
d'héroïne va à l'encontre de cet article, le coût des
prestations à charge de l'assurance de base dans ce domaine se montant
à plus de 12 millions de francs. A l'heure où les primes des caisses
maladie ne cessent d'augmenter, l'UDF considère qu'il faut renoncer à
la prise en charge de telles prestations.
Tout comme le rapport d'évaluation d'experts de l'OMS publié en
avril 1999, l'UDF estime qu'il n'est pas possible de savoir si la prescription
d'héroïne est la cause de l'amélioration de l'état
de santé et du comportement social des personnes traitées, ou
si ces changements sont imputables à l'encadrement médico-social
qui leur est assuré et dont personne ne discute le bien-fondé.
Pour l'UDF, l'héroïne n'a rien d'un médicament. C'est un
produit qui engendre de graves séquelles, ainsi qu'une forte dépendance
psychique et physique. Elle s'étonne donc du préavis favorable
donné par l'Office intercantonal de contrôle des médicaments
(OICM) au sujet de l'inscription de l'héroïne dans le registre des
médicaments. L'UDF soutiendra donc le recours des assureurs-maladie contre
le remboursement des injections d'héroïne.
L'UDF rappelle que l'ensemble des cantons Romands, à l'exception de Genève,
ont rejeté la distribution d'héroïne en votation populaire
le 13 juin 1999. Celle-ci, emportée à une courte majorité
par ses partisans, n'a pas pu éviter une hausse des overdoses l'an dernier
à Zurich, qui a déjà activé ces programmes de distribution
d'héroïne sous contrôle médical.
Maximilien Bernhard
Objectifs 02
Forte progression de l'UDF au législatif d'Yverdon-les-Bains, intérêt
grandissant des médias pour l'UDF, site internet de plus en plus visité:
ces trois exemples attestent du développement de l'UDF en Romandie. Le
bilan de 2001 est riche en actions politiques (élections communales,
émissions de radio et de télévision, référendum
contre le PACS genevois, pétition «pour une Expo sans colline de
chanvre», etc.). Le travail effectué par l'ensemble des sections
romandes porte ses fruits.
Les résultats obtenus en 2001 laissent présager une progression
de l'UDF également pour l'avenir. En effet, les enjeux éthiques
de ce début de troisième millénaire sont importants, notamment
en ce qui concerne la protection de la vie.
Tourné vers l'avenir, le secrétaire romand de l'UDF s'est fixé
de nouveaux objectifs pour 2002: élections cantonales du 3 mars prochain,
information au travers des médias et coordination entre les sections
romandes et alémaniques, préparation des élections fédérales
de 2003, formation de l'ensemble des sections.
Le secrétaire romand vous remercie de l'aide apportée en 2001,
et espère pouvoir à nouveau compter sur vous pour 2002.
Maximilien Bernhard
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RUBRIQUE: ENTRETIEN
L'euthanasie est la mauvaise réponse à
la question posée
Dr Yvan Scherrer, médecin du travail au service de santé
du personnel de l'Etat de Genève, s'exprime sur l'euthanasie. Le 11 décembre
dernier, le Conseil National a clairement rejeté l'initiative en faveur
de l'euthanasie active (128 voix contre / 59 voix pour).
Dr Scherrer, pouvez-vous nous rappeler la différence entre euthanasie
active et passive ?
L'euthanasie est l'intention de donner la mort. L'euthanasie passive est le
renoncement à des mesures de survie. Pour l'euthanasie active, on distingue
au niveau légal, l'euthanasie active directe qui est un meurtre, ou un
homicide par compassion destiné à abréger les souffrances
d'autrui; c'est à celle-ci que les politiciens ont dit Non le 11 décembre;
et l'euthanasie active indirecte qui est le fait d'accepter l'éventualité
d'une issue fatale en mettant en uvre des moyens curatifs qui peuvent avoir
pour effet de réduire la durée de survie (ex: donner de la morphine
contre les douleurs, tenter une opération risquée); là,
il n'y a pas de relation causale.
C'est l'intention qui importe le plus. On peut faire de l'euthanasie passive
avec l'intention de donner la mort; mais on peut aussi la décider en
refusant l'acharnement thérapeutique.
La faiblesse, ce serait une systématisation de l'acte, c'est-à-dire
d'en faire un système standard qui oblige à traiter tout le monde
de la même manière. Or dans les débats sur l'euthanasie,
on oublie toujours de parler de la personne. Est-ce volontaire ou non?
Le but avoué est de donner une mort digne. Mais derrière cela,
il pourrait y avoir des pressions sur quelqu'un qui ne voudrait pas, qui hésiterait
de mourir. Il existe aussi la situation où la personne ne veut pas mourir,
mais dont le personnel médical ne supporte plus les souffrances et qui
peut être tenté de pratiquer l'euthanasie.
La Conseillère nationale Barbara Polla (lib. GE) dit que ce n'est
pas au politique de décider, car la mort est «privée».
Votre avis?
Je réponds Oui et Non. Oui, car c'est bien une personne «privée»
qui meure, et c'est elle seule qui est devant la mort. Le bémol, c'est
que ce n'est pas nous qui choisissons de mourir (sauf pour le suicide). Si la
mort est brutale, on n'a pas le temps de se poser de question. Mais si c'est
plus long, le cheminement qui conduit de la maladie à la mort nous appartient.
On peut le vivre dans la souffrance, la révolte ou la paix.
La mort dépend aussi du discours de la société, du sens
qu'elle lui donne. Et là, je réponds Non à l'affirmation
de Barbara Polla. Car la société donne des connotations différentes
à la mort. Si l'on meure de la tuberculose, on n'y peut rien, on en est
une victime. Si l'on meure du Sida, la société dit: «c'est
de sa faute!» Le sens de la mort porte une connotation sociale. Le politique
doit donc légiférer sur la mort, et la société se
déterminer sur ce qui est acceptable ou pas. Il doit décider quels
sont les actes punissables. Comme dans la Bible, où Dieu donne des lois.
Est-ce que cette évolution vers une libéralisation de l'euthanasie
(la Hollande l'a acceptée), peut être mise en relation avec la
peur de mourir, la fuite de la mort, telle qu'on la constate de nos jours?
La société occidentale n'a plus de discours sur la mort. La pensée
judéo-chrétienne a donné une importance considérable
à la mort, en lui donnant une explication, un sens. Elle répond
à la question «Pourquoi la mort?». Personne ne peut échapper
à la mort. La Bible est le seul livre qui dit que la mort est injuste
et parle de la souffrance qui en découle. La mort est un «scandale»
pour l'homme. C'est la dernière responsabilité de l'individu face
à son destin. Mais la Bible montre à travers le don du Christ
que la mort est indissociable de la vie.
A défaut de cette notion judéo-chrétienne, il n'y a pas
d'explication à la mort. Il n'y a plus que des attitudes biologiques
(des cellules qui meurent), philosophiques, nihilistes (il n'y a rien après
la mort); mais la question demeure. Dans notre société individualiste,
on est seul; la mort est une perte d'identité. Alors si je ne suis que
biologique, pourquoi prolonger ma souffrance? La société n'admire
que ce qui est jeune et beau. Lorsqu'on est proche de la mort, ce n'est plus
le cas. L'absurde est là, et on se dit que ça ne vaut pas la peine
de continuer. La société de consommation encourage dès
lors la mort «prestation», la mort «presse bouton».
Donc oui, il y a bien une fuite, une perte du sens de la mort.
Les partisans de l'euthanasie avancent l'idée de «mourir dans
la dignité»... Que veut dire face à la mort ce terme «dignité»?
Bien sûr, la chambre à gaz ou l'assassinat sont indignes. Le terme
«digne» a lui aussi une connotation sociale. Jusqu'où est-ce
digne ou pas digne? Digne par rapport à quelles valeurs? Je prétends
qu'on ne peut jamais dire que la mort est digne. La Bible dit que la mort est
une infamie, ça n'a rien de digne. Elle dit aussi que la vie est intouchable:
«Tu ne tueras pas». Dans la pensée laïque, la dignité
est une valeur intrinsèque (du dedans), alors que dans la pensée
chrétienne, la vie est digne et c'est une valeur extrinsèque (un
don).
Les soignants et certains politiciens appellent de leurs vux le développement
des soins palliatifs. Est-ce une alternative?
Oui, nous devons absolument développer les soins palliatifs. Il ne faut
pas laisser souffrir les gens. Mais cela va au-delà des médicaments,
des cocktails antalgiques. L'homme souffre non seulement physiquement, mais
mentalement, moralement: «Pourquoi moi? C'est pas juste, je ne comprends
pas, je suis révolté...» A l'instar de Job, dans l'Ancien
Testament, ceux qui se savent condamnés tiennent ce discours. La société
a abandonné l'approche chrétienne; quelles réponses peut-elle
apporter à ces questions? Qu'a-t-elle à offrir si la personne
demande la mort?
Les soins palliatifs doivent offrir une réponse globale, comprenant l'écoute
- des accompagnants qui passent du temps avec le malade pour discuter, l'aider
à exprimer son angoisse. Mais si les soignants n'ont rien à dire?
L'euthanasie n'est pas la réponse juste. Même un «psy»
n'a rien à offrir. C'est la Bible qui donne la réponse. Regardez
Job, Dieu ne casse pas son discours, il n'ôte pas ses plaies, mais il
touche «le sens» de ce qu'il traverse: «L'homme naît
pour souffrir, comme l'étincelle pour voler» (Job 5, 7). Quand
on est seul, la mort est terrible! Job dialogue avec Dieu. Aujourd'hui la plupart
des gens font juste un bilan de leur vie: «Ce que j'ai accompli, ce que
j'aurais pu accomplir...» La valeur est au-delà!
Propos recueillis par Dominique Ardellier
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RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS
Vaud
Elections au Grand Conseil vaudois du 3 mars: l'UDF
franchit une nouvelle étape
Dans le cadre des élections du Grand Conseil vaudois du 3 mars prochain,
l'UDF présente une liste de cinq candidats dans l'arrondissement d'Yverdon-les-Bains,
de deux candidats dans celui de Grandson et d'un candidat dans celui d'Echallens.
En regard du succès obtenu au législatif yverdonnois, avec près
de 9% des suffrages, l'UDF croit en ses chances d'obtenir un siège de
député. Provenant de tous bords politiques, les représentants
de l'UDF se présenteront en véritable alternative aux partis politiques
en place.
Les domaines principaux dans lesquels l'UDF s'engagerait en cas d'élection,
sont l'éducation, les finances et la famille. Concernant l'éducation,
l'UDF soutiendra le régime des notes, ainsi que l'idée d'un «bon
scolaire» par le biais d'un subventionnement partiel des écoliers
qui souhaitent s'inscrire dans une école privée. L'UDF considère
que les écoles privées ne représentent pas une menace pour
le public, car même avec un soutien du canton, les effectifs du privé
demeureront très réduits. L'enseignement privé peut s'avérer
le plus judicieux pour certains enfants mais ne doit pas rester un privilège
accessible qu'aux plus fortunés.
Dans le domaine des finances, l'UDF proposera que le montant des dépenses
du budget n'excède plus celui des recettes escomptées, sans quoi
l'équilibre budgétaire ne pourra être atteint. Pour l'UDF,
le canton doit décider urgemment de mesures pour freiner son endettement
à court terme et rembourser ses dettes à moyen terme. L'UDF s'engagera
pour une politique anticyclique et s'opposera - en cas d'embellie conjoncturelle
- à une baisse des recettes aussi longtemps que les dettes n'auront pas
été remboursées et des réserves suffisantes reconstituées.
Convaincue que les couples et familles stables contribuent au bien-être
de la société et de l'Etat, l'UDF s'engagera pour que celles-ci
disposent d'avantages concrets, notamment fiscaux et dans le cadre de l'assurance-maladie.
L'UDF s'engage clairement pour un système d'allocations familiales plus
favorable à la famille, tant dans le principe que leur montant. Les indépendants
devraient en particulier y avoir également accès.
Face à la montée de violence juvénile, l'UDF entend favoriser
l'encadrement familial de la jeunesse. D'après l'UDF, cela passe notamment
par l'octroi d'avantages fiscaux pour les familles dont l'un des parents réduit
de façon significative son temps de travail pour s'occuper des enfants.
Par ailleurs, l'UDF s'engage à favoriser par le biais de déductions
fiscales les familles qui inscrivent leurs enfants à des activités
sportives ou artistiques. Ces dernières offrent aux enfants la possibilité
de trouver des activités positives et saines.
Maximilien Bernhard
Le neuvième Conseiller UDF à Yverdon
Après 43 ans de ministère pastoral et une retraite très
active, pourquoi avoir accepté ce mandat au Conseil Communal d'Yverdon-les-Bains
? Parce que je crois plus que jamais que le chrétien a une place à
occuper au sein de la société moderne qui ne sait où fixer
les limites aux valeurs humaines. Une occasion d'être sel de la terre.
Si Dieu me prête vie, je serai heureux de me tenir aux côtés
de mes frères et soeurs en Christ pour les appuyer dans leur tâche
politique au sein des autorités communales. Je souhaite être au
milieu d'elles, même très modestement, un intercesseur qui se tient
sur la brèche, comme Dieu en cherche selon Ezéchiel 22, 30.
J'ai réalisé que ce n'est pas une sinécure que d'être
un témoin de Christ dans notre monde politique suisse. N'oubliez pas
de prier pour nous !
Jean-Pierre Chapuis
Jura
Mondialisation en question
La conférence organisée le 16 novembre dernier par la section
jurassienne de l'UDF a fait salle comble. Le conférencier, Jean-Pierre
Graber, docteur en sciences politiques, a abordé le thème de la
mondialisation en s'interrogeant sur son caractère irréversible.
Après avoir abordé les principales causes de la mondialisation,
l'orateur a identifié ses principales conséquences: affaiblissement
de l'Etat-Nation, extension du contrôle de l'activité et de la
pensée humaine, instabilité du monde, menaces sur la liberté
et les droits individuels. Son passionnant exposé a été
suivi d'un temps de questions et réponses, avec un débat sur la
question d'une possible adhésion de la Suisse à l'Union européenne.
L'UDF Jura tiendra son assemblée générale le 15 mars. Par
ailleurs, la section dispose désormais d'un site internet: www.jura.ch/partis/udf.
Enfin, le comité se réjouit d'avoir pu récolter des centaines
de signatures pour l'initiative miniMax dans les rues de Porrentruy. Jonathan
Rivers-Kirby
RUBRIQUE: Etranger
L'Argentine piégée
Ce n'est pas la première fois que l'Argentine connaît une crise
économique, financière et sociale, telle que celle qui la secoue
actuellement. Depuis longtemps, deux grands blocs politiques s'opposent dans
ce grand pays: d'un côté la petite et grande bourgeoisie terrienne,
alliée à l'armée, qui a formé le parti radical,
fondé en 1891; de l'autre, les masses populaires socialistes et syndicales
se réclamant du parti péroniste, créé en 1947.
A partir de 1947, Perón appliqua une politique de nationalisation en
développant l'industrie, en instituant un contrôle des changes
et des prix, et le monopole étatique du commerce extérieur. Mais
le pays rencontra ses premières difficultés dès 1949, lorsque
les exportations s'effondrèrent et que l'inflation monétaire fit
son apparition. Le peso fut dévalué et le gouvernement emprunta
aux Etats-Unis $ 125 millions. Les objectifs sociaux furent relégués
au second plan, au profit des objectifs économiques et la crise toucha
de plein fouet les couches inférieures de la classe moyenne. Les radicaux
prirent le pouvoir en 1963, mais ne parvinrent pas à juguler l'inflation,
ce qui entraîna des grèves ouvrières. Révolution,
dénationalisation, crise économique, guérilla urbaine s'en
suivirent.
Dès 1991, l'inflation a été efficacement contrôlée
grâce à un système de parité entre le peso et le
dollar (1peso = 1$). Mais lors de la crise asiatique de 1997, les pays concurrents,
notamment le Brésil, ont dévalué leur monnaie pour relancer
les exportations. L'Argentine ne pouvant le faire en raison de sa politique
monétaire se retrouva comme au temps de la nationalisation, enfermée
dans son propre marché, ce qui ruina son industrie. Le PIB chuta, les
recettes fiscales diminuèrent de 25% entre 2000 et 2001, et le chômage
passa à 18,3%, entraînant un tiers de la population (14 sur 37
millions) dans la pauvreté.
L'Argentine se retrouva tributaire, comme en 1949, de l'aide internationale!
Elle reçut début 2001, $ 40 milliards du Fonds monétaire
international (FMI). Mais celui-ci impose des taux d'intérêts extrêmement
élevés pour se protéger des risques. Ainsi ces intérêts
ont atteint $ 12 milliards en 2001. Pour tenir ses engagements, le gouvernement
argentin se voit obligé de prélever ces 12 milliards sur les fonds
de prévoyance nationaux: les rentes des personnes âgées
ont été amputées de 13%, les fonctionnaires ne sont plus
payés, les réserves de la Banque centrale ont été
réquisitionnées et les comptes d'épargne sont confisqués.
Le président péroniste Duhalde, a récemment coupé
la parité, réintroduisant la dévaluation du peso, mais
aussi l'inflation, ses conséquences et la peur. La crise économique
a abouti à la crise financière, entraînant la crise sociale
et la révolte dans les rues.
Pour relancer l'économie, il faudrait instaurer d'urgence un plan «anti-crise»,
basé sur l'apport de financements publics et une baisse des impôts.
Mais le FMI pousse à l'opposé en imposant une réduction
de $ 7 milliards des dépenses publiques et une hausse d'impôts
de $ 4 milliards, afin de s'assurer le versement des intérêts qu'il
a lui-même fixés. L'Argentine est piégée par le FMI.
Elle ne peut se passer de ses emprunts, mais s'appauvrit de plus en plus sous
sa dépendance.
Dieu dit à propos des lois civiles: «Si tu prêtes de l'argent
à mon peuple, au pauvre qui est avec toi, tu ne seras pas à son
égard comme un créancier, tu n'exigeras de lui point d'intérêt»
(Exode 22, 25). Le FMI agit à l'encontre de ce commandement biblique,
cherchant manifestement à exploiter le malheur de ce pays.
Le gouvernement argentin réagit par le «correlito», le bocage
des comptes d'épargne. Confisquer trop longtemps les revenus et les économies
du peuple, le privant du nécessaire vital, est une solution dangereuse,
paralysant le pays et l'enfonçant dans la misère.
Avec la mondialisation de l'économie et de l'argent, ce qui arrive à
l'Argentine pourrait bien toucher d'autres pays. La politique du FMI est en
cause. Il devrait de toute urgence annuler les intérêts de l'emprunt
argentin. A moins que l'engrenage de la dépendance et de l'appauvrissement
des Etats ne soit son but.
Dominique Ardellier
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Rubrique: rélexion
Au nom de Dieu Tout-Puissant
Je me suis manifesté autrefois à Abraham, à Isaac et Jacob
sous le nom de Dieu Tout-Puissant, mais je n'ai pas été connu
d'eux sous mon nom, Le Seigneur.» (Exode 6, 3). Cette déclaration
d'une sorte de gradation dans la connaissance de l'Eternel a été
adressée à Moïse pour Israël, alors que ce peuple allait
vivre sa grande délivrance de l'esclavage et en apprendre beaucoup sur
son Dieu. Il n'est pas question de prendre la Suisse pour un quelconque «Israël
spirituel», cependant cette parole nous concerne également car
nous savons que nos pères aussi connaissaient le Dieu Tout-Puissant :
n'est-ce pas en son nom qu'ils ont fondé la Confédération?
Nous leur sommes infiniment reconnaissants de cet acte de foi qui nous bénit
encore.
Ne nous sommes-nous pas trop facilement contentés de cette invocation,
comme si elle devait nous protéger pour toujours ? A partir de ce fondement,
n'aurions-nous pas dû chercher à en savoir plus sur le Tout-Puissant,
et apprendre qu'il s'appelle aussi Le Seigneur ? N'y a-t-il pas eu, au cours
des âges, des hommes de Dieu qui ont exhorté notre peuple à
le faire, avec plus ou moins de succès. Où en sommes-nous aujourd'hui
? Il est à craindre que non seulement nous n'en sachions pas plus que
nos pères, mais que par rapport à eux, nous ayons reculé
dans l'obéissance à Dieu ! Dès lors, ne pensons pas que
la mention du Tout-Puissant dans notre Pacte Fédéral suffira à
nous abriter du malheur, tandis qu'est déjà perceptible «l'angoisse
des nations» venant dans le monde, et dont parle la Bible. «Au nom
du Dieu Tout-Puissant» ne peut être un fétiche, ou un simple
porte-bonheur ! Avec la constante adaptation des lois aux comportements coupables
de notre société (sous prétexte d'en finir avec «des
lois hypocrites» !), il ne sera tout simplement plus possible de conserver
cet en-tête:
- au nom du Dieu Tout-Puissant, la solution des délais en matière
d'avortement est inscrite dans notre Constitution ...
- au nom du Dieu Tout-Puissant, le mariage des homosexuels est homologué...
l'euthanasie... (juridiquement rebaptisée «droit de mourir dans
la dignité»...), la pédophilie... (lorsque les partenaires
sont consentants...), etc.
Et il n'y a pas que les dérèglements qui caractérisent
le détachement de notre héritage judéo-chrétien,
il y a encore le remaniement des pensées, le nouveau credo politiquement
correct, offensant envers Dieu et pervers envers le peuple de Dieu. Or, parmi
les devoirs de soumission au Dieu Tout-Puissant comme au Seigneur, il y a la
solidarité avec Israël. Saurons-nous la préserver ?
Pour avoir cessé de croire au Dieu Tout-Puissant, pour ne pas l'avoir
servi comme Seigneur, nous aurons à le rencontrer comme juge. A moins
de recevoir un «esprit de grâce et de supplication» à
la place de l'arrogance humaniste caractéristique de notre temps.
Gilbert Schwerzmann, pasteur de l'Eglise Evangélique de Réveil
de Lausanne
