L'UDF édite Impulsion. Ce journal, qui paraît entre cinq et neuf fois par an, informe de l'actualité politique suisse et de l'action de l'UDF au niveau fédéral et dans les différents cantons romands. Chaque édition contient également une interview. 

Edition actuelle 2/05 - Avril 2005 :

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Edition actuelle 2/05 - Avril 2005

RUBRIQUE EDITO

Des forces vives pour l'UDF

Un numéro spécial d'Impulsion a été élaboré à l'occasion du trentième anniversaire de l'UDF, édition que vous tenez entre vos mains. Il comporte une page centrale supplémentaire qui contient une brève rétrospective, ainsi que les perspectives des section scantonales et régionales.
Ce qui frappe de prime abord est l'appel lancé par la quasi totalité des sections pour renforcer leur comité respectif. Bien que ce problème ne soit pas propre à l'UDF (d'autres partis politiques, notamment traditionnels, rencontrent la même difficulté à trouver des personnes prêtes à s'engager pour la chose publique), notre parti doit impérativement être renforcé afin de poursuivre son développement en Suisse romande.
Passablement de membres et sympathisants de l'UDF se dépensent en effet sans compter pour promouvoir les idées défendues par l'UDF. Le succès du référendum contre le Pacs fédéral en témoigne. Des forces vives, notamment des jeunes, doivent toutefois venir en renfort afin d'assurer le renouvellement des comités, faute de quoi il sera très difficile de progresser. De plus, les défis des prochaines années sont nombreux: élections communales, cantonales et fédérales, récoltes de signatures, mise sur pied de conférences, etc.
Il en faut peu pour qu'une section cantonale se redynamise. Bien souvent, l'arrivée d'une ou deux personnes motivées suffit à lui "donner des ailes". Si ces dernières savent communiquer leur enthousiasme, la partie est pratiquement gagnée.
L'ambiance entre les diverses sections romandes est excellente. Un atout supplémentaire qui en incitera certainement plus d'un à s'engager activement au sein de l'UDF. Le bilan des dernières années d'activités de l'UDF est réjouissant. À l'occasion de ses 30 ans d'existence, l'UDF lance un appel auprès de ses membres et sympathisants pour que de nouvelles personnes s'engagent à ses côtés. Votre engagement constituerait la contribution la plus significative au trentième anniversaire du parti qui défend vos valeurs et vos idées. En plus, il bénéficierait à l'ensemble de la collectivité. En effet, par son engagement l'UDF recherche le bien commun.


Maximilien Bernhard

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RUBRIQUE: Nationale

30 ans d'UDF: ce qu'ils en disent


RIEN NE VAUT UN REGARD EXTERIEUR POUR MIEUX COMPRENDRE COMMENT L'UDF EST PERÇU. TROIS PERSONNALITES ONT ACCEPTE DE S'EXPRIMER A CETTE OCCASION

Philippe Corthay, président du Forum des Hommes:

L'UDF a une vocation et un appel spécifiques qui visent à revaloriser en Suisse, le respect et la mise en pratique des valeurs chrétiennes. Ces dernières ont contribué à façonner au cours des siècles toute la politique de notre pays.
J'apprécie en particulier l'action de l'UDF dans les domaines de l'éthique, de l'action sociale où elle propose une stratégie qui encourage la responsabilité individuelle. J'apprécie également sa recherche d'une politique sur le plan national et international qui prenne en compte les implications qu'elle générera pour les générations futures (assainissement des finances fédérales, environnement, asile, adhésion ou non de la Suisse à l'UE, relation avec Israël, etc.).
L'UDF est animée de la volonté de proposer des choix de société fondés sur les valeurs justes, véhiculées par l'Écriture sainte, (comme la référence aux dix commandements), sur les modèles de vie et de société démontrés par le Christ et sur une écoute du Saint-Esprit.
Ce cheminement à contre-courant comporte de multiples obstacles. Il est toujours risqué, difficile et complexe, donc forcément critiquable d'émettre des propositions pour tenter de solutionner des problèmes de société toujours complexes et qui n'ont pas valeur d'absolu. Celles-ci sont toujours le fruit d'une réflexion qui se construit à partir des paradigmes sur lesquels les individus se fondent et qu'ils développent pour justifier ce que leur cœur a choisi. J'apprécie le fait que l'UDF cherche à développer son action politique dans le cadre d'une perspective chrétienne du monde qui nous rappelle sans cesse que Dieu est Souverain, que Lui seul est impartial et objectif et qu'Il est le seul à connaître ce qui est bon pour nous et de quoi demain sera fait.
Dans ce sens je perçois l'UDF comme une voix dans notre pays qui devient prophétique lorsque ses "porteur de paroles" disent la parole que Dieu inspire, là où personne d'autre ne peut la parler aussi librement.
Ainsi dans cette perspective, il est essentiel que des chrétiens s'engagent à la fois au sein des partis gouvernementaux et au sein de l'UDF. La vocation de chacun est différente mais profondément complémentaire. Ma prière est que ceux qui se réclament de Jésus-Christ cessent de tergiverser, apprennent à faire confiance à ceux qui proposent des solutions et s'investissent aux côtés de ceux qui s'engagent, là où se prennent les décisions, de manière à anticiper les problèmes pour les solutionner, au lieu de combattre après coup de mauvaises solutions.


Claude Ruey, conseiller national, président du Parti Libéral suisse

"Moi qui pensais vous revoir dans le Royaume, je suis très malheureuse de savoir que ce ne sera pas le cas, puisque vous perdez votre âme à fréquenter le Palais fédéral et les politiciens!": C'est à peu près en ces termes qu'une ancienne paroissienne s'adressait au pasteur Jean-Claude Chabloz, devenu intercesseur aux Chambres fédérales et appelé à développer son ministère auprès des Conseillers nationaux et Conseillers aux États peuplant le monde politique suisse.
Cette réaction -la politique est l'expression du mal- a longtemps été répandue dans le monde évangélique. "Ils ne sont pas du monde" de l'Évangile (Jean 17, 16) a souvent été compris comme l'ordre de se séparer totalement du monde, de ne rien avoir à faire avec lui, surtout en politique, alors qu'on oubliait que le même passage indiquait: "Je ne te prie pas de les ôter du monde" (Jean 17, 15) et continuait en disant "Je les ai aussi envoyés dans le monde" (Jean 17, 18). Comme était oubliée l'exhortation de Paul (1 Timothée 2 1-2) de prier "pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute quiétude et honnêteté". Ou encore l'épître aux Romains rappelant qu'il "n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu" (Romains 13, 1 et suivants).
Ce n'est pas le moindre mérite de l'UDF que d'avoir contribué à briser, parmi les évangéliques, cette tentation du repli face aux politiques. Non, la politique n'est pas le mal (elle n'est d'ailleurs que le reflet de la société des hommes), oui, un chrétien peut aussi avoir une vocation de service en s'engageant dans les institutions démocratiques du pays. Et de cela, nous pouvons être reconnaissants à l'UDF.
Mais alors qu'on y prenne garde aussi: il s'agit de ne pas céder à la tentation qui consisterait à croire qu'il y a une "politique chrétienne" monopolisée par un seul parti. Comme libéral et comme chrétien, je sais que j'ai des frères chrétiens dans tous les partis et que l'engagement politique est toujours du domaine du relatif, l'absolu n'étant qu'en Dieu seul.

Jean-Pierre Graber, Dr ès sciences politiques, ancien député UDC

Le Dieu de Jésus-Christ invite les chrétiens à être "sel de la terre" et "lumière du monde" ou, pour dire les choses autrement, à rendre témoignage de la vérité dans tous les domaines de la vie. L'UDF mérite de vives éloges parce qu'elle assume cette noble fonction dans l'ordre politique avec intelligence, ténacité et fidélité.
L'engagement de l'UDF sur la scène politique n'est pas seulement légitime. Il répond à une exigence et à une logique qui dérivent des Ecritures elles-mêmes.
"Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l'Eternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien", peut-on lire dans le Livre de Jérémie (29, 7). Ce texte nous montre que si les chrétiens sont d'abord liés entre eux par une solidarité de type abrahamique, ils le sont aussi au reste de l'humanité par une solidarité adamique. Les discours et les actions politiques des chrétiens dans la cité constituent l'une des voies royales de la manifestation de celle-ci.
Demeure évidemment la question de savoir si les chrétiens appelés à s'engager activement en politique doivent le faire dans le cadre d'un parti laïc ou au sein d'un parti qui se réclame expressément des enseignements bibliques. Il ne convient pas d'opposer ces deux formes de présence au monde, mais de les considérer dans leur riche complémentarité. Par vocation et par tempérament, il existe des "chrétiens-prophètes" et des "chrétiens-médecins".
Sans se soucier trop des pesanteurs du réel, les premiers sont les hérauts des impératifs de Dieu. Les seconds s'adonnent prioritairement à l'exercice de la compassion en prenant les hommes tels qu'ils sont. Dans un parti laïc, on ne peut, dans la règle, que revêtir l'habit du "chrétien-médecin". Dans un parti chrétien, il est possible, alternativement, d'être médecin ou prophète. C'est ce qui fait la précieuse singularité et la force de l'UDF. Puisse ce beau parti connaître la pérennité et plus encore le développement afin d'offrir au monde cette magnifique et irremplaçable spécificité.

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Votation du PACS: priorité 2005 de l'UDF

C'est en juin prochain que les citoyens diront s'ils acceptent ou non, le partenariat enregistré pour personnes de mêmes sexe (Pacs). Le point avec Stéphane Derron, secrétaire politique de l'UDF (photo).

La campagne contre le Pacs fédéral constitue une priorité de l'UDF en 2005. Pourquoi cet objet est-il si important?
La campagne contre le Pacs fédéral est importante à double titre. Tout d'abord parce que cette loi est inutile, discriminante et fallacieuse.
Mais aussi et peut-être surtout parce que cette campagne donne la possibilité à l'UDF de se profiler comme un parti qui s'oppose à une chose (la reconnaissance étatique de l'homosexualité) mais non à des personnes dont les penchants sont homosexuels. Cette distinction est fondamentale pour tous ceux qui se réclament du Christ: nous nous opposons à ce que la Bible considère sans ambiguïté comme un "péché", mais nous ne rejetons pas le "pécheur". Nous nous opposons sur le plan politique à ce qu'on veut nous faire croire comme "bon" au nom de la tolérance, mais nous aimons et respectons chaque personne en tant que créature aimée de Dieu.
Concrètement, que changerait l'acceptation du pacs en Suisse?
L'acceptation du Pacs fédéral a une très grande importance symbolique pour les homosexuels. Seule une minorité au sein de la minorité homosexuelle aspire vraiment à une relation de couple stable, fidèle et désir des enfants. Mais, au nom de la tolérance, les milieux homosexuels veulent faire croire que leur "mode de vie" est tout ce qu'il y a de plus normal et noble. Ils aspirent à un "coming-out politique" et dénoncent une prétendue homophobie au sein de notre société pour arriver à leurs fins. Quand bien même très peu de couples homosexuels se feront "pacser" si cette loi était acceptée, très vite ils revendiqueront le droit d'avoir des enfants, ce qui a déjà été fait lors des débats parlementaires sur le Pacs. En franchissant inévitablement ce pas, le politique attribuera au mode de vie homosexuel la même mission que celle de la famille traditionnellement considérée comme cellule de base d'une société.
Ces revendications à une reconnaissance politique du mode de vie homosexuel n'est pas propre à la Suisse mais fait l'objet de débats dans de nombreux pays. Le résultat des urnes helvétiques sera alors d'autant plus important du point de vue symbolique puisque la Suisse restera probablement le seul pays à demander l'avis de ses citoyens sur le sujet.

L'avis de Suzette Sandoz, professeur de droit et ancienne conseillère nationale libérale:
C'est avec une certaine légèreté que le Parlement a accepté la loi sur le partenariat enregistré, sans se rendre compte, apparemment, que la création d'une institution calquée sur le mariage mais réservée aux personnes de même sexe, représente une altération de la société.
On ne peut que se réjouir qu'un parti politique, à savoir l'UDF, ait eu le courage de lancer le référendum. Que les avis divergent en ce qui concerne l'opportunité ou non d'offrir ce mariage bis aux couples homosexuels, c'est légitime, mais il aurait été irresponsable de laisser une telle institution s'installer dans notre société sans offrir aux citoyens la possibilité de débattre de la question et de voter.
Je regrette personnellement qu'aucun autre parti politique n'ait osé dire tout haut que nous sommes face à un choix d'avenir. Je souhaite que les grands partis politiques fassent preuve d'un peu plus de sens civique à l'occasion de la campagne de vote toute proche. Il sera évidemment très difficile de faire entendre un message qui ne comporte aucune condamnation des personnes mais refuse simplement une loi mensongère où le mariage homosexuel est déguisé en partenariat.

Votation sur le Pacs fédéral: la campagne s'organise La campagne qui précédera la votation sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe demandera d'importants moyens financiers. L'UDF a suscité un comité romand contre le "Pacs" fédéral inter-partis et interconfessionnel qui regroupe déjà plus de 100 personnalités. La votation devrait avoir lieu le 5 juin prochain.
Vous pouvez soutenir cette campagne en effectuant un don à l'adresse suivante:
Comité romand contre le "Pacs" fédéral, 1400 Yverdon-les-Bains, CCP 17-704568-2, Un grand merci pour votre soutien.

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La loi sur la transplantation entrera en vigueur

La loi sur la transplantation ne passera pas en votation populaire et les générations futures en paieront vraisemblablement le prix. Faute de soutien, les 50000 signatures nécessaires à l'aboutissement du référendum n'ont malheureusement pas pu être récoltées dans les délais impartis.
Le comité référendaire était conscient que le défi était de taille, et que le référendum tenait d'un baroud d'honneur à l'encontre de la recherche sur les cellules souches, puisqu'il devait récolter 50'000 signatures valables dans un délai de seulement six semaines. Pour le conseiller national Markus Wäfler (ZH) "c'était une obligation à l'égard des générations futures; nous voulions donner un signal en faveur de la protection de la vie". Le comité référendaire reconnaît avoir eu des difficultés à communiquer le lien qui existait entre la loi sur la transplantation et la recherche sur les cellules souches, notamment aux organisations provie et aux partis politiques d'obédience chrétienne.
Suite aux résultats de la votation du 20 novembre dernier sur la loi fédérale du 19 décembre 2003 relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires, le comité référendaire a constaté une indifférence patente de notre société sur le sujet. Le référendum a donc déposé ces 20'000 signatures sous forme de pétition, remise à la chancellerie fédérale à l'attention du parlement, durant la session de printemps.
(comm.)

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Votations vaudoises du 17 avril

Le peuple vaudois est appelé à voter la loi sur les établissements médico-sociaux reconnus d'intérêt public (LEMS) et sur quatre décrets pour assainir les finances vaudoises, décrets faisant suite à la votation du 28 novembre 2004 qui a été annulée.

Séjours en maison de retraite
Le premier objet vise à diminuer les dépenses dans le domaine des EMS. Cette diminution se fera aux dépens des usagers. Ils bénéficieront de moins de prestations et plus de charges, en particulier le loyer. Ce sont finalement tous les contribuables qui vont payer. Les communes et la Confédération devraient augmenter leur contribution aux prestations complémentaires AVS/AI parce qu'environ 85% des 5700 pensionnaires n'auront pas les moyens de payer ce loyer. L'UDF recommande de soutenir les personnes âgées en refusant cette loi.
Finances cantonales
En ce qui concerne les quatre décrets financiers, l'UDF s'est toujours engagé pour des finances saines à tous les niveaux. Dans cette optique, l'UDF Vaud vous recommande de soutenir trois des quatre mesures. Bien que le canton doive privilégier la diminution des charges plutôt que de rechercher une augmentation des contributions fiscales, nous vous proposons donc de voter oui aux décrets pour 2005 relatifs aux impôts directs cantonaux (barême de l'impôt sur les gains immobiliers), à un impôt extraordinaire sur la dépense, et aux impôts directs cantonaux (déduction des intérêts d'épargne). Le décret relatif à un impôt extraordinaire sur la fortune (également pour 2005) augmente la charge fiscale pour les contribuables de la classe moyenne. Pour cette raison, nous vous invitons à refuser cette dernière mesure.

David Wulliamoz, membre du comité de l'UDF Vaud

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Pierre Viret: Conformez-vous à la Seigneurerie de Dieu

Le 7 novembre dernier, fête de la Réformation, la ville d'Orbe a célébré dans un culte solennel le souvenir de son illustre enfant, notre grand Réformateur Pierre Viret. À cette occasion, a été remis entre les mains de M. le syndic un exemplaire du premier tome de l'Instruction Chrétienne, que l'Association Pierrre Viret se propose d'éditer en sept ou huit tomes d'ici à 2011, qui marquera le 500e anniversaire de la naissance de Pierre Viret.

Pierre Viret est théologien, et son œuvre est théologique; mais on y trouve quelques aperçus qui concernent la politique. Le second tome qui paraîtra en 2005 contiendra l'Exposition sur les dix commandements de la loi donnée de Dieu à Moïse. Et cette Exposition s'ouvre par un avertissement pour toutes les principautés, seigneureries et communautés, touchant les diverses formes des gouvernements et états des Républiques: auquel il est montré comment la seule Loi de Dieu est la vraie règle à laquelle il convient de régler et confirmer toute bonne et sainte police.

La langue du XVIe siècle n'est plus le vieux français, mais il faut être averti du changement de sens qu'ont pu subir certains mots: ainsi, République désigne tout société ayant une organisation politique; dans cette acception, une république peut fort bien être monarchique. Pierre Viret examine donc les trois principales formes d'une République: la monarchie, l'aristocratie et la démocratie.

Il compare les qualités et les défauts de chacune, et conclut qu'il n'y en a pas une qui soit la meilleure: ce qui fait qu'un état est bon, c'est que Dieu même en soit le seigneur suprême; pour ainsi dire, en constatant que les anciens Grecs et Romains, et en particulier Aristote "tout pauvre païen et ignorant du vrai Dieu qu'il ait été", ont pu avoir quelques lumières "par cette petite étincelle qui est encore demeurée en l'homme après le pêché".
Et ce que les anciens ont trouvé, c'est que la loi était le moyen, peut-être imparfait, d'avoir en quelque sorte "Dieu pour gouverneur". Là, il faut dissiper un malentendu: on s'étonne parfois que l'Hymne vaudois chante "l'amour des lois"; mais c'est que nos ancêtres n'entendaient nullement par là le foisonnement législatif qui envahit nos états modernes, mais bien des lois fondamentales et constitutives ou tout simplement une constitution, même non écrite, comme en Angleterre. Ces lois, au-dessus des détenteurs du pouvoir, garantissent les citoyens contre la tyrannie, et assurent, dans la mesure où elle sont divinement inspirées, la seigneurerie de Dieu. Mais au-dessus de ces lois qui ne sont jamais qu'imparfaites, parce qu'elles sont humaines, doit régner sur tout homme la loi de Dieu, et c'est l'objet que Viret, redevenant théologien, va traiter tout au long du deuxième tome de l'Instruction Chrétienne.
Daniel Bovet, ancien député et constituant

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RUBRIQUE: L'UDF dans les cantons

l'UDF en Suisse romande se présente

Il s'en est passé des choses en trente ans d'existence de l'UDF. Il serait bien impossible d'en rendre compte en deux pages de journal. Comment restituer les émotions vécues lors de l'attente par exemple des résultats de la votation fédérale sur la distribution d'héroïne sous contrôle médical? Après des mois d'engagement sans compter aussi bien des membres de l'UDF que des sympathisants qui ont œuvré avec fidélité et discrétion, il aura manqué quelque petit pour-cents pour que l'UDF fasse infléchir la politique de la drogue de Ruth Dreifuss. Des émotions, il y en a eues aussi par exemple lors d'élections communales couronnées de succès à Yverdon ou à la Vallée de Joux.

Vaud
C'est en 1993 que l'UDF Vaud a vu le jour. Depuis cette date, cette section cantonale s'est développée et a eu de très nombreuses activités. Elle a organisé des conférences; elle a participé à trois reprises aux élections fédérales avec, à la clé, des scores tout à fait honorables. Du coup, quatre sections régionales ont vu le jour depuis sa création (voir tour d'horizon ci-dessous). Dans ces prochaines années, l'UDF Vaud continuera de se développer. Elle souhaite créer de nouvelles sections régionales notamment à Oron, Payerne et sur la Riviera/Chablais. Un de ses autres objectifs est d'entrer au Grand Conseil en 2007. Tout comme les autres sections cantonales, l'UDF Vaud a besoin de renforts.
Pour savoir comment aider, s'engager, contactez Maximilien Bernhard, président, tél. 024 425 96 16.

Vaud/Vallée de Joux
Sous l'impulsion de quelques personnes dynamiques, la section UDF Vallée de Joux s'est créée le 25 juin 1997. Une quinzaine de membres se sont réunis tous les mois afin de débattre des sujets d'actualité politique et dans le but de présenter une liste de candidats aux élections communales de la même année. Le groupe UDF a été élu avec quatre représentants au conseil communal du Chenit, ceci pendant une législature. L'intégration s'est faite assez difficilement et, malheureusement, cette section n'a pas pu se représenter à la législature suivante, faute de candidats. L'UDF Vallée de Joux a d'autre part fait campagne afin de soutenir la liste UDF Vaud pour l'élection au Conseil National et la région a obtenu l'un des meilleurs scores du parti dans le canton. Aujourd'hui, la section est en veille. Mais elle demeure vigilante concernant tout ce qui touche au débat éthique. Une assemblée générale est prévue dans le courant d'avril pour relancer la section, notamment en vue des élections communales de mars 2006.
Informations auprès de Christine Cretin, présidente, tél. 021 845 47 50.

Vaud/Nord vaudois
Créée en 1996, la section UDF Nord-vaudois a fait son entrée au conseil communal d'Yverdon-les-Bains une année après. En 2001, elle a doublé pratiquement son nombre d'élus, avec neuf sièges au législatif yverdonnois. Ses membres sont passés d'une politique réactive à une politique proactive, travaillant sereinement sur les divers dossiers politiques. Ils ont déposé bon nombre de propositions pour améliorer le quotidien des Yverdonnois. La plupart d'entre elles ont d'ailleurs été acceptées. L'image de l'UDF s'est dès lors retrouvée renforcée parmi la population et les autres partis politiques. Son prochain objectif est de progresser à nouveau lors des élections communales de mars 2006. Durant cette année, l'UDF accèdera à la présidence du Conseil communal, pour un an. L'UDF espère présenter entre douze et quinze candidats pour le législatif et un à deux candidats pour l'exécutif.
Informations auprès de Jean-David Chapuis, président, tél. 024 425 74 78.

Vaud/La Côte
Notre section sur la Côte a été constituée officiellement le 1er septembre 2004 lors de l'assemblée générale l'UDF Vaud qui s'est tenue à Gland. Nous sommes une équipe très jeune (20 ans de moyenne d'âge). Nous avons décidé de tout mettre en œuvre de déposer une liste aux élections communales de mars 2006. Deux de nos membres se sont d'ores et déjà portés candidats, mais nous en recherchons encore quatre. Nous avons également besoin de personnes qui feraient remonter un peu la moyenne d'âge, afin de ne pas déposer une liste constituée uniquement de jeunes. Nous souhaitons aussi pouvoir sensibiliser les chrétiens de notre région, au fait que nous pouvons avoir un impact sur la société dans laquelle nous vivons, afin de ne pas uniquement "subir" les décisions, mais de pouvoir les influencer dans un sens qui nous paraît plus juste et plus conforme à nos convictions. Si ces défis vous motivent n'hésitez pas à nous rejoindre.
Informations auprès de Luc-Olivier Suter, président, tél. 021 825 43 21.v

Vaud/Lausanne
La célébration d'un anniversaire est souvent l'occasion de tirer un bilan, de faire le point. À l'occasion des 30 ans de l'UDF, permettez-moi de vous faire part de quelques réflexions portant sur la vie de l'UDF Lausanne. Fondée en octobre 2000, notre section était porteuse d'espoirs quant à l'impact qu'elle pourrait produire sur la vie politique de notre chef-lieu et de ses environs. Hélas, après cinq ans, le bilan n'est guère réjouissant. Si un noyau s'est constitué, il faut bien reconnaître que l'intérêt et l'engagement du plus grand nombre fait encore défaut. Pourtant les enjeux ne manquent pas: votation sur le partenariat homosexuel en juin prochain, élections communales en 2006, cantonales et fédérales en 2007. Autant d'occasions pour nous, chrétiens, d'être une force de proposition dans cette région et notre pays. L'UDF Lausanne est-elle un luxe? En aucun cas: c'est un excellent moyen de véhiculer nos valeurs sur le plan politique. Alors n'hésitez pas à nous rejoindre afin de pratiquer une "percée spirituelle" dans le monde politique lausannois.
Informations auprès de Serge Herren, président, tél. 021 635 84 92.

Valais
La section UDF Valais a été créée le 24 novembre 2000 à Sion. Notre parti politique donne a chacun la possibilité de lutter contre les injustices, la dégradation du niveau social, la régularisation de doctrines malsaines et de lutter pour que l'enseignement de la Parole de Dieu soit respectée le mieux possible dans ce beau canton du Valais. Il y a bien évidement d'autres domaines dans lesquels nous aimerions intervenir. Mais pour cela, il faut être équipés, avoir des forces intellectuelles et des personnes motivées.

L'UDF Valais s'est dès lors fixée les objectifs suivants pour ces quatre prochaines années :
1. Recruter de nouveaux membres
Nous cherchons des personnes qui souhaitent s'engager à participer aux activités du parti, par exemple pour récolter des signatures pour des pétitions, des référendums et des initiatives, rédiger des articles pour les journaux (courriers des lecteurs) ou exercer une fonction au sein du comité (secrétaire, caissier, etc.). 2. Renouveler le comité
Un renouvellement du comité est nécessaire suite au départ de plusieurs membres. Actuellement, le comité se limite à représenter l'UDF en Valais et aux préparatifs des votations. Nous voulons évidemment progresser. Sans votre engagement, il nous paraît difficile de réussir. 3. S'engager pour le Valais
N'est-il pas une bonne occasion de montrer à nos concitoyens qu'un chrétien peut aussi avoir le souci de s'engager politiquement en faveur des valeurs judéo-chrétiennes? Je pense à la famille, la violence, la consommation de stupéfiants. N'est-il pas mieux de s'engager à combattre toutes tendances néfastes qui, à long terme, nous privent de liberté, voir même de l'expression de notre foi chrétienne ?


Historique suisse

1978 Premier siège UDF au Grand Conseil bernois
1981 Lancement du journal trimestriel, puis mensuel "EDU-Standpunkt"
1986 Succès de l'initiative UDF bernoise contre les doubles mandats des membres du gouvernement
1989 Succès du référendum bernois pour la reconnaissance des communautés religieuses
1990 Second siège UDF au Grand Conseil bernois
1991 Premier siège UDF au Conseil National
1994 Lancement d'Impulsion
1995 Dépôt d'une pétition "pour la promotion de familles saines et contre la reconnaissance juridique des couples homosexuels" (88'000 signatures).
Vaud et Neuchâtel participent pour la première fois aux élections fédérales.
1997 Premier siège UDF au Grand Conseil argovien
1999 Référendum contre la distribution d'héroïne: 45,5% refusent la distribution élargie d'héroïne.
L'UDF l'emporte dans tous les cantons romands sauf Genève.
Premier siège UDF au Grand Conseil zurichois
Vaud participe pour la seconde fois aux élections fédérales.
Création du site www.udf.ch
Engagement d'un secrétaire romand à temps partiel
1999 L'UDF est présent dans tous les cantons romands, suite au lancement de la section UDF Jura
2000 Engagement d'un secrétaire à temps partiel à Zurich Lancement de l'initiative "MiniMax" contre la hausse des coûts de la santé
2001 Neuchâtel et Valais participent aux élections cantonales
À Yverdon-les-Bains, l'UDF double sa représentation au législatif communal
2002 Vaud participe aux élections cantonales Cinquième siège UDF au Grand Conseil bernois
2003 Fribourg, Jura et Vaud participent aux élections fédérales.
L'UDF obtient un deuxième siège (zurichois) au Conseil national
2004 Engagement d'un politologue Référendum contre le Pacs: 70'000 signatures déposées

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Rubrique : Réflexion

S'attacher au Royaume de Dieu et à son amour


Notre foi peut prendre deux chemins divergents qui doivent être tenus ensemble. Le premier se concentre sur le Royaume de Dieu, et sur notre obéissance ici et maintenant au Christ et à sa Parole. Il s'agit de notre fidélité quotidienne aux commandements de Dieu dans notre vie personnelle, familiale, professionnelle, intellectuelle et civique.
Le deuxième se concentre d'abord sur Dieu, sur notre amour pour Lui, sur notre communion intime avec Lui. C'est celui dont parle le Seigneur dans les Béatitudes lorsqu'il s'écrie: "Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu!" (Mat. 5, 8).
Le premier privé du second conduit à la longue à la pratique d'un Évangile social purement immanent, uniquement terrestre. Dans notre passion pour l'action, Dieu Lui-même et l'amour et l'adoration que nous Lui devons sont oubliés. Une telle séparation ne peut qu'aboutir à ce monde totalement sécularisé, athée dans lequel nous devons aujourd'hui vivre.
Le second lorsqu'il est privé du premier est tout aussi néfaste. Une telle séparation conduit à un piétisme stérile, à une spiritualité mystique centrée sur nous-mêmes et sur notre communauté, attitude religieuse qui finit par n'être que pure évasion spirituelle et devenir ce que Marx appelait "l'opium du peuple". Mais la puissance de Dieu est la prédication de la Croix du Christ qui produit en nous cette connaissance de Dieu qui nous conduit dans le chemin de l'obéissance, en Christ et par l'Esprit, à tous ses commandements.
C'est la voie de la véritable communion des fidèles unis dans l'adoration de Dieu. Ce peuple rassemblé en Église devient colonne et appui de la Vérité. Devant lui les portes de l'enfer ne sauront résister. Car c'est de cette communion dans une Église qui se sanctifie que provient la force du chrétien qui seule peut le conduire à cette obéissance qui est son culte véritable, l'adoration raisonnable qu'il rend à Dieu. C'est ainsi que nous sommes appelés à devenir le sel de la terre et lumière du monde.
C'est cette vision de Dieu et de son Royaume qui est merveilleusement exprimée par le Psaume 85: "Oui, son salut est proche pour ceux qui le craignent afin que la gloire demeure dans notre pays. La bienveillance et la vérité s'embrassent; et la justice se penche du haut des cieux. L'Éternel aussi donnera le bonheur, et notre terre donnera ses produits. La justice marchera devant lui, et marquera ses pas sur le chemin. Rien de moins ne saurait nous satisfaire!"

Jean-Marc Berthoud, directeur de la revue "Résister et Construire"

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