Edition actuelle 3/08 - mai 2008 :
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Edition actuelle 3/08 - mai 2008
RUBRIQUE EDITO
L'élection de Eveline Widmer-Schlumpf est légitime

Depuis plusieurs semaines, le débat fait rage autour de l'élection de la nouvelle Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf. Des membres de son parti lui reprochent d'avoir comploté avec l'adversaire dans le cadre de l'éviction de Christoph Blocher. Au-delà des sévères reproches qui lui sont actuellement adressés, il convient de séparer deux questions distinctes. La première concerne l'exclusion de la ministre, voire de la section grisonne, de son parti politique. Bien qu'hautement médiatisée, cette affaire relève de la vie interne à l'UDC. Les autres conseillers fédéraux l'ont bien compris puisqu'ils n'ont pas commenté la procédure en cours. Une attitude inverse aurait pu être prise comme une ingérence du gouvernement dans les affaires internes à un parti politique. La seconde question concerne l'élection proprement dite de la Conseillère fédéral. Sur ce point, sa légitimité ne fait pas l'ombre d'un doute. Le soutien populaire dont elle jouit en ce moment montre à quel point nos concitoyens sont attachés à la démocratie. 12 000 personnes ont tenu à le rappeler en se rassemblant au mois d'avril sur la Place fédérale, sous une pluie battante, pour manifester leur soutien. Une pétition munie de plus de 100 000 signatures a appuyé la démarche, une première dans la démocratie helvétique. Une belle marque de confiance de la population à l'égard des institutions, quand bien même il n'en fut pas toujours ainsi. De son côté, le gouvernement a fait bloc, considérant ces menaces comme "une attaque contre l'ensemble du collège et par conséquent inacceptable". L'UDF a suivi attentivement l'actualité liée à Eveline Widmer-Schlumpf. Notre parti a clairement rappelé que l'élection de la Conseillère fédérale avait eu lieu démocratiquement et qu'il n'était pas question de demander sa démission. Une telle exigence reviendrait à remettre en question la légitimité des institutions suisses, ce qui, pour l'UDF, n'est pas acceptable. Surprise de son élection le 12 décembre, la nouvelle Conseillère fédérale n'a encore jamais refusé ses responsabilités. Balayant les accusations de complot d'un revers de la main, elle a affirmé qu'elle allait d'ailleurs continuer son travail. Il est utile de rappeler, une fois de plus, que la Suisse est un pays qui se dirige sur la base du consensus et du respect réciproque. Une partie toujours plus importante de la population rappelle son attachement aux institutions et au principe de concordance qui a prévalu durant des décennies. Et ce n'est pas demain la veille qu'il sera remis en question.
Maximilien Bernhard, secrétaire romand de l'UDF
RUBRIQUE: Nationale
Un congrès pour façonner ses positions éthiques
La deuxième édition du Congrès Éthique Européen a lieu fin mai à Strasbourg sur le thème du citoyen. Pourquoi ce choix ?
Propos recueillis par Christian Willi
Interview parue dans le
Christianisme Aujourd'hui,
reproduit avec autorisation
Plus d'informations
sur le Congrès européen d'éthique:
www.congresethique2008.org
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UDF Ticino e le elezioni comunali
UDF Ticino esiste esattamente da due anni e mezzo, dall'ottobre 2005
Noi fondatori abbiamo dovuto fare un apprendistato "politico-partitico" che si è rivelato una specie di tour de force: da subito abbiamo partecipato alle assemblee dei delegati e ai comitati nazionali, abbiamo pubblicato il nostro periodico "La Roccia", abbiamo scritto articoli per Impulsion ed EDU-Standpunkt, abbiamo cercato di essere presenti sui media cantonali, abbiamo dovuto rispondere a consultazioni governative importantissime quali quella sull'ora di religione nelle scuole di cui parlo più sotto, abbiamo raccolto molte centinaia di firme contro l'edificazione dei minareti ed abbiamo appena iniziato con le firme per il referendum contro la revisione della legge federale sugli stupefacenti.
Inoltre, un impegno che è sembrato quasi al di sopra delle nostre forze è stato quello per le elezioni: in due anni e mezzo abbiamo affrontato quelle dell'esecutivo e del legislativo
cantonali, le elezioni federali dell'ottobre 2007 e, nei giorni scorsi, le elezioni comunali. Tanti sforzi hanno iniziato ad essere premiati, alla fine dello scorso anno, con l'assegnazione al nostro partito di due assessori giurati nelle persone di Paola Eicher per il Luganese e di Marco Aerni per il Locarnese, ed in questi giorni con l'elezione di Roberto e Edo Pellegrini nel Consiglio Comunale di Vacallo, villaggio di 2800 abitanti.
La nostra attenzione si rivolge ora principalmente a due progetti in fase avanzata di realizzazione: da un lato dare risalto alla nostra proposta "Bibbia e cultura" per l'ora di
religione nelle scuole con l'allestimento di una bancarella un giorno in ogni città del cantone e dall'altra pubblicare il libretto "Il Cristiano e la politica", cioè la traduzione in italiano di "Christ und Politik" a suo tempo edito dalla sezione zurighese dell'EDU, che sta per andare in stampa nella versione italiana e che abbiamo intenzione di distribuire ai membri di tutte le Chiese evangeliche libere del Ticino.
Il lavoro non manca, ma nemmeno l'entusiasmo nella certezza di essere sostenuti nella preghiera anche dai lettori di Impulsion.
Un cordiale saluto dal Ticino.
Edo Pellegrini, presidente UDF-Ticino
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La naturalisation par les urnes ne fait pas l'unanimité
Les délégués de l'udf ont Adopté leurs positions à Yverdon-Les-Bains
Ce sera trois fois oui. Réunis en assemblée nationale à Yverdon-les-Bains le 19 avril,
et après des débats très animés et des échanges parfois très vifs, les délégués de l'Union Démocratique Fédérale (UDF) ont dit trois fois oui aux objets soumis en votation populaire le 1er juin prochain.
Initiative populaire "Pour des naturalisations démocratiques"
Un débat contradictoire a eu lieu entre l'ancien conseiller national Ulrich Schlüer (UDC/ZH) et le député Andreas Brönimann (UDF/BE). Le débat a été très vif entre partisans et opposants à l'initiative. Pour les premiers, la procédure de naturalisation ne doit pas être une simple démarche administrative. La possibilité pour l'ensemble des citoyens de se prononcer sur l'octroi de la nationalité suisse doit être garantie.
Pour les seconds en revanche, majoritairement romands, l'initiative vise à restreindre les compétences cantonales en accordant aux communes une autonomie absolue. En cas de refus de naturalisation, il serait impossible de faire examiner la demande par une autre instance. Par ailleurs, une telle initiative ouvrirait la porte à des décisions arbitraires ou discriminatoires. Au final, les délégués ont toutefois décidé, par 31 voix contre 18 et 4 abstentions, d'accepter l'initiative.
Initiative populaire "Souveraineté du peuple sans propagande gouvernementale"
Un débat contradictoire a eu lieu entre le Dr Markus Erb et Dylan Karlen (UDC/VD) d'un côté et le conseiller national Christian Waber (UDF/BE) de l'autre. Là encore, les débats ont été vifs entre partisans et opposants de l'initiative. Pour les premiers, des moyens financiers trop importants sont engagés par la Confédération lors de votations fédérales, il convient de les limiter afin de rendre l'information la plus objective possible.
Pour les seconds, des gardefous suffisants ont été mis en place depuis le dépôt de l'initiative pour éviter des abus de pouvoir. De plus, les citoyens ne disposeraient pratiquement plus que de sources privées. Leur information reposerait dès lors sur des bases
incomplètes et fortement influencées par des organisations fortunées qui investiraient massivement dans des campagnes de votation en vue d'influencer l'opinion publique. Au final, les délégués ont décidé du bout des lèvres, par 29 voix contre 26 et 3 abstentions, d'accepter l'initiative.
Article constitutionnel "Qualité et efficacité économique dans l'assurance-maladie"
L'ancien conseiller national Markus Wäfler a présenté les enjeux de cet article constitutionnel. Si l'UDF reconnaît que ce dernier pose problème au système de financement des hôpitaux (pouvoir décisionnel et financier accru aux caisses-maladie), elle estime que les
avantages l'emportent sur les désavantages. Les patients et les professionnels de la santé seront de moins en moins dépendants d'un système opaque et prendront de meilleures décisions en fonction des informations mises à leur disposition. Les délégués ont décidé, par 32 voix contre 21 et 2 abstentions, d'accepter cet article.
RUBRIQUE: L'UDF dans les cantons
L'UDF Fribourg pour le droit de cité par votation populaire
Le Grand Conseil fribourgeois a adopté le 9 mai dernier une nouvelle loi sur la compétence de naturaliser, qui est transférée du parlement à l'exécutif communal. En raison de l'impossibilité de demander à une assemblée communale de motiver sa décision (contraire à la jurisprudence du Tribunal fédéral), il a été décidé de donner la responsabilité de la naturalisation aux exécutifs communaux. La loi comprend également une voie de recours et une réception officielle pour l'accueil des nouveaux citoyens. Une demande de naturalisation pourra être déposée dès l'âge de quatorze ans, afin de favoriser l'intégration des jeunes sur le point d'entrer sur le marché du travail ou d'entreprendre des études supérieures. L'UDC fribourgeoise a décidé de se lancer dans une récolte de 6000 signatures d'ici le 23 août prochain. L'UDF fribourgeoise a décidé de soutenir ce référendum, ainsi que l'initiative soumise en votation populaire au niveau fédéral, le 1er juin prochain. L'octroi du droit de cité helvétique est statué par les exécutifs communaux dans lesquels siègent des étrangers dans de nombreuses communes de notre canton. On ne voit donc pas, comme le souligne Antoinette de Weck (parlementaire à Fribourg) "comment une personne pourrait accorder quelque chose qu'elle n'a pas elle-même". Ce point n'a pas été retenu pour un éventuel amendement , car le droit suisse d'être élu au sein de l'exécutif communal n'est passé lectif entre suisses et étrangers. A rappeler également que le droit de cité cantonal et la natural isat ion doivent obligatoirement être agréés par la commune politique, c'est-à-dire le conseil communal et le conseil général et non uniquement le conseil général. Pour l'UDF-Fribourg , il est important que ce droit fondamental qu'est le droit de cité reste entre les mains des représentants du peuple, et vous invite à voter "non" à la nouvelle loi fribourgeoise et "oui" à l'initiative fédérale.
Murielle Menoud-Magliocco--------------
L'UDF progresse en Suisse- Allemande
L'UDF a progressé lors des élections cantonales de Thurgovie du 7 avril. L'UDF a obtenu trois des 130 sièges du Grand conseil (+ 2).
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Au Grand Conseil vaudois
Maximilien Bernhard a soutenu l'allongement du congé de paternité pour les fonctionnaires vaudois. La majorité du Grand Conseil a toutefois rejeté ce projet de loi. Sa voix aurait pu être déterminante pour un autre objet : le droit de vote cantonal. Notre député était toutefois partagé entre une mesure favorisant l'intégration et le manque d'intérêt montré par les étrangers lors des derniers scrutins communaux. Les députés ont renoncé à franchir ce pas, à une voix près. Maximilien s'était abstenu. Enfin, il a soutenu un postulat demandant la sécurisation de la semiautoroute Orbe-Vallorbe.
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Agenda de l'UDF
Samedi 31 mai et 28 juin:
Intercession UDF Genève
Mardi 20 mai:
Conférence sur l'initiative École 2010 "Sauvez l'école" à Gland
Mercredi 11 juin:
Conférence commune UDF/PDC/PEV à Lausanne
Samedi 16 août:
Assemblée des délégués de l'UDF Suisse
Drogues: l'UDF pour un message clair
l'UDF lance un référendum contre la LSTUP
Le 20 mars dernier, l'UDF a décidé le lancement d'un référendum contre la Révision de la loi sur les stupéfiants (LSTUP).
Plusieurs associations telles que Médecins suisses contre la drogue (AEGD), Parents contre la drogue (EGD) et l'Association romande contre la drogue (ARCD) soutiendront ce référendum, en participant activement à la récolte de signatures. Le comité référendaire comprendra plusieurs coprésidents. Pour l'UDF, la longue minimisation des effets pervers des stupéfiants a conduit une partie de la jeunesse dans la dépendance. La suppression systématique des institutions thérapeutiques résidentielles visant l'abstinence a des conséquences dramatiques : il est de plus en plus difficile d'offrir aux toxicomanes une solution pour sortir de la dépendance.
L'UDF rappelle que, depuis bientôt quinze ans, des toxicomanes reçoivent de l'héroïne, dans l'espoir qu'un jour ils s'en sortiront.
La déception a rapidement remplacé les illusions. Malgré l'échec de cette pratique, la nouvelle loi veut la légaliser et l'étendre. Avec cette nouvelle loi, il serait par exemple possible d'administrer de la cocaïne à un jeune de seize ans, les restrictions valables jusqu'à présent ayant été supprimées. D'après l'UDF, une politique de la drogue visant l'abstinence offre aux jeunes un cadre précis et donne aux toxicomanes un nouvel espoir de trouver un sens à leur vie. Telle est notre responsabilité envers les jeunes et les toxicomanes. L'UDF n'est pas de ceux qui croient possible une société exempte de drogues. Néanmoins, une politique efficace en matière de stupéfiants doit viser l'abstinence sur le long terme. De
nombreux toxicomanes devenus abstinents ont accepté ce style de vie et ont retrouvé confiance en l'avenir.
Un formulaire de signatures a été joint à Impulsion. Commandez-nous des formulaires au 033 222 36 37
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Bienne, poumon du Jura bernois
Membre de l 'Assemblée interjurassienne, j'ai relevé à de nombreuses occasions, l'importance de la ville de Bienne, tout particulièrement pour le district de La Neuveville. Il n'est tout simplement pas possible d'organiser une région, telle que celle du district de la Neuveville, sans l'apport de la ville de Bienne, de son hôpital, de ses écoles, de ses centres culturels. Je suis de ceux qui estiment que le dialogue interjurassien doit être maintenu. Nous devons terminer ces travaux. Il est absolument clair que les travaux de l'Assemblée interjurassienne sont sensibles sur de nombreux plans. Mes différentes interventions me l'ont confirmé. Le sentiment d'appartenance, sentiment historique pour ne pas trahir le passé, liens familiaux, racines religieuses pour certains, les nombreuses provocations de personnes et mouvements prônant l'unification à chaque occasion, ne facilitent pas la tâche des membres de cette assemblée. L'ingérence politique de représentants du canton du Jura avec des phrases provocatrices est regrettable. Mais devons-nous nous incliner devant les provocations, qu'elles soient du Sud ou qu'elles soient du Nord? Surtout pas. En éducation, dans la lutte d'auto-défense, la provocation est toujours considérée comme un signe de faiblesse. C'est l'incapacité de trouver des parades, c'est la fin des arguments solides. Pour l'UDF, l'Arc jurassien a de l'avenir, car il abrite un peuple actif, doté d'un doigté extraordinaire, ce qui lui permet de créer et de réaliser, dans la précision, des outils et des objets uniques au monde. Cette région est habitée par une population travaillant et aimant ses terres, sa région. Mais l'avenir dépend aussi d'autres conditions, que les relations entre habitants jouent, dans le respect des uns et des autres, que les paroles soient crédibles et accompagnées d'actes concrets, dans un dialogue constructif. En matière de développement économique, sujet très important pour l'avenir professionnel de nombreuses personnes, les usines s'implantent là où règnent la paix et l'entente. Soyons toutefois attentifs, car les provocations sont des signes annonciateurs de disputes. Leur première action est de faire fuir tout investisseur et à long terme. Les personnes désirant vivre dans la paix ont tendance à partir elles aussi. Dans ce cadre-là, le dialogue interrégional est très important et doit être absolument maintenu. J'espère de tout coeur que l'achèvement de l'A16 ne facilite pas l'exode d'une population fatiguée par les divisions et les querelles partisanes, mais qu'au contraire elle serve à amener des entrepreneurs et des touristes visiter la région, nos belles vallées et à admirer les oeuvres de ses artistes ainsi que la dextérité de sa population. Dans cette perspective, en voulant travailler ensemble avec la ville de Bienne, l'UDF invite le canton de Berne à observer et analyser ce qui se déroule dans l'Arc jurassien.
Marc Früh, député, maire, Lamboing
Rubrique : Réflexion
D'abord le Royaume de Dieu et sa justice
"Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice": c'est la priorité des priorités de Jésus. Cette exhortation se trouve au milieu de son sermon sur la Montagne, lequel commence avec une définition du bonheur qui n'adule pas la réussite sociale ou l'accumulation de biens terrestres. Il nous invite à ne pas amasser des trésors sur la terre et à ne pas faire les choses pour se faire bien voir. Il n'est pas simple de parler de royaume dans une démocratie dans laquelle tous les citoyens souhaitent être des rois. Il n'est pas simple de parler de justice sociale dans l'Église qui limite souvent la justice de Dieu au pardon des péchés, voire à la guérison des malades. Deux des Béatitudes parlent de la justice: "Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! " et "heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!" Il semblerait donc, selon Jésus que la défense de la justice soit une des valeurs non négociables pour prétendre vivre le royaume. Il semble cependant que cela ne soit pas toujours évident et il arrive trop souvent que ce que nous faisons soit différent de ce que nous déclarons. C'est ce que soulignait Abraham Lincoln dans un discours en pleine Guerre de Sécession, le 19 novembre 1863: "Il y a 87 sept ans, nos pères donnèrent naissance sur ce continent à une nouvelle nation conçue dans la liberté et vouée à la thèse selon laquelle tous les hommes sont créés égaux. Aujourd'hui, nous sommes engagés dans une grande guerre civile dont le but est de vérifier si cette nation, ou toute autre nation conçue dans un tel esprit et vouée à une telle cause, peut être viable." Martin Luther King, assassiné il y a 40 ans, disait d'Abraham Lincoln en 1963: "Il y a 100 ans, un grand Américain à l'ombre symbolique duquel nous nous trouvons signait l'acte d'émancipation. Ce décret est devenu un phare qui a fait briller la lumière de l'espérance pour des millions d'esclaves noirs marqués au fer rouge d'une cinglante injustice. Ce fut comme une aube de joie à la fin d'une longue nuit de captivité. Mais cent ans ont passé et le Noir n'est toujours pas libre". Deux ans ont été nécessaires après ce discours pour que le président Johnson signe l'acte des droits civiques pour les Noirs. Nous pouvons donc nous demander comment se peut-il qu'une nation qui a fondé son existence sur les valeurs judéochrétiennes de justice et d'égalité des droits entre êtres humains ait eu besoin de 189 ans pour les rendre effectifs. Comment a-t-il été possible que pendant tout ce temps des chrétiens prétendant avoir une relation personnelle avec Dieu aient pu imaginer que le Noir n'était pas égal au Blanc? Nous pouvons nous demander aujourd'hui ce qui nous empêche d'entendre la parole de Dieu pour ce qu'elle est. Se pourrait-il que nous vivions parfois l'Evangile d'une manière égoïste en prenant le Seigneur pour le serviteur qui doit répondre à nos besoins personnels et non pour notre maître? Dans Matthieu 6, Jésus nous encourage à ne pas multiplier les prières pour nos propres besoins, "car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez", mais plutôt à transformer le "je" en "nous" du Notre Père et à s'intéresser premièrement au royaume: "Que ton règne vienne". Comme évangéliques, nous avons insisté avec raison sur la notion personnelle du salut, mais nous avons parfois oublié que nous sommes appelés à être les signes du royaume en appelant concrètement à la manifestation de la justice sociale par un engagement personnel, ecclésial et politique. La fracture entre les plus pauvres et les plus riches était en 1960 de 1 à 30. Aujourd'hui elle est de 1 à 150. Je ne peux qu'encourager les lecteurs d'Impulsion à signer la pétition Stop Pauvreté 2015 pour un peu plus de justice (www.stoppauvrete.ch)
Norbert Valley, pasteur et président du Réseau Evangélique