Edition actuelle 4/06 - juillet 2006 :
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Edition actuelle 4/06 - juillet 2006
RUBRIQUE EDITO
Moralisation de la vie publique

Plusieurs affaires ont entaché la réputation des pouvoirs publics de plusieurs communes et cantons romands : à Genève, frais de déplacement abusifs à l'Université, notes de frais fantaisistes à la Police cantonale, inculpation d'un conseiller administratif (devenu maire) pour avoir levé des amendes d'ordre.
À Lausanne, détournement de centaines de milliers de francs par le patron de la neurologie du CHUV. À Sion, paiements anticipés à des entreprises de construction.
À Yverdon-les-Bains, monnaie des parcomètres servant à payer les cafés de cinq agents de police.
Au- delà du caractère polémique et du discrédit jeté sur les institutions par ces affaires, les récentes révélations sont signes d'un retour à une certaine moralisation de la vie publique. Les personnes qui ont prêté serment doivent donner l'exemple, se comporter avec honnêteté, transparence et intégrité et il en va ainsi pour tous. Le Conseiller d'État Jean Studer, qui a été contrôlé dernièrement au volant de sa voiture par ses propres policiers avec 0,54‰ d'alcool, a fait un pas dans ce sens. Le lendemain de son interpellation, il a organisé une conférence de presse pour en informer la population. La démarche, très honnête de sa part, lui vaudra certainement d'être pardonné par ses électeurs.
L'éthique n'a certes pas encore retrouvé ses droits dans tous les dossiers politiques. Aussi, cette exigence d'intégrité sur le plan des finances publiques ne prévaut pas encore dans des questions comme la protection de la vie, notamment.
Mais regardons le bon côté et réjouissons-nous des signes positifs auxquels nous assistons. Au-delà des affaires mises en lumière, l'éthique progresse
également dans le domaine de l'économie, avec la création de chartes d'entreprises, du commerce équitable ou encore d'une augmentation des engagements écologiques.
On peut dès lors espérer que l'étape suivante consistera en une prise de conscience collective dans les domaines chers à l'UDF. Le chemin sera vraisemblablement encore long et la tendance lente à s'inverser, mais la Suisse aurait tout à y gagner.
Maximilien Bernhard, secrétaire romand de l'UDF
Agenda de l'udf
Dimanche 1er août : journée nationale de prière
Samedi 19 août : assemblée des délégués de l'UDF Suisse à Olten
Vendredi 15 septembre : formation des sections romandes de l'UDF
Vendredi 22 septembre : conférence sur l'islam de l'UDF Neuchâtel
RUBRIQUE: Nationale
Meilleure fiscalité pour les familles
L'UDF SALUE L'AVANCÉE CONTRE LA DISCRIMINATION FISCALE DES COUPLES MARIÉS TOUT EN RAPPELANT LES ENJEUX DE LA FISCALITÉ À VENIR
On le sait depuis longtemps, les couples mar iés sont fiscalement discriminés par rapport aux concubins, ce qui est contraire à notre Constitution. Le problème est devenu politiquement urgent depuis l'échec de la votation sur le paquet fiscal en 2004. Tout le monde est désormais d'accord sur le fait qu'il doit être réglé rapidement. Malheureusement, on n'ar r ivait pas jusqu'ici à s'entendre sur la manière. Une nouvelle solution a passé la rampe du Conseil des Etats lors de la session d'été 2006, sur laquelle le National devra encore se prononcer. Mais au-delà de cette mesure immédiate, qu'en est-il d'une réforme en profondeur de la fiscalité des familles ? La solution adoptée sans opposition par le Conseil des États prévoit une déduction plus élevée (12 500 francs) pour les couples à deux revenus ainsi qu'une déduction sociale supplémentaire de 2500 francs pour tous les couples, indépendamment du revenu. Ce compromis règle l'inégalité face aux concubins et atténue l'apparition d'une nouvelle discrimination, à savoir entre les couples à deux revenus et ceux qui n'en disposent que d'un. Une solution a aussi été trouvée sur la manière de compenser cette perte de recettes pour la Confédération. Il est très probable que le projet sera accepté par le Conseil national. Les contribuables concernés en bénéficieraient alors dès 2009. Cette mesure immédiate a été adoptée dans le contexte d'une réforme de plus grande envergure. Deux modèles sont pour l'instant discutés: la taxation individuelle ou le splitting. La première idée parle d'elle-même: les individus seraient taxés indépendamment de leur état civil. La technique du splitting consiste à appliquer le même barème pour les couples et les célibataires, mais le revenu cumulé des couples est au préalable divisé par un facteur déterminé (un facteur 2 correspondrait à une forme de taxation individuelle). Impulsion reviendra en temps voulu sur les révisions proposées. L'UDF ne s'est pour l'instant pas déterminée sur la question, car sa vision est d'un autre ordre. En effet ce n'est pas la fiscalité qui doit inciter au mariage ou qui serait déterminante pour des familles saines et intactes dans notre société. L'UDF estime cependant que les couples qui ont fait le choix de ne vivre que d'un revenu afin de se consacrer à l'éducation des enfants ne doivent en aucun cas être discriminés par rapport aux couples dont les deux conjoints travaillent.
Stéphane Derron, politologue de l'UDF Suisse
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Session parlementaire d'été
Le Conseil national s'est penché sur plusieurs dossiers importants durant sa session d'été. Quelles positions les deux représentants UDF Christian Waber (BE) et Markus Wäfler (ZH) ont-ils défendues? Tous deux soutiennent la loi sur l'harmonisation des registres officiels de personnes et l'introduction d'un nouveau numéro AVS, mais uniquement selon des modalités et dans des buts clairement réglés par la loi. Ils s'opposent à l'introduction d'un numéro d'identification permanent qui permettrait de disposer à l'insu des individus d'informations relevant de leur sphère privée. Sur les aides financières à l'accueil extra-familial pour enfants, ils ont proposé que les crédits demandés (200 millions sur quatre ans) viennent augmenter les allocations des familles à bas revenus. Pour l'UDF, la subvention discutée n'est en effet pas équitable. Cette mesure est un soutien étatique aux familles dont les deux parents travaillent, une nouvelle discrimination pour les familles dont un parent se consacre à plein temps à l'éducation des enfants. La taxe sur le CO2 est mollement soutenue par Christian Waber et rejetée par Markus Wäfler. Tous deux auraient préféré des mesures qui incitent à économiser l'énergie plutôt qu'une nouvelle forme d'impôt. Ils ont du reste fait plusieurs propositions concrètes qui ont suscité de l'intérêt sans être retenues.
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LA PAGINA ITALIANA: Lo Stato è laico?
Può un partito definirsi cristiano? Possiamo "mescolare" politica e fede? Ma non c'è la separazione tra Stato e Chiesa? In questo breve spazio mi limito alla domanda: ma cosa s'intende per Stato laico? Il nostro Stato (laico) è stato fondato nel 1291 e l'atto di fondazione inizia con le parole "Nel nome del Signore...". La costituzione svizzera (entrata in vigore il primo gennaio 2000) inizia con le parole "In nome di Dio onnipotente". L'inno nazionale svizzero è un bellissimo salmo d'adorazione al Dio dei Cristiani. Avete mai osservato la scritta sul bordo della moneta da cinque franchi: "Dominus providebit" (il Signore provvederà)! E la bandiera svizzera ? Ha una croce nel mezzo ! Avete mai pensato che in ogni documento che los Stato (laico) emana c'è una data come p.es. 20 maggio 2006 ? 2006 anni a partire da quando ? Dalla nascita di Gesù Cristo! E da dove ha preso lo Stato (laico) molte sue leggi quali il divieto di rubare e di uccidere o di essere bigami ? Non è forse dalla Bibbia ? Lo sapete che la festa federale di digiuno e preghiera (seconda domenica di settembre) fu istituita nell'800 dalle autorità civili, (preoccupate del cattivo andamento della società di quel tempo; chissà se fossero qui oggi!) e non da quelle religiose ? Penso che quanto detto fin qui dimostri ampiamente che "Stato laico" non significa affatto che lo Stato non debba avere nulla a che fare con quel che riguarda la "religione". Ma cos'è allora uno Stato laico ? Non è facile dare una definizione. Si può affermare che uno Stato democratico è laico se garantisce libertà d'espressione a tutte le religioni e le confessioni fintanto che ciò non entra in contrasto con le leggi dello Stato medesimo; è allo stesso tempo anche uno Stato che non ammette ingerenze delle gerarchie ecclesiastiche nei propri affari; da questo punto di vista in Europa occidentale tutti gli Stati sono laici; diversa è la faccenda in paesi come l'Iran dove non è garantita la libertà di professare la propria fede e dove la gerarchia ecclesiastica islamica rappresenta il potere supremo. Gesù non ha mai imposto niente a nessuno; ha fatto una proposta di vita che possiamo accettare o rifiutare. Sono convinto che se un individuo, una società, un paese accettano questa proposta di vita vedranno sé stessi, la società civile, la propria nazione prosperare. È questo il modello di Stato laico che mi piacerebbe per la Svizzera !
Edo Pellegrini, vicepresidente UDF-Ticino
RUBRIQUE: L'UDF dans les cantons
UDF Fribourg cherche un stagiaire
Le secrétariat de l'UDF Fribourg cherche de suite ou date à convenir :
un/une stagiaire (30-50%)
Vous travaillerez en coordination avec le comité cantonal de l'UDF.
Lieu de travail Bulle/Gruyère (Canton de Fribourg).
Domaine d'activité:
- élaboration de prises de positions
- organisation du parti
- développement de l'UDF Fribourg
- contacts avec les médias
- évaluation statistique et scientifique
- mise à jour du site Internet
- travail de correspondance et d'archivage
- rédaction des procès-verbaux et d'opérations comptables
Votre profil:
- étudiant/e ou baccalauréat achevé
- intérêt pour la politique
- identification avec les principes de l'UDF
- engagement chrétien et motivé
- sens élevé de l'initiative personnelle
- facilité dans la communication et l'organisation
- expérience sur outils informatique (Microsoft Office)
- bonnes connaissances de l'allemand et du français
Nous vous offrons:
- activité indépendante et variée
- indépendance et marge de manoeuvre dans l'organisation
- salaire de stage
Avons-nous éveillé votre intérêt? Alors faites-nous parvenir votre curriculum vitae à :
UDF Fribourg, Case postale 1554, 1700 Fribourg, www.udf-fribourg.ch
Informations complémentaires: Daniel Cherbuin, 026 6843534,
d.cherbuin@udf-fribourg.ch ou Jose Lorente, 026 919 47 77, jlorente@udf-fribourg.ch
Marc Früh, maire, député
RUBRIQUE: Internationale
Bilan de présidence du Conseil communal
Maximilien Bernhard, vous avez été élu président du Conseil communal yverdonnois pour les six premiers mois de cette année. Quel bilan dressez-vous de la présidence du CC d'Yverdon?
Le bilan est très positif, tant sur le plan personnel que sur le plan politique. J'ai effectué de multiples représentations et fait la connaissance de personnes ayant toutes un point commun : la passion de leur engagement dans tel ou tel domaine d'activité.
Ces mêmes personnes m'ont toujours accueilli avec beaucoup de respect et d'amabilité. Plusieurs d'entre elles partagent par ailleurs des valeurs de l'UDF. Être en compagnie de ces passionnés m'a appris combien le contact personnel était important lorsqu'on parle de certains sujets. Il arriva régulièrement que des personnes me posent des questions sur mes idées politiques. Toutefois, je me suis surtout intéressé à leurs activités. Mon épouse m'a régulièrement accompagné durant les représentations, ce qui a facilité l'exercice de ce mandat.
Quelles opportunités et charges la présidence a-t-elle entraînées?
J'ai côtoyé passablement de personnalités locales, ce qui m'a permis de tisser un précieux réseau de relations. Ceci dit, la charge de président d'une ville telle qu'Yverdon-les-Bains est très lourde. Il y a une centaine de représentations par année. À cela s'ajoutent les weekends de votations et/ou d'élections, les séances de Bureau et les plénières. Il faut y consacrer environ 20 % de son temps, ce qui signifie qu'il faut réduire sensiblement son taux d'activité professionnelle. J'ai également la chance d'avoir eu une équipe des plus compétentes au sein du Bureau du Conseil communal. L'ambiance était par ailleurs excellente et j'ai eu beaucoup de plaisir à présider les séances plénières.
Quel est votre meilleur souvenir de ces six mois?
C'est sans conteste d'avoir assisté aux représentations théâtrales du Cercle littéraire d'Yverdon-les- Bains au théâtre Beno Besson. Les acteurs se sont surpassés et les représentations ont été fort appréciées.
Il y a eu une anecdote qui me fait sourir aujourd'hui (ce qui n'était pas forcément le cas sur le moment). À fin 2005, alors que je remplaçais le président de l'époque, j'ai participé à une manifestation durant laquelle je n'étais pas censé intervenir.Je m'étais bien renseigné auparavant pour savoir s'il était nécessaire que j'intervienne. À trois reprises, on m'a dit que non. Lorsque je suis arrivé sur place, une personne m'a accueilli en me disant: "Vous prendrez la parole dans quelques minutes; mais ça ne doit pas poser de problème, puisque vous avez été averti...". C'est là que l'on réalise tout le sens du mot improvisation.
Autre fait amusant: j'aurais pu faire une allocution de bienvenue à un meeting d'organisations homosexuelles qui avaient choisi Yverdon-les-Bains pour leur séminaire; mais ce fut finalement le vice-syndic qui le fit, à mon grand regret...
Est-ce que l'UDF va profiter de cette présidence dans le Nord vaudois?
L'UDF a tout à ga gner de proposer ses membres à des postes de présidence. Cela rend le parti beaucoup plus visible et nous devrions pouvoir en tirer profit lors des élections cantonales du printemps 2007.
Il y a toutefois une responsabilité importante en termes d'image puisque, pour des jeunes formations comme celle de l'UDF, les gens regardent le parti au travers de celui/ celle qui exerce cette fonction. Il faut donc être deux fois plus vigilant que lorsque l'on est membre d'un parti traditionnel.
Suite à un petit séisme politique qui s'est produit le 24 juin dernier lors de l'asser mentation des autorités, l'UDF présidera en principe à nouveau le législatif yverdonnois à partir de juillet 2007, pour une année. En effet, le candidat radical au poste de premier viceprésident du Conseil communal n'a pas obtenu la majorité absolue au premier tour, et s'est retiré. La séance a été suspendue afin de trouver une solution. Les autres partis politiques m'ont alors demandé de me présenter une nouvelle fois à la première vice-présidence. Pour éviter une crise politique dans la seconde ville du canton, j'ai accepté cette demande, avec le soutien de mon épouse et des élus UDF.
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L'objection de conscience éthique légitimée
Récemment, des médias se sont offusqués du "rabais éthique" proposé par certaines caisses maladies aux membres de Pro Life. Cette association
rassemble 40 000 personnes renonçant pour elles-mêmes au droit du remboursement de l'avortement.
Fidèle à son image de trublion, Josef Zisyadis a demandé au Conseil fédéral des mesures urgentes pour interdire "cette forme d'objection de conscience ". De son côté, la Commission nationale d'éthique juge que la démarche met en péril la solidarité des caisses maladies.
Le Conseil fédéral ne s'y est pas trompé. Dans sa réponse à Josef Zisyadis, il légitime le concept de Pro Life ainsi que la liberté des caisses maladies de rétrocéder les économies qui découle d'un comportement plus responsable, au moins pour les assurances complémentaires.
Le débat bascule
Mais, quelque chose est en train de basculer dans le débat. En y regardant de plus près, force est de constater depuis une trentaine d'années, que le débat oppose provie et prochoix. Dans les deux camps, on prétend défendre les intérêts de la femme. Peu s'intéressent aux points communs qui existent forcément.
Plusieurs médias ont pris parti et affublé les provie du terme "anti-avortement". Anti-avortement d'un côté et prochoix de l'autre. Les "anti", soit
ceux qui condamnent, opposés aux pro-liberté de choix, pro-progrès. À en croire ces derniers, les provie sont tout simplement contre les femmes et leur émancipation. Il est compréhensible que cette image des provie suscite l'hostilité. Comment rétablir l'équilibre ? Provie contre pro-avortement? Anti-avortement contre antivie ? La question est posée.
Le refus de l'autre choix
Ce printemps, les revendications prochoix sont allées encore plus loin. Sous la coupole fédérale, il fut question d'interdire l'objection de conscience à celles et ceux qui ne veulent pas de l'avortement pour eux-mêmes. Derrière l'argumentation apparaît clairement un tout autre discours: le refus de l'autre choix.
Nul doute que le Peuple suisse n'est pas près de remettre en question le droit à l'objection de conscience. Mieux, plusieurs associations et médias internationaux s'intéressent à cette démarche. Les enjeux sont de taille. La démonstration économique de Pro Life n'est contestée par personne et les deux caisses maladies partenaires s'estiment renforcées à l'issue de la polémique.
L'addition, s'il vous plaît
Monsieur Pacal Moulin, député au Grand Conseil valaisan, président de la commission sanitaire cantonale et président de la caisse maladies Auxilia partenaire de Pro life, prend position. "Face à l'explosion psychodramatique des coûts de la santé, une analyse économique des coûts globaux de la banalisation de l'avortement s'impose", a-t-il indiqué.
La publication d'études scientifiques internationales mérite notre attention sur les dégâts de la banalisation de l'avortement. Augmentation du taux de mortalité des femmes ayant subi l'avortement, augmentation considérable de la grande prématurité et aussi le taux de récidive important à l'avortement.
L'avortement, combien ça coûte?
Souhaitons que nos autorités politiques et médicales sortent du débat idéologique et se donnent les moyens de faire l'addition, certainement très complexe, du coût humain et économique de la banalisation de cette pratique dans notre pays.
Quant aux femmes qui ont passé par là, elles disent presque toutes qu'elles n'avaient pas le choix. Serons-nous capables de l'offrir véritablement? C'est une question de choix.
Michel Hermenjat, assistant social
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Réserves d'or: les enjeux de la votation du 24 septembre
L'ÉCONOMISTE DANIEL DEPELTEAU DRESSE UN TABLEAU DES CONSÉQUENCES DE L'UTILISATION DES RÉSERVES D'OR
Rappelez-nous pourquoi la Confédération a vendu des réserves d'or.
Les réserves d'or de la Banque Nationale Suisse (BNS) servaient initialement entre autres de couverture métallique pour la monnaie en circulation. La parité or-franc permettait d'échanger en tout temps la monnaie contre de l'or. Dans les faits, la parité n'existait plus, en ce sens que la population avait confiance dans son système
monétaire et n'avait plus besoin d'une parité pour lui conserver cette confiance. La parité a été supprimée dans la nouvelle Constitution. La part des réserves d'or de la BNS qui servait à cette fonction jusqu'en l'an 2000 correspondait à 1300 tonnes d'or. Ce stock d'or se trouvait donc libéré de sa fonction et disponible pour une utilisation à définir par le peuple. Jusqu'en 2004, l'or de cette réserve a donc été vendu. Sa contrevaleur en francs a produit un capital de 21,1 milliards dans les
comptes de la BNS.
Aucune majorité autour d'une solution pour l'attribution de cette somme ne s'étant dégagée, le Conseil fédéral a décidé en février 2005 de distribuer cette fortune selon la clé de répartition en vigueur. En automne de la même année, un tiers est allé dans la caisse de la Confédération et deux-tiers dans celle des cantons.
La décision du collège gouvernemental n'a pourtant pas fait l'unanimité...
L'initiative du "Comité pour la sécurité AVS", dite COSA, a été lancée dans ce contexte. Elle propose de revoir la clé de distribution des bénéfices de la BNS et d'utiliser des bénéfices des activités courantes de la BNS pour financer l'AVS. La
répartition proposée par l'initiative vise à conserver un milliard pour les cantons et le reste pour l'AVS. Le 24 septembre prochain, le peuple est appelé à se prononcer sur cette proposition.
Que penser de l'initiative COSA?
Il apparaît clairement que les membres du COSA se trompent de cheval en misant sur la BNS. Non seulement le financement escompté n'est pas présent, mais le rôle de la BNS risque fortement d'être dénaturé - voire son indépendance compromise.
Quelles alternatives voyez-vous?
Le problème de l'AVS devient de plus en plus pressant et le peuple n'est pas prêt à accepter n'importe quelle solution. Il a déjà rejeté le relèvement du taux de la TVA. Que reste-t-il ?
Il reste une option concrète, mais à court terme, et une option théorique.
L'option concrète: les deux chambres fédérales sont d'accord que la part fédérale du produit de la vente de l'or (7 milliards) soit versée au fonds de compensation de l'AVS, mais à condition que l'initiative COSA soit retirée ou rejetée par le peuple. Toutefois, en cas de rejet de l'initiative, ce montant n'apportera qu'une ou deux années de répit au fonds de l'AVS. Le problème du financement de l'AVS resterait entier.
Quelle autre idée préconisez-vous ?
En théorie, il y a une solution qui aurait pu être envisagée précédemment. L'idée consisterait à placer un capital d'une dizaine de milliards pendant plusieurs
années tout en réinvestissant systématiquement les bénéfices.
Dans ce cas, l'avoir initial croîtrait au taux de rendement composé du placement. À titre indicatif, 1 franc placé pendant 20 ans à 5% à taux composé serait multiplié par 2,7 ; à 10% par 7,4 et à 15% par 20. Ainsi, en 20 ans, 10 milliards deviendraient une somme se situant entre 27 et 200 milliards. La gestion du fonds pourrait être confiée à un groupe de spécialistes uniquement consacrés à cette tâche. Leur travail pourrait être financé par les résultats du placement.
Les résultats du placement de ce fonds pourraient être utilisés en partie pour le financement de l'AVS - en attendant qu'une solution
structurelle démographique soit trouvée - et en partie pour le remboursement de la dette publique de la Confédération, des cantons et des communes. Selon la statistique de la BNS, cette dette se monte à fin 2004 à 247 milliards pour les trois
niveaux de gouvernement. Bien que cela ne constitue "que" 55% du PIB - un taux inférieur à bien d'autres pays européens - la dette de la Confédération (130 milliards en 2005) représente 250% son revenu annuel. Le coût en intérêts de cette dette en 2005 s'est élevé à 3,9 milliards, soit environ 7,6% de ses revenus annuels.
Si l'on cumule les exigences de financement de ce niveau d'endettement avec celles des assurances sociales (en supposant que le niveau d'endettement ne diminue pas), il semble que la Confédération, les cantons et les communes se dirigent tout droit vers des années financières fort difficiles.
Bien entendu se pose la question de savoir d'où viendraient les 10 milliards. La vente du produit de l'or était une belle occasion en ce sens. Mais peut-être est-il possible de rassembler des titres déjà existants dans un fonds spécial. La Confédération dispose toujours d'un montant de 7 milliards ainsi que d'une part des "bénéfices non distribués". Il faut une réelle volonté de l'ensemble des citoyens pour
résoudre le problème de l'AVS.
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Bases du dialogue judéo-chrétien
Récemment, nous avons eu le privilège de participer à un rassemblement du "Service chrétien en Israël" à Delémont. Point fort de cette rencontre, la visite de la vieille synagogue qui a été rénovée et sauvée de la décrépitude. L'histoire des Juifs dans cette ville nous a été présentée par un film intitulé "La dernière synagogue à la campagne". Les derniers ressortissants delémontains de religion juive se rendent actuellement à Bâle pour leurs célébrations.
Afin de combattre la nouvelle montée de l'antisémitisme en Suisse, nous aimerions souligner certains points importants du dialogue judéochrétien. Nous invitons tous nos lecteurs à prendre ces dix principes à coeur et d'aller à la rencontre de nos frères juifs dans ce sens.
1. Rappeler que c'est le même Dieu qui dans la Bible parle aux Juifs et aux chrétiens.
2. Souligner que Jésus est né juif, qu'il a vécu et s'est situé au sein du judaïsme, en partageant largement l'enseignement des pharisiens. Rappeler que les premiers disciples, les apôtres et les premiers martyrs étaient juifs.
3. Reconnaître que Jésus reste un point névralgique du débat entre Juifs et chrétiens dans la mesure où "la foi DE Jésus nous unit et la foi en Jésus nous sépare".
4. Rappeler que le précepte fondamental du christianisme comme du judaïsme, celui de l'amour de Dieu et du prochain oblige chrétiens et Juifs dans toutes les relations humaines, sans aucune exception.
5. Connaître et re specter le judaïsme dans sa tradition vivante d'Abraham jusqu'à nos jours et dans sa continuité.
6. Encourager Juifs et chrétiens à parler positivement les uns des autres en évitant les stéréotypes négatifs. Les chrétiens en particuliers ont invités à reprendre exégétiquement et théologiquement l'image des Juifs que donnent les Évangiles, notamment celui de Jean.
7. Aborder ensemble les données historiques, juridiques, religieuses et politiques du procès et de la passion de Jésus dans le but de s'éclairer mutuellement et de parvenir à une meilleure compréhension à la fois des textes disponibles et des sensibilités juive et chrétienne.
8. Affirmer avec force, quelle que soit la responsabilité des différents acteurs de la mort de Jésus, que celle-ci ne saurait fonder ni juridiquement ni moralement la culpabilité du Peuple juif dans son ensemble et à travers les siècles.
9. Prendre acte qu'après des siècles d 'enseignement du mépris, les autorités des Églises ont abandonné l'accusation du peuple "déicide".
10.Témoigner ensemble, avec une vigilance toujours aux aguets, des règles éthiques contenues dans la révélation, du Sinaï puis reprises dans les Evangiles, et les observer.
Siegfried et Véréna Blanc, Cormondrèche
Rubrique : Réflexion
Ouvrons nos coeurs à la compassion
"Libérer ceux qui sont enchaînés injustement, enlever le joug qui pèse sur eux, rendre la liberté à ceux qu'on écrase, bref, supprimer tout ce qui les rend esclaves" : c'est le jeûne qui plaît à Dieu (Es. 58, 6).
Lors de l'une de mes visites d 'un enfant parrainé par Compassion au Honduras, j'ai pu parler avec son papa qui, en qualité de travailleur journalier dans les plantations de café, m'a confié qu'il gagnait CHF 3,30 par jour pour récolter les grains de café de 6h du matin à 18h.
En tant que chrétiens désireux de suivre Jésus, nous devons inclure notre prochain dans notre vie, nous engager à lutter contre la pauvreté et faire de la place à la compassion.
Toujours dans Es. 58, 9-10, Dieu dit: "Quand tu appelleras, le Seigneur répondra. Quand tu crieras, il dira : "Je suis là!". Si tu fais disparaître de ton pays ce
qui écrase les autres, les gestes de menace et les paroles blessantes, alors ta lumière se lèvera dans la nuit, ton obscurité sera comme la lumière de midi. Ce sera la même chose si tu partages ta nourriture avec celui qui a faim, si tu donnes à manger à ceux qui sont dans la misère. Le Seigneur sera toujours ton guide…".
Il est plus facile d'être charitable que d'être juste. Le déséquilibre Nord-Sud est une injustice. L'exploitation du pauvre n'est pas dans le plan de Dieu et nous portons une part de responsabilité. Notre foi doit avoir des conséquences, et l'une de nos priorités de croyant doit être de plaire à Dieu en étant là où Dieu se trouve. Jésus est venu pour les pauvres et les malades.
En Suisse, dans l'un des pays du monde qui a le plus haut PNB, nous nous faisons du souci pour notre lendemain et même lorsque notre emploi n'est pas remis en question, nous nous inquiétons de ce qui pourrait arriver.
Dans mes visites des centres d'accueil des enfants défavorisés de Compassion, j'ai constaté que les gens pauvres se font moins de souci que nous. Et pourtant, ils n'ont pas de caisse de chômage, d'assurance maladie, d'AVS, de caisse de retraite, etc.
Le partage des richesses commence le matin dans la salle de bain: avec le savon qui contient de l'huile de coco de Polynésie, le linge tissé en Inde ou au Bangladesh ou encore les habits fabriqués de plus en plus souvent en Chine. Ensuite, à la table du petit-déjeuner, avec le cacao de nos enfants qui nous vient de pays du Sud où le salaire journalier est de moins de CHF 1.- par jour, etc. Vous l'avez compris, derrière ces produits, des hommes, des femmes travaillent dans des conditions souvent misérables.
Une façon de les aider est de soutenir les efforts humanitaires déployés par une multitude d'ONG. Une autre est de privilégier dans nos achats les produits
respectueux des producteurs. Faire place à la compassion que Jésus a manifestée à la vue des gens dans le désarroi, des faibles et des pauvres d'ici et des pays du Sud, c'est possible et à la portée de chacun.
Philippe Mermod, directeur de Compassion Suisse