L'UDF édite Impulsion. Ce journal, qui paraît entre cinq et neuf fois par an, informe de l'actualité politique suisse et de l'action de l'UDF au niveau fédéral et dans les différents cantons romands. Chaque édition contient également une interview. 
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Edition 3/2001:

  • Edito: Oui à la nationalisation des étrangers de troisième génération
  • La "Une" : L'UDF s'oppose à l'abrogation de l'article sur les évêchés, et L'armée, c'est 2 x non
  • Romandie :Le secrétariat de l'UDF Romandie passe de 20 à 30%
  • Entretien: Certaines valeurs doivent subsister: la vérité, la justice et la liberté
  • L'UDF dans les cantons : Neuchâtel, Genève, Vaud, votations fédérales
  • Etranger: La Hollande légalise l'euthanasie
  • Réflexions: Chrétiens à la niche ou chrétiens de garde
Précédentes éditions
Mars 2001 Janvier 2001 Décembre 2000 Novembre 2000 Août 2000 Mai 2000  Février 2000  Novembre 1999  Août 1999 

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Edition actuelle 3/01- mai 2001

RUBRIQUE EDITO

Oui à la nationalisation des étrangers de troisième génération
Dans le cadre de la consultation sur la loi sur la naturalisation, l'UDF s'est prononcée en faveur de sa révision, afin notamment de favoriser l'intégration des étrangers en Suisse, ceux-ci contribuant de manière significative au renouvellement de la population helvétique. L'UDF s'est dite favorable à une simplification de la procédure de naturalisation pour les enfants ayant grandi en Suisse, pour autant que ceux-ci soient nés dans notre pays et aient atteint la majorité. L'UDF est pour l'acquisition de la nationalité suisse par les étrangers de la troisième génération, à condition qu'ils soient nés en Suisse et qu'au moins l'un des parents soit de la deuxième génération. L'UDF a soutenu le principe du plafonnement des émoluments de naturalisation. Par contre, elle s'est opposée à ce que les cantons ne puissent plus fixer ces émoluments, considérant qu'il n'était pas opportun de leur retirer cette compétence. L'UDF ayant malheureusement constaté certains abus dans la pratique, elle s'est opposée à l'idée d'un droit de recours accordé en dehors du plan communal, estimant qu'une commission de naturalisation issue du législatif communal est l'instance la mieux placée pour juger de l'intégration effective d'un candidat à la naturalisation. Elle a proposé, en cas d'échec lors de la première audition, que les candidats puissent être entendus plusieurs fois si nécessaire. L'UDF a émis des réserves au sujet de la Convention européenne sur la nationalité, qui ne propose pas, mais impose certaines règles (doit de sol, droit de recours, etc.) et réduisant par là même l'autonomie décisionnelle de notre pays.
Enfin, pour l'UDF, le but de cette révision est d'assurer une meilleure intégration de la population étrangère en Suisse.
Maximilien Bernhard

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RUBRIQUE: La "Une"

L'UDF s'oppose à l'abrogation de l'article sur les évêchés
Le 10 juin, le Peuple suisse devra se prononcer sur l'abrogation de la loi réglementant la création de nouveaux évêchés (ou diocèses) catholiques en Suisse. Introduit dans la Constitution en 1874, cet article 72.3 fixe la carte des circonscriptions ecclésiastiques, en soumettant toute nouvelle demande à l'approbation du gouvernement.
Cette disposition a été prise pour protéger notamment les villes protestantes comme Genève, Zürich ou Berne, de l'hégémonie de l'église catholique romaine. Il faut se rappeler qu'à l'époque, la communauté catholique avait ressenti comme une défaite la création de l'Etat fédéral de 1848, et que les élections étaient marquées par une opposition systématique entre le mouvement catholique conservateur et le nouvel Etat libéral. La proclamation du dogme de l'infaillibilité du pape en 1870 fait éclater le conflit, alors que l'Etat cherche à se séparer de l'Eglise. Fin 1873, la crise atteint son paroxysme avec le renvoi du nonce (ambassadeur du pape à l'étranger) de Suisse. Cette guerre se répercute sur la révision de la Constitution de 1874, avec l'interdiction d'implanter de nouveaux couvents, l'autorisation préalable pour créer de nouveaux évêchés, et l'instauration du mariage civil.
Que faut-il penser et faire de cet article 127 ans après? Est-il encore utile ou faut-il le considérer comme discriminatoire envers les catholiques et enfreignant la liberté religieuse? Le Parlement a décidé en décembre dernier de le supprimer définitivement; mais cette décision est soumise au référendum obligatoire.
La Conférence des évêques suisses (CES) estime que cet article n'a de sens qu'en cas de conflit confessionnel, ce qui n'est plus d'actualité. Et qu'il n'y a rien à craindre, l'Eglise n'ayant pas de projet d'extension des évêchés en Suisse. Ce dernier point reste cependant à voir, la pensée d'un nouvel évêché à Genève ayant déjà été soulevée à plusieurs reprises.
La question de laisser en place un garde-fou contre la soif de pouvoir politique et spirituel du Vatican, se pose bel et bien. Pour l'UDF, la création d'un évêché est un acte politique, puisque l'Eglise catholique appartient à l'Etat du Vatican. Etant donné que le pape et le haut clergé refusent de reconnaître l'autorité des politiques dans le domaine religieux, l'abrogation de l'article 72.3 laisserait au Vatican la liberté d'imposer de nouveaux évêchés, ce qui serait ressenti comme une ingérence dans l'indépendance de la Suisse et des citoyens suisses. Pour cette raison, L'UDF souhaite que la création des évêchés reste soumise à autorisation.
Pour l'UDF, cette loi n'est pas discriminatoire. Elle permet au contraire le maintien de la paix confessionnelle. Sans cet article, qui sait si nous ne retomberons pas dans une situation politique conflictuelle de pouvoirs, tel que ce fut le cas avant 1874?
Dominique Ardellier

L'armée, c'est 2 x non
L'UDF a rejeté la modification de la loi fédérale sur l'armée. L'UDF estime que l'engagement de militaires armés est contraire aux principes d'une armée défensive et de neutralité du pays. Elle ne souhaite pas que la Suisse se rapproche d'un commandement supranational tel que l'OTAN. Pour l'UDF, l'envoi de militaires armés à l'étranger est en contradiction avec l'aide humanitaire qui y est actuellement prodiguée. L'UDF considère que cette aide humanitaire ne pourrait dès lors plus être apportée dans les pays où la Suisse se verrait contrainte de prendre parti lors de conflits. Pour l'UDF, l'engagement humanitaire de la Suisse doit rester avant tout dans un cadre civil.
L'UDF a dit également «Non» à la coopération en matière d'instruction, mais de façon moins nette. La majorité des délégués ont considéré qu'une collaboration avec des armées étrangères entraînerait tôt ou tard la Suisse à participer à certains conflits ou à adhérer aux organisations supranationales, notamment à l'OTAN et l'ONU. (comm)

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Romandie

Le secrétariat de l'UDF Romandie passe de 20 à 30%
L'UDF Suisse a décidé d'augmenter le poste de secrétaire romand de 20 à 30%. Il faut dire que depuis le début de l'année, le secrétariat romand de l'UDF connaît un rythme «hyperactif».
En effet, les diverses actions menées par les sections romandes de l'UDF ont sollicité une attention particulière et un encadrement quasi permanent. Suite à la création d'une section valaisanne de l'UDF à la fin de l'an dernier par exemple, les membres de cette section ont décidé d'entrée de jeux de se présenter à l'élection du Grand Conseil valaisan au mois de mars dernier. Le délai pour la préparation de ces élections fut très court, et le temps consacré d'autant plus grand. Cette participation suscita sans aucun doute un dynamisme encore inconnu jusqu'à ce jour dans l'ensemble des sections romandes. Quant au secrétaire romand, il travailla activement aux côtés des candidats pour préparer ces élections. La section de l'UDF Genève emboîta le pas aux valaisans en lançant le référendum contre le PACS genevois. Là aussi, l'effort fournit par les Genevois fut considérable en regard des effectifs de la section. Au total, le secrétaire romand a consacré plus d'une centaine d'heures de travail pour ce référendum. Parallèlement, la section neuchâteloise de l'UDF se lança également dans la course aux élections du Grand Conseil. Là encore, le travail de préparation fût très intensif.
Plusieurs projets se profilent d'ores et déjà pour l'automne prochain. En effet, les sections genevoises et fribourgeoises de l'UDF projettent de déposer des listes de candidats aux prochaines élections cantonales. Quant au canton de Vaud, plusieurs listes de candidats seront déposées lors des élections communales; Vaud souhaite également se présenter aux élections cantonales de mars 2002.
En outre, la communication au travers des médias s'est beaucoup intensifiée depuis le début de l'année. Passablement d'articles concernant l'UDF ont paru régulièrement dans les quotidiens de Suisse Romande. Les médias s'intéressent de plus en plus aux actions et aux positions de l'UDF.
La décision de l'UDF Suisse d'augmenter de 10% le temps de travail du secrétariat romand, n'est en réalité que l'adaptation à une situation déjà établie dans les faits. Une augmentation de la rémunération en proportion a été prévue.
L'UDF se permet de lancer un appel à celles et ceux qui souhaitent soutenir par la prière ou financièrement le travail du secrétariat romand. Vous avez la possibilité de faire des dons sur CCP 10-19007-8 de l'UDF romande, case postale 220, 1400 Yverdon-les-Bains. Merci d'avance de votre soutien.
Le secrétariat romand de l'UDF tient à remercier l'ensemble des sections romandes pour leur travail et leur persévérance, ainsi que toutes celles et ceux qui s'engagent à soutenir d'une manière ou d 'une autre le travail politique de l'UDF.
Maximilien Bernhard

 

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RUBRIQUE: ENTRETIEN

Certaines valeurs doivent subsister: la vérité, la justice et la liberté
Après plus de 100 jours passés au gouvernement, quel premier bilan en tirez-vous?
C'est très positif. Il y a beaucoup de travail très intéressant au niveau du Conseil fédéral et de la direction d'un département. Je pense en outre que c'est aux citoyens de juger mon travail. Afin de leur faciliter la vie, voici les intentions que j'ai formulée lors de mon arrivée au gouvernement:
«Je veux diriger mon département de façon efficace, en optant pour un management par objectifs, et accomplir cette tâche en conformité avec la Constitution.
Je veux accorder un soin particulier à la collaboration au sein du Conseil fédéral.
Par des discours et un travail d'information, j'entends créer un climat de confiance envers les autorités politiques et appuyer notre politique.»

Lors des auditions des candidats à l'élection au Conseil fédéral, vous vous êtes décris comme «un libéral défenseur des valeurs». Que vouliez-vous dire par là?
La pensée dominante de notre Confédération, ce qui l'a suscitée, ce qui lui donne une valeur de vie, qui lui a donné la vie, c'est la liberté, au sens global du terme. «Libertas» en latin est la racine du concept libéral, ce qui signifie est indépendant. La base sur laquelle peut s'appuyer la liberté pour perdurer, c'est le droit. Et le fondement du droit, c'est le respect du prochain, la fidélité à la cohabitation sociale, par exemple dans une commune ou une famille. Voilà pour les valeurs. En résumé, sur le diadème du portrait de femme qui orne nos pièces de 20 centimes, il est écrit: «Libertas», et sur le bord des pièces de 5 francs, «Dominus Providebit», Dieu pourvoit!

Un membre du Conseil fédéral incarne toujours une fonction d'exemple. En quoi souhaitez-vous être un exemple pour les Suisses?
Je n'aime pas être flatté. J'ai moi aussi mon lot de faiblesses et d'erreurs. Il n'y pas de place pour rechercher à briller.

Où en est-on aujourd'hui en ce qui concerne la défense nationale?
Le projet de la vision de l'armée a été présenté et le concept sera mis en consultation tout prochainement. Il s'agit de créer un débat large autour d'une discussion complexe concernant la réforme de notre défense.

La nouvelle armée devrait être efficace, crédible et redimensionnée, mais la sécurité n'a-t-elle pas aussi un prix?
Le prix de notre liberté est d'assurer une garde continuelle des frontières du pays.

Comment jugez-vous la menace actuelle pour la Suisse?
Le rêve d'une paix éternelle est un beau rêve, mais malheureusement, ce n'est qu'un rêve. Platon disait: «seuls les morts ont vu la paix». La Suisse veut et peut contribuer au maintien de la paix, premièrement dans notre pays, et ensuite également au-delà de nos frontières. Mais nous ne devons pas nous faire des illusions. L'histoire de l'humanité nous montre que la guerre est un phénomène qui survivra au-delà de notre génération.

«Présence suisse» est notre nouveau «produit» de relations publiques. L'armée entend être présente notamment avec les troupes «Swisscoy» au Kosovo. Comment comprenez-vous le concept de sécurité par la coopération?
La Constitution est la genèse de ma réflexion en tant que politicien. Celle-ci nous demande de respecter le principe de neutralité. Cela signifie que toute coopération à l'extérieur de nos frontières doit être soumise au principe de neutralité. Cela fait des années que nous parlons de neutralité et de solidarité. Nous ne nous engageons jamais «contre quelqu'un», mais toujours pour l'utilité publique, et ce dans le cadre des décisions prises par l'ONU. Et à l'intérieur même de ces limites, nous n'intervenons que pour le maintien de la paix et jamais pour imposer la paix de force. Cela signifie que nos efforts de paix aux côtés de l'OTAN ne se concrétisent que dans les limites strictes de la neutralité. C'est exactement ce qui se fait au Kosovo.

Le Conseil fédéral se réfère toujours plus à la stratégie de l'OTAN, et ce depuis plusieurs années...
Il s'agit de bénéficier de l'expérience militaire d'autres nations, et de rassembler les éléments de décision qui seraient nécessaires au Conseil fédéral lors d'une éventuelle mais heureusement pour l'instant improbable agression militaire de la Suisse. Car la neutralité n'est souhaitée qu'aussi longtemps que nous ne sommes pas agressés, n'est-ce pas? Il est aujourd'hui impossible de dire si la Suisse resterait fidèle à ce principe après une agression.

Ne croyez-vous pas que trop de réformes sont entreprises actuellement?
Nous ne pouvons pas nous dérober face aux défis actuels. Les réformes sont donc indispensables, si elles sont conduites dans des proportions raisonnables. Mais tout ne doit pas changer. Certaines valeurs doivent subsister: la vérité, la justice et la liberté.

Propos recueillis par Thomas Feuz

 

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RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS

L'UDF fait une percée
Pour sa première participation aux élections cantonales, la liste de l'UDF du Val-de-Travers s'en est plutôt bien sortie. Même si les candidats nourrissaient des ambitions autrement plus élevées, pour la première fois, une liste UDF atteint un score honorable de plus de 4%.
Il aurait fallu 13% pour décrocher une présence au Grand-Conseil. Le canton de Neuchâtel est l'un des plus difficile en Romandie en matière d'élections. L'UDF n'est pas le premier parti à en faire l'expérience, d'autres formations autrement plus importantes sur le plan suisse n'ayant pas réussi. Tout de même, en regard avec 1997, le résultat de la liste UDF a fait une progression de 125%. C'est 17% de mieux que le parti socialiste, 116% de mieux que les radicaux.
Le bon résultat de l'UDF a le mérite de montrer qu'une présence politique chrétienne est souhaitée par une partie de la population qui est attachée à une éthique et des valeurs chrétiennes dans la société.
Gageons que ce résultat encouragera les chrétiens à rejoindre les rangs de l'UDF pour que, lors de la prochaine échéance, le parti présente une liste de candidats plus complète que cette fois-ci. En effet, à l'heure du bilan le comité cantonal s'est dit réjouit et encouragé. Il a déjà planché sur la prochaine échéance, à savoir les élections communales de 2004.
(Michel Béguelin/comm)

Le PACS passe
Courant février 2001 le Grand-Conseil genevois a voté une nouvelle loi sur le partenariat (PACS). La section genevoise de l'UDF a décidé de lancer un référendum contre cette loi car elle ne correspond pas à l'éthique chrétienne et est une attaque directe de la notion du mariage telle que consacrée par la Bible et la Constitution de notre pays.
Ce référendum n'a pas abouti pour deux raisons principales, à savoir, premièrement une manuvre par Internet et par fax incitant à torpiller le référendum en convaincant des opposants à cette loi à signer le référendum, en leur précisant qu'ils n'avaient pas le droit de signer une deuxième fois, puis en ne retournant pas les signatures ainsi obtenues au comité référendaire, ce qui fait que de nombreuses personnes ont répondu à nos demandes qu'elles avaient déjà signé et qu'elles ne pouvaient le faire une seconde fois.
Deuxièmement, une personne s'est présentée à la poste au nom du comité référendaire pour retirer le courrier venu avec dans les lettres des signatures et la personne préposée au guichet lui a remis une pile d'enveloppes sans lui demander de pièce d'identité.
Sur ces faits, nous avons déposé deux plaintes auprès du procureur général du canton de Genève et avons demandé une prolongation du délai pour la récolte de signatures. A ce jour, nous n'avons toujours pas obtenu de réponse sur la suite donnée à nos plaintes, et le service des votations ne nous a accordé que 24 heures supplémentaires en précisant que cela était fait à bien-plaire et que cela n'engageait pas l'Etat, mais le seul service des votations.
Des dons financiers nous ont permis de couvrir une partie des frais engendrés par cette démarche, mais nous finissons tout de même par un déficit du compte référendum de Fr. 800,--.
L'UDF Genève remercie chaleureusement toutes les personnes de Genève, des membres des sections d'autres cantons et des associations qui nous ont généreusement aidés dans la récolte de signatures en se mobilisant sur le terrain, en nous fournissant les adresses de leurs membres a Genève et pour certaines personnes en prenant ouvertement position dans les journaux contre cette loi.
Marc Liggenstorfer

Vaud: Tous contre la colline de chanvre
Pour s' opposer au projet «Cannasens» prévu sur l'artéplage yverdonnois, l'UDF du Nord-vaudois a lancé une pétition contre les collines de chanvre. Ce projet d'Expo.02 prévoit de recouvrir une des collines de cet artéplage avec du chanvre «industriel». L'UDF a créé un comité de pétition inter-parti et interconfessionnel qui demande à la Municipalité d'Yverdon-les-Bains qu'elle intervienne fermement auprès des dirigeants d'Expo.02 pour qu'ils renoncent à ce projet.
L'UDF considère que l'artéplage yverdonnois ne doit pas permettre au lobby de la drogue de promouvoir la libéralisation des stupéfiants dans notre pays. Elle pense qu'une telle colline donnerait une image très négative de la région du bout du lac de Neuchâtel durant toute la durée de l'Expo, que ce soit en Suisse ou dans les pays voisins qui mènent une politique de la drogue souvent plus restrictive qu'en Suisse. L'UDF rappelle que le chanvre, dont le taux de THC est supérieur à 0,3 %, sert à la fabrication de stupéfiants. Elle estime que l'amalgame entre le chanvre «industriel» et celui utilisé pour les stupéfiants sera inévitable pour les milliers de visiteurs. Pour l'UDF, ce projet relève de la provocation et du lobbying politique visant à faire accepter une libéralisation de la consommation de stupéfiants. Yverdon-les-Bains ne doit pas se transformer en plaque tournante du trafic de chanvre après l'Expo. La récente affaire «CannaBioland» a d'ailleurs démonté les inévitables dérapages qui se produisent actuellement dans le domaine de la culture du chanvre. L'UDF a fait part à plusieurs reprises de son opposition à ce projet à Expo.02 et a même proposé deux idées de substitution aux responsables d'Expo.02. Une de ces idées, en rapport avec le thème «Moi et l'Univers», s'intitulerait «la colline aux reflets». Il s'agirait de recouvrir cette colline à l'aide d'éléments permettant aux visiteurs de contempler le reflet du ciel durant la journée et étoilé durant la nuit. Des formulaires de pétition peuvent être commandés gratuitement au secrétariat romand de l'UDF, tél. 024 425 96 46.

Vaud: Constitution pour le XXIe siècle
Les premiers résultats des travaux de l'Assemblée constituante sont désormais connus. Ils font d'autant plus regretter que les chrétiens ne se soient pas, à l'époque, sentis davantage concernés par la révision de la Constitution vaudoise. En 1998, le peuple en avait accepté le principe à une large majorité. Les Constituants eux, avaient été élus en février 1999.
Le texte adopté par l'assemblée a de quoi donner quelques soucis. Mises à part quelques petites «provocations» qui ont donné l'illusion du changement, le texte ne s'attaque en effet pas vraiment aux problèmes dont sont victimes les institutions vaudoises. Il oscille plutôt entre solutions conservatrices et idées voulues progressistes, mais dont la réalisation sera loin d'aller de soi : si on peut regretter que la fusion de communes ne puisse en aucun cas être imposée, même à de toutes petites localités ne disposant déjà pas d'infrastructures minimales, on peut aussi se demander si le peuple vaudois sera vraiment prêt à accorder le droit de vote et d'éligibilité communal et cantonal aux étrangers établis depuis six ans dans le canton.
Ce qui préoccupe le plus l'UDF, ce sont des «petites phrases», manifestement rédigées à la va-vite, mais qui pourraient néanmoins donner le ton de la politique cantonale ces prochaines années. Le texte prévoit que «L'Etat reconnaît la famille dans sa diversité comme élément de base de la société» (art. 1.4) et que «la liberté de choisir une autre forme de vie en commun est garantie» (art. 3.12). Il dispose encore que «toute personne a droit aux soins médicaux essentiels, à recevoir l'assistance nécessaire devant la souffrance et à mourir dans la dignité» (art. 3.7). De telles formulations font le lit des revendications émanant soit des milieux favorables au PACS ou à la reconnaissance juridique des couples non mariés, soit à ceux favorables à l'euthanasie active. Ces propositions contiennent donc en germe des politiques aux enjeux éthiques fondamentaux.
Il n'est cependant pas encore trop tard pour réagir. Le texte sera soumis à une large consultation au cours de l'été ou de l'automne. L'UDF ne manquera pas de prendre position de manière détaillée. Vous pourrez aussi le faire, que ce soit à titre individuel ou en tant que groupement, église ou association. Ces réactions seront prises en considération avant les «deuxièmes et troisièmes débats» qui arrêteront le texte définitif l'automne et l'hiver prochain. La votation populaire est prévue au printemps 2002.
François Zürcher

Info
Nous vous invitons cependant d'ores et déjà à vous informer de l'évolution des travaux de la Constituante, que ce soit lors des conférences publiques que celle-ci donne, par la presse ou sur internet (www.vd.ch). Il est également possible de demander des renseignements ou de s'abonner à un bulletin gratuit d'informations directement au secrétariat de la Constituante, pl. du Château 6, 1014 Lausanne (tél 021 316 41 55, fax 021 316 41 50, e-mail : constituante@chancellerie.vd.ch).

Votations cantonales du 10 juin: 3 fois OUI
Les prochaines votations cantonales ne comportent pas d'enjeux éthiques fondamentaux, mais leur complexité impose toutefois une réflexion sérieuse.
Projet triangulaire (Décret du Grand Conseil et révision de la Loi sur l'Université)
La recherche et l'enseignement universitaire doivent être de pointe, tout particulièrement dans les domaines appelés à un développement rapide. Il faut absolument éviter que se reproduisent les erreurs du passé, qui, sous-estimant le développement de l'informatique, ont privé l'industrie suisse de spécialistes de haut vol. L'Université de Lausanne prévoit de mettre désormais l'accent sur les sciences de la vie. Ce développement a un coût: afin de le maîtriser, des mesures de rationalisation ont été prévues. L'une prévoit de rattacher certains enseignements (mathématiques, physique, chimie) uniquement à l'EPFL, afin de mettre fin à des doublons avec l'Université de Lausanne. L'autre prévoit de centraliser l'Ecole de pharmacie à Genève. La première mesure, qui implique un crédit supplémentaire de 32,8 millions pour permettre à la fois de dédommager l'EPFL et d'assurer le développement de l'enseignement des sciences de la vie, est soumise au référendum financier obligatoire. La seconde mesure est soumise au peuple suite à l'aboutissement d'un référendum.
L'UDF est d'avis que ces mesures sont raisonnables. Le maintien de doubles enseignements de certaines matières, à l'Université de Lausanne et à l'EPFL, ne se justifie pas. D'autre part, le déplacement de quelques dizaines d'étudiants en pharmacie permettra de libérer un bâtiment actuellement sous-occupé et de le transformer à moindres frais (environ 5 millions) pour les sciences de la vie. La construction d'un nouveau bâtiment coûterait, elle, 50 millions de francs. Il est donc raisonnable de regrouper à Genève l'ensemble des étudiants en pharmacie.
Initiative «Oui à la baisse d'impôts pour deux tiers des Vaudois» (taux unique)
Cette initiative a suscité des débats vifs et intéressants. Il faut bien reconnaître qu'elle représenterait un changement important pour les communes vaudoises. Le système actuel est toutefois injuste: un citoyen paie jusqu'à trois fois plus d'impôts communaux qu'un autre disposant d'un même revenu, suivant la commune dans laquelle il est domicilié. Par ce système, les communes «riches» attirent les contribuables aisés, ce qui leur permet soit d'investir dans des dépenses somptuaires, soit de diminuer encore les impôts. Inversement, les communes «pauvres» sont souvent celles qui accueillent des familles aux revenus modestes.
L'initiative veut fixer un taux unique pour tout le canton, correspondant au taux moyen actuel (environ 0.92). Par la suite, ce taux sera déterminé par le Grand Conseil. Les recettes ainsi obtenues seraient ristournées aux communes sur la base de différents critères, en tenant compte des infrastructures existantes. Le Conseil communal pourrait toutefois, pour une durée limitée, augmenter quelque peu le taux d'impôt communal pour financer un investissement précis et lourd.
Une des objections à cette initiative est qu'elle déresponsabiliserait les élus locaux, en ne les incitant plus à faire des économies. C'est un risque dans certaines communes. Toutefois, on pourrait en dire autant du système actuel, mis en place l'an dernier (ETACOM). D'autre part, il faut bien voir que plusieurs communes n'ont actuellement plus de marge de manuvre, la totalité de leur budget étant absorbée par des dépenses obligatoires. Si donc l'initiative restreindrait la marge de manoeuvre de certaines communes, elle l'augmenterait pour d'autres, laissant à chacune la responsabilité de gérer ses deniers dans les limites d'une assiette financière déterminée. D'autre part, un taux unifié faciliterait une approche régionale des problèmes (équipements, aménagement du territoire, etc.), en évitant de coûteuses concurrences entre communes voisines. L'initiative ne comporte pas que des avantages ; elle va toutefois dans le sens d'une plus grande justice.
François Zürcher

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RUBRIQUE: Etranger

La Hollande légalise l'euthanasie
En 1999, plus de 2000 actes d'euthanasie ont été recensés par les autorités sanitaires néerlandaises. Fin novembre 2000, 92% des citoyens de ce pays se disaient favorables à l'euthanasie et le Parlement a adopté un projet de loi allant dans ce sens. 2001 n'est que la suite logique: la Hollande légalise l'euthanasie active.
Pionnière certes, mais pour combien de temps? En France, en Suisse des projets de loi similaires se préparent. Les médias font de l'euthanasie un sujet d'actualité, pour ouvrir le débat sur la scène publique.
En Suisse, les experts recommandent au Conseil fédéral de dépénaliser l'euthanasie active. A Zürich, elle vient d'être autorisée dans les EMS. Appelée «assistance au suicide», elle permet au malade de formuler une demande manuscrite qui sera remise à la justice pour couvrir l'assistant. Est-ce la solution?
En fait, il y a deux composantes dans l'euthanasie active. Le récit de la mort de Saül dans 1 Samuel 31, 3-4 et 2 Samuel 1, 5-10, 14-15 nous en donne un exemple. Il y a d'un côté celui qui demande la mort, le suicidant (comme Saül), et de l'autre celui qu'il appelle à l'aide, l'assistant (comme le porteur d'armes qui refuse, et le jeune amalécite qui accepte de le tuer). Et la Bible nous enseigne deux choses à propos de la fin de vie:
Lorsque l'amalécite raconte à David ce qu'il a fait, celui-ci, loin d'approuver son geste de compassion, le fait mettre à mort. Si l'euthanasie était une pratique bénéfique, approuvée par Dieu, David aurait récompensé l'amalécite, il ne l'aurait pas puni de mort. Ce texte montre clairement que selon Dieu, l'euthanasie est inacceptable et doit être pénalisée. Dieu dit: «Tu ne tueras pas». Même si la personne est condamnée, «sachant qu'il ne survivrait pas» (1, 10).
Le 2e aspect est celui du suicide. Avons-nous la liberté de décider notre mort? le Psaume 139, 16 affirme: «Sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés, avant qu'aucun d'eux existe». Et 1 Corinthiens 6, 19-20: «Vous ne vous appartenez pas à vous-même votre corps et votre esprit appartiennent à Dieu.»
Job très malade, a refusé cette solution (voir Job 2, 7-10); disant: «Quoi, nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal!» et la Bible en conclut: qu'en cela «Job ne pécha pas».
C'est sur la Parole et la volonté de Dieu que se base l'UDF pour refuser la dépénalisation de l'euthanasie. Ce n'est pas un manque de compassion envers ceux qui souffrent. Dieu nous demande de prier pour eux et de les entourer. Et lui-même promet son assistance dans ces jours de combat: «Fortifie-toi et prends courage L'Eternel marchera lui-même devant toi, il sera lui-même avec toi, il ne te délaissera pas, il ne t'abandonnera pas; ne crains pas, et ne t'effraie pas.» (Deut.31, 7-8).
Dominique Ardellier

 

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Rubrique: rélexion

Chrétiens à la niche ou chrétiens de garde
Il dort. Mais d'un il seulement. Un bruit léger... est-ce un homme, une bête qui se glisse dans la nuit? Une branche qui frotte contre le mur?... La tête encore entre les pattes, il dresse les oreilles. Ses yeux luisent comme deux braises...
Le bruit se rapproche. On ne sait quoi encore. Mais lui a deviné. Il grogne et son poil se hérisse.
Des pas qui s'arrêtent. On entend des chuchotements... Alors le bon chien bondit hors de sa niche. Il tire sa chaîne. Il secoue, s'étrangle en rauques aboiements.
A longues enjambées peureuses, les maraudeurs ont pris la fuite. Demain, il ne manquera ni un poulet ni un lapin.
La fenêtre s'est ouverte. L'homme a crié. Longuement il scrute la nuit. Encore engourdi de sommeil, il ne voit rien, n'entend rien. Seul son chien qui aboie toujours. Alors la colère le prend contre cette «sale bête» qui l'a contraint à se lever.
Il l'invective brutalement, lui jette dans les pattes ses lourds sabots. Le pauvre chien pousse un hurlement de douleur. Humblement, la queue entre les pattes, il regagne sa niche, et se couche avec un gros soupir.
Il dort maintenant, mais d'un il, toujours prêt à recommencer à la première alerte. Son métier, c'est de veiller et non de recevoir des caresses ou du sucre.
Monter la garde n'est pas un métier de tout repos. On y récolte plus d'horions que de compliments. Ils viennent de partout à la fois. Du côté des violents qui n'aiment pas qu'on les dérange, et du côté des braves gens, qui ne veulent pas qu'on trouble leur repos, ni qu'on les oblige à demeurer les yeux ouverts alors qu'il est si bon de les fermer.
En rappelant cette courte histoire, la Croisade de Maison en Maison (CMM) crie que l'heure est grave, que trop d'hommes, chaque jour, quittent cette vie, sans connaître le Christ. Selon le conseil du Maître, elle crie que l'heure vient où plus personne ne pourra travailler... à cause de la nuit. Bref, elle rappelle à tous l'urgente mission: porter l'Evangile à chaque créature.
Pour la CMM, il ne s'agit pas seulement d'avertir, d'alerter. Il faut également faire reculer l'incrédulité qui menace et qui s'installe chez nos contemporains.
Cette année, la CMM fête en Suisse romande ses 25 ans d'existence. Près de 3 millions de familles ont eu la possibilité de recevoir la Bonne Nouvelle et 13 425 personnes ont manifesté un intérêt. Environ 6038 personnes ont suivi le cours biblique par correspondance et 2590 ont déclaré vouloir suivre Jésus. Prions pour que beaucoup de chrétiens s'engagent avec la CMM pour témoigner de la vie nouvelle en Jésus-Christ.
Alors? où en êtes-vous personnellement? Entendez-vous, cette nuit, l'appel du «chien de garde»?

Votre ami de la C.M.M. Henri Parent, Yverdon