Edition de juin 2002 (3/02):
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Impulsions?
Edition de juin 2002
Le 2 juin, protégeons la vie!
non au régime du délai, oui à l'initiative pour la mère et l'enfant
Réunis le 4 mai dernier à Olten, les délégués
de l'Union Démocratique Fédérale (UDF) ont pris position
sur les deux objets des votations fédérales du 2 juin prochain.
Ils ont notamment décidé de soutenir l'initiative «Pour
la mère et l'enfant». L'UDF s'est toujours engagée à
défendre la vie, estimant que celle-ci commence dès la conception
et se termine à la mort naturelle. Pour l'UDF, le devoir d'un Etat est
de protéger la vie, soit-elle en devenir, handicapée ou malade.
Elle estime que ce devoir demeure prépondérant sur le droit de
la femme à l'autodétermination qui, d'après l'UDF, ne doit
pas être le seul critère déterminant. De ce fait, l'UDF
ne peut en aucun cas cautionner un projet de loi visant à banaliser l'avortement.
Lors de son assemblée, les délégués de l'UDF ont
refusé unanimement le régime du délai en matière
d'avortement. Ils estiment que ce régime est extrêmement libéral
par rapport à ce qui se pratique dans les autres pays européens.
Ils ont de plus constaté le flou juridique important entourant le texte
soumis en votation, notamment en ce qui concerne l'Art. 119, alinéa 1
du projet de loi. En effet, ils considèrent irréaliste le fait
de vouloir évaluer si une femme se trouve ou non en «état
de détresse profonde» lorsqu'elle est enceinte. Par 51 oui, 0 non
et aucune abstention, l'UDF a d'autre part décidé de soutenir
l'initiative «Pour la mère et l'enfant». Elle rappelle que
le texte de cette initiative, art. 4bis, alinéas 2d, stipule que les
cantons doivent accorder «l'aide nécessaire à la mère
qui, en raison de sa grossesse, se trouve dans un état de détresse».
Cela permettra d'apporter une aide concrète aux mères en situation
de détresse, d'éviter au maximum les pressions faites sur les
femmes pour qu'elles avortent. D'après l'UDF, l'initiative se présente
comme un contre-projet adéquat au régime du délai, prévoyant
également de donner un droit à la vie à l'enfant à
naître.
En vue de ces prochaines votations, l'UDF a mis sur pied un comité de
130 femmes, membres ou sympathisantes du parti, provenant de tous bords politiques.
Dans le cadre de leurs actions de sensibilisation, ces femmes souhaitent «donner
une voix à la vie en devenir et susciter une véritable prise de
conscience dans le domaine de la protection de la vie». Maximilien Bernhard
RUBRIQUE EDITO
Montée des extrêmes
Lors du premier tour des élections présidentielles, la France
a connu un véritable séisme politique et s'est retrouvée
dans une situation très inconfortable vis-à-vis de l'Union Européenne.
En effet, la poussée très importante des extrêmes politiques,
de droite comme de gauche, a suscité de vives inquiétudes, voire
des critiques de la part de ses partenaires européens.
Le premier tour, probablement emprunt de votes contestataires, a fait apparaître
une rupture très importante entre les préoccupations réelles
de la population et celles du gouvernement en place. Résultat: une gauche
en pleine déconfiture, obligée d'appeler ses électeurs
à voter pour un président de droite qui a véritablement
cartonné au second tour avec plus de 80% de suffrages. Quel paradoxe!
On peut dès lors s'interroger sur les causes qui engendrent actuellement
une montée aussi fortes des extrêmes, non seulement en France,
mais également ailleurs en Europe.
Une des causes principales est sans doute que «l'establishment politique»
se croyait inébranlable, se souciant parfois plus de ses propres intérêts
que de ceux de la population. Conséquences: des électeurs qui
se tournent vers d'autres partis, aussi extrêmes soient-ils pour manifester
leur mécontentement.
L'UDF a choisi de prendre des positions claires sur les divers thèmes
éthiques de politique actuelle. Cependant, son conseiller national, Christian
Waber, a été classé récemment exactement au centre
de l'échelle gauche-droite par une étude de l'Université
de Fribourg concernant une évaluation des parlementaires fédéraux.
Preuve qu'un parti politique, avec des idées claires, peut demeurer au
centre de l'échiquier politique. Tel est le cas de l'UDF.
Maximilien Bernhard
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RUBRIQUE: La Une
Le 2 juin, les Suisses décideront quelle politique ils entendent mener en ce qui concerne l'avortement. A l'approche de la votation, Impulsion vous propose le point de vue de plusieurs personnalités opposées au régime du délai et qui expliquent leur position.
Florian Rochat-Candaux, pasteur
Le «régime du délai» consiste en fait à «obtenir
que l'Etat soit dégagé de la protection de la vie de l'enfant
à naître» comme le reconnaît le Dr. Gut (a. juge et
conseiller d'Etat).
Les différents textes internationaux, tout comme notre Constitution Suisse,
reconnaissent «le droit fondamental de tout être humain à
la vie». Plus personne aujourd'hui dans les débats ne conteste
l'humanité du ftus ou même de l'embryon, mais ce sont ses droits
qui sont contestés ! Or, les pages les plus douloureuses de l'histoire
sont là pour nous rappeler qu'il est grave et dangereux de ne pas accorder
les droits humains fondamentaux à certaines catégories de vies
humaines (juifs, noirs, esclaves, handicapés,).
Les enfants dans le sein maternel sont aujourd'hui la «catégorie»
d'humains qui ont besoin d'être protégés et défendus!
D'autre part, ce projet laisse la femme seule dans cette lourde responsabilité
en l'abandonnant encore davantage. Même le père est complètement
absent de la décision et démuni de ses droits vis-à-vis
de son enfant !
Oser courageusement soutenir une initiative qui s'engage radicalement pour protéger
la vie de l'enfant dans le sein maternel et l'aide concrète à
la mère en détresse, n'est pas contre la femme ni un retour en
arrière. Au contraire, c'est un engagement résolument progressiste
!
Et ne l'oublions jamais : ce n'est pas «les femmes ou les enfants d'abord»
(!) - n'en déplaise à certains - mais «les femmes et les
enfants d'abord !»
Marie-Laure Beck, ancienne présidente du Grand Conseil genevois
Ses 3 arguments :
1) Je respecte la vie, et je m'oppose au régime du délai. La vie
ne peut pas être interprétée et tuée. L'avortement
est un crime, c'est tuer.
2) On ne doit pas seulement aider la mère, l'enfant a aussi le droit
à la vie. Je me bats depuis 30 ans pour cela. SOS Futures Mères
a sauvé des centaines d'enfants. J'ai l'exemple de mères qui ont
gardé leur enfant et sont très heureuses.
3) On ne s'occupe pas assez de l'homme. Il est responsable de la vie de son
enfant et donc aussi de l'avortement. Il faut éduquer les jeunes, les
garçons à respecter leur compagne, et non seulement à contenter
leurs sens.
Patrick de Laubier, professeur honoraire de sociologie à l'Université
de Genève et prêtre depuis onze mois
Ses 3 arguments :
1) Je suis opposé au régime du délai, car la vie commence
dès la conception. La Bible dit: »Tu ne tueras pas», c'est
le 1er commandement. L'avortement est un meurtre.
2) L'avortement cause un traumatisme terrible aux femmes, mais aussi aux médecins
et aux infirmières qui sont obligés de les pratiquer, et pour
qui c'est une démoralisation.
3) Après avoir crié à la surpopulation, on vit une époque
d'implosion démographique, avec un taux de natalité très
bas en Europe. Si l'on tue notre propre population, alors j'approuve l'immigration
qui compense cette disparition.
Rudolf Montanari, juge supérieur du Tribunal du canton de Soleure
Nul n'a le droit de tuer un enfant après sa naissance. Pourquoi devrait-il
exister un droit de tuer un enfant à naître? La «solution»
des délais institutionnaliserait une sorte de droit à la culture
de la mort. Il transformerait le ventre maternel en un lieu à haut risque
pour notre jeune génération.
Magali Wittwer Boyer, présidente de l'association Aide suisse pour
la mère et l'enfant (ASME)
Ses arguments :
Eliminer les problèmes, pas les enfants ! L'initiative «Pour la
Mère et l'Enfant» stipule que la Confédération doit
protéger la vie de l'enfant à naître et édicter des
directives pour aider concrètement les mères en situation de détresse.
Rappelons qu'une femme violée qui avorte ne sera pas poursuivie (art.
66bis du CP). Pour les autres cas, la peine s'applique principalement aux médecins
pratiquant l'acte abortif, ces derniers étant tenus de protéger
sans concession la vie dès la conception (Serment d'Hippocrate et de
Genève). D'après l'initiative, une femme en grande détresse,
qui a donné son accord à un avortement, peut être libérée
de toute peine.
Nella Martinetti, auteur-compositeur-interprète
Aujourd'hui encore, le souvenir de mon avortement éveille un sentiment
couloureux en moi, accompagné de remords. Il est faux de dire que l'avortement
élimine tous les problèmes de la femme. C'est tout le contraire!»
Claudio Minder, Mister Suisse 2000, animateur de radio
«Malheureusement, il existe des hommes qui abandonnent une femme quand
elle est enceinte et la poussent à se faire avorter. Il est indigne d'un
homme de s'extirper d'une situation en éliminant une jeune vie.
Propos recueillis par Dominique Ardellier et Maximilien Bernhard, ainsi que
par la rédaction
de la brochure «Un nouvel être: destin ou chance?».
Déclaration contre le régime du délai
Al'initiative du Conseiller national Heiner Studer (PEV), 120 personnalités
ont signé le texte suivant:
«1. La vie d'un enfant commence à sa conception. Notre autodétermination
doit s'effacer devant cet état de fait. Le régime du délai
minimise la mort d'un enfant et les conséquences de celle-ci pour la
mère.
2. Le régime du délai est indigne d'une société
moderne. Dans le cadre de l'Etat solidaire, nous nous engageons à promouvoir
de meilleures solutions d'appui social et de conseil pour porter remède
aux situations de détresse féminine ou familiale.
3. La pression sociale sur les femmes et les couples, en vue d'interrrompre
la grossesse d'enfants non attendus, amènera tôt ou tard à
mettre en doute le droit de vire des personnes handicapées ou âgées.
Pour ces trois raisons, nous refusons le régime du délai.»
Les signataires:
René Aerni, pasteur, Wettingen Ruedi Aeschbacher, Conseiller national PEV, Zurich Alessandra Alberti, Sementina TI Elvira Bader, Conseillère nationale PDC, Mümliswil SOAlexander J. Baumann, Cons. nat. UDC, Kreuzlingen TG Marcella Bertagni, Stabio TI Verena Birchler, PR-Fachfrau, Pfäffikon ZH Christoph Blocher, Cons. national UDC, Herrliberg ZH Roland Borer, Conseiller national UDC, Kestenholz SO Toni Bortoluzzi, Cons. nat. UDC, Affoltern am Albis, ZH Alois Bregg, Pasteur, Glis VS Berneard Broccard, Vice-vicaire général, Sion Norbert Brunner, Evêque, Sion Pierre Bürcher, Lausanne Isabelle Chassot, Conseillère d'Etat, Fribourg Jean-Marc Chanton, Pasteur, Burgdorf BE Daniel Cipolla, Avocat, Martigny VS Jean-Dominique Cipolla, Notaire, Martigny VS Anton Cottier, Président du Conseil des Etats PDC, Fribourg Edouard Delalay, anc. Conseiller d'Etat, St. Léonard VS Walter Donzé, Conseiller national PEV, Frutigen BE Urs Elsener, Pasteur, Muri AG Rolf Escher, Conseiller aux Etats PDC, Brig VS Louis-Ernest Felley, Pasteur, Verbier VS Martin Fischer, directeur ERF, Uster ZH Paul Frochaux, Pasteur, Vevey VD Ivo Fürer, Evêque, St-Gall Martin Gächter, Weihbischof, Soleure Joel Gapany, Fribourg Wilf Gasser, Médecin, Berne Berneard Genoud, Evêque, Fribourg Don Libero Gerosa, Professeur, Lugano Jean- Michel Girard, Prieur, Martigny Jean-Jacques Glasson, Gruyères FR Amédée Grab, Président de la Conf. des Evêques suisse, Coire Elisabeth Granges, prés. Oui à la vie (BE), Liebefeld BE Odilo Guntern, Avocat, Brig VS Walter Gut, anc. Conseiller d'Etat, Hildisrieden LU Roland Häfliger, Pasteur, Lenzburg AG Barbara Hallensleben, Professeur, Givisiez FR Erich Häring, Doyen, Kesswil TG Josef Heinzmann, Conseiller conjugal, Loèche-Ville VS Peter Henrici, Weihbischof, vicaire général, Zurich Walter Hess, Conseiller national PDC, Oberriet SG Max Hofer, Doyen, Lucerne Rudolf Hofer, Pasteur, Bâle Hans Hofmann, Conseiller aux Etats UDC, Horgen ZH Eduard Imhof, Pasteur, Brig Rudolf Imhof, Conseiller national PDC, Laufen BL Werner Inderbitzin, Président du Conseil d'Etat Schwyz, Arth SZ Hansjörg Kägi, Pasteur, Schöftland Hansjörg Kistler, Professeur de médecine, Urdorf ZH Kurt Koch, Evêque, Soleure Josef Kuhn, Doyen, Berne Josef Kunz, Conseiller national UDC, Grosswangen LU Fernanda Laffranchi, Vacallo TI Richard Lehner, Direction de l'institut St. Jodern, Visp VS Andres Lienhard, assistant pastoral, Muri AG Anne und Marco Mayoraz, Pastorale de Famille, Sion Robert Mayoraz, Sion Thérèse Meyer, Conseillère nationale PDC, Estavayer-le-Lac Hardy Meyer-Belz, Pasteur, Lausen BL Werner Messmer, Conseiller national FDP, Sulgen TG Sam Moser, Président de la VFG, Belp Markus Müller, Directeur de la mission Chrischona, Bettingen BS Jacques Neirynck, Conseiller national PDC, Ecublens VD Tanja Oncelli, Semione TI Bernehard Ott, Centre de formation Bienenberg, Liestal BL Oswald Perren, Pasteur, Mörel VS Margherita Perucchi, San Pietro TI Fritz Peyer, responsable de formation à IGW, Lützelflüh BE Paul Peyer, Pasteur, Riehen BS Alain de Raemy, Pasteur, Fribourg Hansueli Raggenbass, Conseiller national PDC, Kesswil TG Christoph Ramstein-Roth, Lausen BL Peter Reusser, Responsable des Fabricants de joie, Seedorf BE Ewald Rieser, Pasteur, Zurich Meinrado Robbiani, Conseiller national PDC, Caslano TI Joseph Roduit, Abbé, Saint-Maurice VS Hans Ulrich Roth, Berne Bernehard Rothen, Pasteur, Bâle K. Rüedy, Médecin, Zurich Claude Ruey, Conseiller national Lib., Nyon VD Felix Ruther, Secrétaire général des GBEU, Zurich Paul Rutz, Pasteur, Soleure Giorgio Salvadè, Médecin, Lugano Josef Schärli, Beromünster Werner Schatz, Pasteur, Bâle Adrian Schenker, Professeur de théologie, Fribourg Ulrich Schlüer, Conseiller national UDC, Flaach ZH Georg Schmid, Professeur de théologie, Greifensee ZH Odilo Schmid, Conseiller national CSP, Brig-Glis VS Bernehard Schnyer, anc. Professeur, Fribourg Trudy Schnyder-König, travailleur social, Fribourg Annemarie Schobinger, Professeur, Fribourg Berneard Schumacher, Fribourg Chiara Simoneschi, Conseillère nationale PDC, TI Kurt Spiess, Président de l'Alliance Evangélique Suisse, St-Gall Christine Stuber, Pasteur, Berne Heiner Studer, Conseiller national PEV, Wettingen AG Anna Maria Sury, Locarno Denis Theurillat, Soleure, Roland-B. Trauffer, vicaire général, Soleure Felix Tschudi, Pasteur, Bâle, Guido Vergauwen, Fribourg Anton Nanzer, Médecin, Visp Paul Vollmar, Sarnen Peter Traub, Doyen, Hallau SH Giuseppe Torti, Lugano Benoit Vouilloz, Prévot, Martigny VS Christian Waber, Conseiller national EDU, Wasen BE Thomas Wallner, Conseiller d'Etat, Oberdorf SO Rico Wenger, Conseiller aux Etats UDC, Stein am Rhein SH Martin Werlen, Abbé, Einsiedeln Peter Wick, professeur de théologie, Bâle Monica Duca Widmer, Présidente des femmes PDC, TI, Manno TI Hans Werner Widrig, Conseiller national PDC, Bad Ragaz SG Guido A. Zäch, Conseiller national PDC, Zofingen AG Josef Zimmermann, vicaire général, Sion Thomas Zindel, responsable d'Athlets in Action, Meilen ZH.
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Il n'y a pas 36 façons de faire baisser le coût
de l'assurance maladie.
Seule une réduction du nombre de prestations d'une part, et en récompensant
les comportements responsables d'autre part, permettront d'avoir une influence
durable et concrète des coûts de la santé.
L'UDF a lancé une initiative populaire dans ce sens. Un grand nombre
de signatures sont encore nécessaires pour franchir la barre des 100
000 qui permettrait au peuple suisse de se prononcer.
D'avance, merci de signer et de faire signer cette initiative populaire autour
de vous.

RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS
Genève
Le 2 juin, oui au RMR genevois
Le 2 juin, les Genevois se prononceront au sujet de la «Loi sur le revenu
minimum de réinsertion et sur les contre-prestations des bénéficiaires»
(RMR). Cette loi a été acceptée par le Grand Conseil le
21 septembre 2001, mais après l'aboutissement d'un référendum,
les électeurs devront trancher.
Il s'agit d'un projet émanant de l'Etat, visant à remplacer l'assistance
publique passive, remboursable et non imposable, par une aide sociale exigeant
une contre-prestation du bénéficiaire, non remboursable, mais
imposable. La contre-prestation permettrait, outre de responsabiliser son bénéficiaire,
de favoriser sa réinsertion par une activité et la construction
d'un petit réseau de relations professionnelles et sociales.
Les référendaires ont émis quatre critiques à l'égard
de ce RMR : l'incitation au tourisme social, le cumul des prestations, l'incitation
au travail à temps partiel, et le risque de dumping salarial.
Ces critiques se révèlent infondées, puisque : premièrement,
l'Hospice général assurera le contrôle de la situation financière
du demandeur. Celui-ci devra résider depuis au moins cinq ans dans le
canton de Genève sans interruption s'il est Suisse, dix ans s'il est
étranger, et y payer ses impôts. De plus, un délai d'attente
de 120 jours est prévu. Deuxièmement, ceux qui reçoivent
d'autres prestations sociales, tels les rentiers AVS-AI touchant une rente complémentaire
(OCPA), les requérants d'asile et les étudiants, ne pourront bénéficier
de cette aide. Troisièmement, une réduction du temps de travail
ne donnera pas droit à une compensation par le RMR. Enfin, les prestations
de l'assistance publique n'ayant jamais exercé de pression sur les salaires,
le RMR n'en provoquera pas davantage. Il ne concernera que des personnes dont
le revenu annuel est inférieur au revenu minimum cantonal officiel.
Le Grand Conseil et le Conseil d'Etat inscrivent cette mesure dans la continuité
du processus de réforme de la politique sociale qu'ils ont entrepris
depuis dix ans, qui a commencé par assurer un revenu minimum aux rentiers
par les prestations de l'OCPA, puis aux chômeurs en fin de droit avec
le RMCAS. Le RMR constitue à cet égard, l'aboutissement de ce
processus. Il est logique, réfléchi, et bien construit.
L'UDF Genève vous encourage à le soutenir par votre «oui».
Dominique ArdellierVaud
Mots d'ordre
pour les votations cantonales
du 2 juinLa section vaudoise de l'UDF a pris position concernant les objets
cantonaux soumis en votation populaire le 2 juin prochain.
Initiative Vaud-Genève
Elle a décidé de rejeter l'initiative «Vaud-Genève»,
estimant que type d'initiative provenait principalement d'une mode importée
du secteur économique, qui ne tient pas compte des réalités
historiques et sociologiques propres aux deux cantons. L'UDF doute par ailleurs
que de réelles économies puissent être faites suite à
cette fusion. Elle estime toutefois nécessaire de poursuivre des collaborations
intercantonales, notamment dans les domaines hospitaliers et universitaires.
Indemnités des députés
L'UDF a également dit «non» à l'augmentation des indemnités
des députés. Même si ce projet aurait permis à un
plus grand nombre de personnes à revenus modestes de siéger au
Parlement vaudois, l'UDF estime que l'état actuel des finances cantonales
ne permet pas, pour l'instant du moins, une telle augmentation.
Statut des fonctionnaires
Concernant la révision de la Constitution vaudoise (suppression de la
nomination des fonctionnaires), l'UDF a décidé d'accorder la liberté
de vote. Cette révision ouvre la porte à une nouvelle loi sur
le personnel de l'Etat, appelée à remplacer le statut actuel,
et qui fera probablement l'objet d'un référendum de certains syndicats
au cas où cette modification constitutionnelle est approuvée.
Dans le cas contraire, cette loi deviendra sans objet. Dans le futur régime
du personnel de l'Etat, les contrats de travail seront basés sur le modèle
utilisé dans le secteur privé. Le principe d'indexation automatique
des salaires demeure, pour autant que le collaborateur donne satisfaction à
son employeur. Si, par certains aspects, ce nouveau régime engendrerait
une indéniable modernisation du statut des collaborateurs de l'Etat,
on peut en revanche craindre à terme une diminution du service public,
au détriment de la population économiquement faible ou moins favorisée.
Il conviendra en tous les cas d'éviter à cet égard des
évolutions telles que celles constatées au niveau fédéral
(Poste, CFF etc.).
Maximilien Bernhard
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RUBRIQUE: Etranger
France: Levée de boucliers à l'occasion
des présidentielles
Les Français ont élu leur président. Mais pas selon le
clivage gauche-droite, avec une alternance presque sans surprise. Il faut dire
que la campagne du premier tour s'est centrée presque exclusivement comme
une levée de boucliers contre l'insécurité. Le deuxième
tour a également été une levée de boucliers, mais
anti-Le Pen cette fois-ci. Les électeurs français n'ont pas voté
«pour», ils ont voté «contre».
Ce que leurs voix exigeaient, c'était un changement, mais pas n'importe
quel changement. Ils ne voulaient plus de Jacques Chirac, mais ils ne voulaient
pas vraiment Jean-Marie Le Pen non plus. Et finalement, pour sauvegarder la
démocratie, ils n'auront que Jacques Chirac... Mais Jacques Chirac l'a-t-il
compris? Va-t-il s'atteler aux changements réclamés par ses concitoyens?
Saura-t-il trouver les moyens efficaces qui redonneront confiance au peuple
français? La montée des extrêmes est un avertissement et
une réaction de crainte face au sentiment et au risque de perte de son
identité dans une Europe standardisée et multiculturelle, face
à une mondialisation économique impitoyable. Réaction instinctive
de repli sur soi, de protectionnisme, comme on en rencontre en relisant l'histoire
du monde, pour contrer les poussées d'ouverture et de libéralisme
jugées trop fortes et mettant en péril les Etats-nations.
Autre levée de boucliers, celle des jeunes, qui ont pris conscience de
la menace pour leur liberté s'ils offraient le pouvoir à Jean-Marie
Le Pen. Cette réaction saine et positive, ce réveil de la jeunesse
à l'intérêt et à l'action politique, s'est manifesté
notamment par leur présence dans la rue! Espérons que cet élan
soit suivi d'un engagement pour défendre des valeurs qui en valent la
peine.
Dominique Ardellier
Rubrique: rélexion
Une compassion coupable
Dans un pays bien tranquille, situé entre lacs et montagnes, les habitants
vivaient heureux et prospères. Pasteurs et curés se plaignaient,
ce qui est fort normal, du peu d'engagement de leurs fidèles. Mais les
églises se trouvaient encore au milieu du village, les autorités
étaient respectées, la violence condamnée, le divorce blâmé,
l'avortement réprimé.
Satan rongeait son frein. Comment donc flanquer la pagaille dans cette nation
si paisible. Quand un jour il eut une idée! Il chargea quelques mauvais
esprits d'inspirer les prédicateurs, sans qu'ils ne s'en aperçoivent
bien sûr. Ces derniers sans trop savoir pourquoi se mirent à prêcher
la compassion. Ils entreprirent de vastes campagnes d'évangélisation
pour déculpabiliser les gens des villes et des campagnes. Les paysans
furent les plus durs à évangéliser, mais la bonne nouvelle
gagna rapidement du terrain. La prédication de la grâce fit fureur.
Au nom de la compassion les adultères de tout poil furent félicités
pour leur courage, les casseurs de vitrine bastonnés par les gendarmes
devinrent les nouveaux martyrs, les avorteurs diplômés méritèrent
le nom de libérateurs. Malheur à ceux qui refusèrent de
prêcher le nouvel évangile de la compassion.
Quelques-uns pourtant se levèrent avec un autre message. Courageusement
ils dénoncèrent l'avortement, l'adultère, la violence.
Ils devenaient dangereux. Aux yeux de Satan il fallait agir vite. Comment, sinon
en délégant à nouveau quelques mauvais esprits auprès
des prédicateurs patentés et médiatisés. Ces derniers,
sans trop savoir pourquoi se mirent à attaquer ces dernières poches
de résistance au grand message de la compassion. Sous la mitraille des
mots les plus explosifs : intégristes, fondamentalistes, sectaires et
j'en passe... ils les réduisirent au silence. Tout au moins le peuple
averti ne les écouta plus !
Alors un événement imprévisible se produisit. Jésus
avait déclaré : s'ils se taisent... les pierres crieront !
Ce pays autrefois paisible et prospère fut travaillé par des questions
financières presque insolubles. Durant des années, des économistes
chevronnés se penchèrent sur ce problème de plus en plus
grave. Des efforts furent demandés à tous. Les Eglises elles-mêmes
furent invitées à devenir prophétiques sur le plan financier.
Les responsables invitèrent leurs ouailles à aller jusqu'au bout
du message de la compassion et de l'étendre à l'Etat au bord de
la faillite. Des sacrifices nombreux furent entrepris... sans succès.
Les pierres se mirent alors à crier : Si la caisse de l'Etat est devenue
un véritable tonneau des danaïdes, mettez votre tête à
l'intérieur et observez bien : elle perd par le fond, et le fond ce sont
les familles de ce pays. Souvenez-vous de vos anciens prophètes : «que
toutes les maisons du pays soient solides et le pays sera solide lui aussi»
(C.F. Ramuz). Voyez les courbes établies par vos statisticiens : celle
du divorce augmente comme celle de la cohabitation. Elles ont pris l'ascenseur
en parallèle comme celles de la violence et des suicides des jeunes.
Et les pierres eurent l'audace de dire : Le divorce est une malédiction.
plus encore , le message de la compassion tel que vous l'avez prêché
est une abomination car il a produit ce que vous voyez maintenant ! Comment
avez-vous pu avoir compassion des mauvais esprits, ceux de l'adultère,
de la violence et de l'avortement ! Ne voyez-vous pas que ces esprits vous ont
bernés ? Haïssez-les plutôt.
Voulez-vous proclamer la vraie compassion, remettez-vous à prêcher
l'obéissance à la Parole de Dieu. Et redites très fort
à ceux qui reconnaissent avoir désobéi : le Christ dans
ses compassions a le pouvoir de vous pardonner et de vous libérer. Va
et ne pèche plus !
Que cette vraie compassion brûle enfin le bois sec de vos compassions
coupables !
Guy Chautems,
pasteur EERV, Oïkos
