L'UDF édite Impulsion. Ce journal, qui paraît entre cinq et
neuf fois par an, informe de l'actualité politique suisse et de l'action
de l'UDF au niveau fédéral et dans les différents cantons
romands. Chaque édition contient également une interview.
Edition actuelle 4/04 - juillet 2004 :
- Edito : Quel avenir pour la concordance?
- Nationale : L'UDF lance un référendum contre le PACS
- L'UDF dans les cantons : Les Fribourgeois ont une nouvelle Constitution
- Réflexion : L'UDF, un parti religieux ou un parti de croyants?
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Edition actuelle 4/04 - juillet 2004
RUBRIQUE EDITO
Quel avenir pour la concordance?
Depuis le début de l'année, notre gouvernement a essuyé six défaites en votation populaire sur autant d'objets soumis au scrutin. La Suisse serait-elle devenue ingouvernable avec le système de concordance? C'est sûr, ce dernier, si cher au cœur des Helvètes, a du plomb dans l'aile. Jusqu'aux élections fédérales de 2003, le centre de l'échiquier politique pouvait se targuer de gouverner notre pays, faisant tantôt pencher la balance à droite, et tantôt à gauche, permettant ainsi aux propositions des diverses tendances politiques de passer la rampe. Mais aujourd'hui, les choses sont plus difficiles. Le centre s'est considérablement affaibli, victime de la forte polarisation politique de notre pays, n'arrivant de ce fait plus à maintenir le consensus.
Les votations fédérales du 26 septembre prochain, portant sur la naturalisation facilitée et le congé-maternité, seront un test important pour notre système politique. Si la population devait à nouveau désavouer le Conseil fédéral, les partis composant ce dernier se remettront à table pour faire des propositions. Et il est fort à parier que certains n'hésiteront pas à proposer un système d'alternance gauche/droite qui permettrait à une majorité de gouverner et à une minorité de s'opposer, modèle calqué sur celui de nos voisins européens. Ce modèle serait néanmoins pris au otage par nos droits populaires, notamment en ce qui concerne le référendum facultatif. Imaginons que l'opposition fasse systématiquement barrage à la majorité par voie de référendum. Si pratiquement il serait difficile de mobiliser en permanence les sympathisants pour les récoltes de signatures, il serait vraisemblablement aussi difficile pour une majorité de gouverner de manière sereine.
Le système d'alternance supplanterait le principe de concordance auquel une majorité de nos concitoyens demeure pourtant attachée. Bien que certains reprochent à ce dernier système de ne pas donner suffisamment de couleurs à la politique nationale, il ne faut pas oublier qu'il a été source de grande stabilité politique dans notre pays. Dans l'hypothèse où le parlement fédéral entrerait en matière sur un changement de système, nos parlementaires feraient bien de réfléchir à deux fois avant d'enterrer définitivement la concordance.
Maximilien Bernhard
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RUBRIQUE: Nationale
L'UDF lance un référendum contre le PACS
Le 10 juin dernier, les Chambres fédérales ont accepté la nouvelle Loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe appelé plus communément "Pacs" fédéral. L'Union Démocratique Fédérale (UDF) a lancé le référendum, considérant que cette loi n'est pas acceptable. Appuyée par plusieurs associations et représentants d'autres partis politiques (PEV, PDC, UDC et Parti chrétien conservateur), elle a jusqu'à fin septembre pour récolter 50 000 signatures. Dix bonnes raisons contre le partenariat enregistré :
1. Dénigrement des valeurs
Le projet de loi est inacceptable, parce qu'il heurte en profondeur les valeurs de la famille. Cette dernière est la base de toute société. Un nouvel état civil pour les couples homosexuels n'est pas favorable à la société.
2. Affaiblissement de la famille
Le projet de loi est inacceptable, car il affaiblit inexorablement la famille traditionnelle. Plutôt que d'affaiblir cette dernière en lui opposant des formes de partenariat, les autorités politiques et juridiques doivent la privilégier clairement, tant juridiquement que financièrement. Elles doivent aussi donner à l'enfant un cadre naturel lui permettant de se développer, et de devenir ainsi un adulte capable de s'intégrer dans la société.
3. Mariage "bis"
Vu la quasi-égalité de droits accordés aux couples homosexuels par rapport aux couples hétérosexuels, il conviendrait maintenant, sur le plan juridique, de parler bel et bien de mariage "bis" homosexuel, et non plus de partenariat. Cela permettra à la population de prendre réellement conscience des enjeux qui entourent le "Pacs" fédéral.
4. Porte ouverte à l'adoption
Un tel partenariat enregistré aura tôt ou tard pour conséquence d'ouvrir la porte à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, comme ce fut le cas au Danemark, en Island, en Suède et aux Pays-Bas. L'Art. 27 al. 1 de la loi le démontre: "Lorsque l'un des partenaires a des enfants, l'autre est tenu de l'assister de façon appropriée dans l'accomplissement de son obligation d'entretien et dans l'exercice de l'autorité parentale et de le représenter lorsque les circonstances l'exigent. Les droits des parents sont garantis dans tous les cas". Plusieurs associations homosexuelles ont déjà revendiqué le droit d'adopter des enfants. On peut d'ores et déjà penser que la procréation médicalement assistée sera à son tour revendiquée.
5. Confusion pour les jeunes générations
Les enfants ayant deux pères ou deux mères seraient confrontés à des problèmes socioculturels considérables, ce d'autant plus qu'il a fallu un homme et une femme pour les concevoir. Le bien de l'enfant doit dès lors être considéré en premier lieu. Le mariage entre un homme et une femme basé sur l'amour, la fidélité et le respect réciproque est la seule institution qui assure l'avenir et la pérennité de la société. C'est le cadre dans lequel l'enfant peut naître en espérant recevoir amour et affection garants de son développement, de son épanouissement et de son équilibre personnel. La majorité des pédopsychiatres reconnaissent que l'enfant a besoin pour son développement d'un référent masculin et féminin.
6. Cadre légal suffisant
La société tolère que des personnes aux penchants homosexuels vivent ensemble. Considération et respect leur sont dus. Les personnes homosexuelles jouissent de l'entière protection de la Constitution fédérale.
Un nouvel état civil n'est pas nécessaire. Les relations réciproques (par exemple assistance mutuelle, dispositions relatives à la représentation, droit successoral) peuvent déjà aujourd'hui être réglées librement et suffisamment dans le cadre des lois existantes. Les manquements éventuels peuvent être comblés par des interventions ponctuelles dans la loi.
7. Nouvelles inégalités
Le partenariat enregistré cherche à forcer une mise sur pied d'égalité sur le plan juridique, tout en créant par là de nouvelles inégalités, par exemple à l'égard d'autres formes de vie commune. Celles-ci seraient juridiquement et financièrement défavorisées par rapport aux partenaires de même sexe.
8. Mesure disproportionnée
Très peu de couples devraient profiter de ce nouvel instrument légal. En Allemagne par exemple, seulement env. 8000 couples ont eu recours à cette loi pendant les trois premières années (0,6% des homosexuels ou 0,02 % de la population au-dessus de 18 ans; estimations sur la base des chiffres actuels). En Suisse cela devrait correspondre à env. 700 couples pour les trois premières années. L'expérience montre que l'intérêt se réduit encore par la suite. Il apparaît donc que l'effort nécessaire pour adapter une centaine de textes législatifs au niveau fédéral, cantonal et communal est absolument disproportionné.
9. Sphère privée
En France, un maire a été suspendu de ses fonctions après avoir célébré un mariage homosexuel. On peut aisément penser que l'acceptation du "Pacs" fédéral aujourd'hui mettra demain la population au pied du mur en ce qui concerne les cérémonies de mariage. Ce genre d'événement est éthiquement indéfendable. Le choix de vie des couples homosexuels dépend avant tout de la sphère privée. Par conséquent, ce mode de vie ne doit pas être ancré dans la loi.
10. Revendications symboliques
Il est évident que les revendications de la communauté homosexuelle relèvent d'abord d'une motivation symbolique plus que juridique. Les homosexuels ont une dignité. Ils ont droit au respect et à la considération de la population. Mais cela ne doit pas impérativement passer par un statut identique à celui du couple naturel.
L'UDF vous invite par conséquent à signer et faire signer le référendum ci-joint à un plus grand nombre de personnes possible, et de le renvoyez le plus rapidement possible.
(comm)
Ndlr: le dimanche 23 mai dernier, Jean-Luc Ruffieux, président de l'UDF Genève, s'est exprimé sur le Pacs fédéral lors de l'émission "Mise au point" de la TSR. Plusieurs membres et sympathisants de l'UDF ont réagi suite à ses déclarations, estimant que certains de ses propos étaient inadéquats. Bien que s'exprimant au nom de l'UDF Genève, le secrétariat romand de l'UDF tient à préciser que Jean-Luc Ruffieux a fait part, dans quelques-unes de ses déclarations, de son opinion personnelle sur le Pacs fédéral. Ces déclarations n'étaient pas représentatives de la position officielle de l'UDF.
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Mobilisons-nous pour le référendum
OLe comité genevois désire encourager tous les membres de la section UDF-GE, les lecteurs genevois d'Impulsion et tous les chrétiens, à participer activement au référendum qui vient d'être lancé par l'UDF contre le PACS (partenariat homosexuel) au niveau fédéral. Certaines sections du PDC et de l'UDC nous ont déjà assuré leur soutien.
Il ne s'agit pas de faire de la politique dans les Eglises, mais d'encourager les chrétiens à se mobiliser sur un thème éthique, pour lequel Dieu a pris clairement position dans sa Parole. C'est à nous croyants, d'être "la lumière du monde" (Matthieu 5, 15). "On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison".
C'est pourquoi Jean-Luc Ruffieux, président de l'UDF à Genève, nous encourage tous à simplement expliquer de façon constructive et intelligente, avec l'amour de Dieu, l'avantage des valeurs chrétiennes, sans craindre les réactions. "Car ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné; au contraire, son Esprit nous remplit de force, d'amour et de sagesse. N'aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur" (2 Timothée 1, 7-8).
Participer n'est pas aussi difficile qu'on le croit. Il s'agit de prier pour ce sujet, et de récolter des signatures. Si chacun prend deux à trois feuilles à faire signer et récolte dix ou vingt signatures dans son entourage (famille, voisinage, collègues, amis, Eglise), nous arriverons aux 50 000 signatures nécessaires pour que l'objet soit soumis en votation populaire.
Pour obtenir des formulaires de signatures supplémentaires, adressez un petit mot avec vos coordonnées à l'adresse de notre section : UDF Genève, CP 43, 1226 Thônex.
Nous cherchons aussi des personnes qui accepteraient de se joindre au comité pour des récoltes ponctuelles de signatures en un lieu précis, ou qui auraient à cœur d'organiser elles-mêmes de telles récoltes dans leur quartier. Merci d'avance pour votre engagement.
Dominique Ardellier
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La loi sur les stupéfiants partie en fumée
Le 15 juin dernier, c'est par 102 voix contre 92 et 2 absentions que le Conseil national a refusé pour la seconde fois d'entrer en matière sur la révision de la Loi sur les stupéfiants. En maintenant sa décision de septembre 2003, il enterrait définitivement le projet qui prévoyait la dépénalisation de la consommation de cannabis et l'ancrage de la distribution d'héroïne dans la loi.
Bien que le vote final ait été serré, cette décision satisfait pleinement l'UDF, qui s'est toujours opposée à ce projet de loi. Votre secrétaire romand est particulièrement heureux de ce résultat car il s'est beaucoup investi sur ce dossier dans le cadre du Comité romand contre la révision de la LStup.
Raisons multiples
Plusieurs raisons ont poussé les Conseillers nationaux à refuser l'entrée en matière. Tout, d'abord, le récent appel à l'aide des enseignants et des éducateurs a été entendu. A l'instar des autorités judiciaires, ils peuvent désormais s'appuyer sur une décision politique claire et sans équivoque. Il y a eu aussi la razzia effectuée par la police dans les 75 boutiques tessinoises qui vendaient de la marijuana. La découverte des 30 000 plants de chanvre au Val-de-Travers et le démantèlement d'un réseau ont probablement troublé les esprits des élus. Enfin, un changement radical de l'opinion publique a eu lieu ces derniers mois. Ces éléments ont engendré du scepticisme à l'égard de la dépénalisation de la consommation de cannabis.
Changement de cap
Le laxisme qui a prévalu ces dernières années va devoir se rebiffer. L'UDF demande une application stricte de la loi existante ainsi qu'un renforcement de la prévention, des soins et de la répression. L'abstinence doit redevenir le but ultime des actions entreprises dans le domaine de la drogue.
Contrairement à ce que certains ont pu avancer, le refus du projet de loi ne crée pas de vide juridique. Les dispositions actuelles sont suffisantes pour œuvrer dans les trois axes précités. L'arrêté urgent sur la distribution d'héroïne a été reconduit jusqu'en 2009. L'UDF ne manquera pas, le moment venu, de remettre en question cette soi-disant thérapie.
D'autres projets annoncés
A court terme, peu de changements auront lieu dans le domaine des stupéfiants. Le PDC proposera un toilettage de la loi, notamment en demandant de ne plus réprimer les consommateurs de cannabis que par des amendes. Bien que l'on puisse se réjouir de la décision du Conseil national, on sait que le lobby de la drogue n'en restera pas là puisqu'il prévoit de lancer une initiative populaire dans le but de dépénaliser la consommation de drogue, initiative semblable à celle de Droleg qui avait été rejetée à l'époque par une partie importante de la population. L'UDF, dont l'engagement dans ce domaine ne tarira pas, donne donc rendez-vous aux initiants, si et lorsque leur texte passera en votation.
Maximilien Bernhard
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Sans foi ni loi
Aujourd'hui les gens veulent "vivre", sans foi ni loi. Sans foi, beaucoup y sont déjà parvenus; et la Constitution européenne qui est en train de se mettre en place, excluant Dieu face aux froits de l'Homme, ancrera cette attitude dans la normalité. Sans loi, c'est plus difficile ! Alors la stratégie est de faire pression sur le gouvernement et les électeurs pour adapter les lois aux mœurs de notre temps. C'est ainsi que le PACS (partenariat homosexuel) vient de passer la rampe au vote du conseil des Etats en Suisse.
Relisant les chapitres 5 et 6 de la Genèse, j'ai constaté combien les hommes, dès le commencement, se sont détachés de Dieu pour vivre à leur manière. Pour chaque homme mentionné, génération après génération, le rapport est bref : "Il vécut... puis mourut". Seuls deux hommes sortent du lot : Hénoc (5, 24) et Noé (6, 9). Ce qui les différencie? Ils marchaient avec Dieu. Le verset 9 précise ce que cela veut dire : "Noé était un homme juste et intègre en son temps". Et Hébreux 11, 5 nous dit qu'Hénoc avait la foi et qu'il était agréable à Dieu.
Aujourd'hui l'argument clé est "il faut vivre avec son temps". La loi ne correspond plus à la réalité ? Changeons la loi ! Mais vivons-nous mieux ainsi ? Le monde est-il meilleur depuis l'autorisation de l'avortement ? Est-ce qu'il va mieux avec le PACS ? Est-ce qu'il ira mieux si la drogue est dépénalisée ? Non. Pour répondre aux désirs de certains, la loi s'abaisse au niveau des dérèglements. Résultat : la société tombe toujours plus bas, va toujours plus mal. Les divorces augmentent, les dépendances augmentent, les maladies psychiques augmentent, la violence augmente. S'il n'y a plus de pénalité judiciaire, il y a une pénalité morale, affective, spirituelle. Car l'homme sait bien et sent bien au fond de son cœur qu'il n'est pas fait pour cela.
Quand on marche avec Dieu, c'est la loi qui détermine la pratique et non l'inverse (Lév. 18, 4 ; Rom. 2, 13). Dieu notre Créateur, a pris soin de nous donner dans sa sagesse, un ensemble de lois fondamentales (dans la Bible), destinées à être mises en pratique pour notre bien. Et Jésus son fils, nous a donné le modèle de leur mise en pratique. Nos Constitutions ("ensemble des lois fondamentales" selon le dictionnaire) et nos politiques ("ensemble des pratiques et déterminations du gouvernement") ne feraient-elles pas mieux de s'en inspirer pour le bien de tous ?
"Car je te prescris aujourd'hui d'aimer l'Eternel ton Dieu, de marcher dans ses voies et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Eternel ton Dieu te bénisse" (Deut. 30, 16)
Dominique Ardellier
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RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS
Les Fribourgeois ont une nouvelle Constitution
Le 16 mai dernier, le Peuple fribourgeois a accepté le projet de la nouvelle Constitution cantonale. Cette Constitution entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Elle continue de susciter de multiples controverses.
Dès le préambule, on se rend compte de la complexité de l'environnement social, culturel et religieux auquel le canton de Fribourg doit faire face: " Nous, peuple du canton de Fribourg, croyant en Dieu ou puisant nos valeurs à d'autres sources, conscients de notre responsabilité envers les générations futures (...), nous nous donnons la présente Constitution". Cet engagement témoigne d'une réelle responsabilité envers nos jeunes et nos enfants. Puissions-nous toujours nous en souvenir. La solidarité et la famille sont bien entendus des points importants dans ce texte, mais laissent passablement de champ libre aux autres formes de vie commune.
La liberté de choisir une autre forme de vie en commun que le mariage est reconnue. Le droit d'enregistrer un partenariat pour les couples de même sexe est garanti. (Art. 14). Ainsi la Constitution fribourgeoise garantit le partenariat enregistré pour les couples de même sexe, alors qu'un référendum est actuellement en cours au niveau fédéral.
Le canton de Fribourg se veut également avant-gardiste dans le domaine de l'assurance-maternité pour toutes les femmes. Cela sera également valable pour les femmes n'ayant pas d'activités lucratives et pour les femmes qui recourront à l'adoption (Art. 33). Reste une question ouverte et non des moindres : comment le canton va-t-il pouvoir concrétiser d'une manière pratique, mais surtout financière cette disposition dans la réalité ?
Les étrangers vivants parmi nous sont également à l'honneur, puisque dès 2006, ils pourront être électeurs et candidats au niveau des scrutins communaux (Art. 48 et 131). Ils devront néanmoins bénéficier d'une autorisation d'établissement ou avoir vécu au moins cinq ans en territoire fribourgeois.
La Constitution fribourgeoise représente un réel défi pour les chrétiens de notre canton. Controversée, elle reflète l'état actuel de notre société, avec ses problèmes et ses paradoxes politico-sociaux Nous avons adopté une certaine façon de vivre et de percevoir le monde que nous ne pouvons, semble-t-il, plus changer. Notre environnement a poussé les Fribourgeois à se donner une nouvelle Constitution, en y incluant leurs préoccupations de tous les jours.
Que faire envers la violence, le racisme et la drogue ? Comment venir en aide aux défavorisés, aux personnes âgées ? Comment permettre une intégration appropriée aux étrangers vivants parmi nous ? De telles questions auxquelles le canton de Fribourg tente de donner un début de réponse -parfois très positif- démontre que dans bien des domaines, l'être humain est dépassé par les événements et les revendications.
Pour nous autres chrétiens, ces questions ne diffèrent pas. A ceci prêt que nous connaissons une autre forme de Constitution, celle qui nous a été offerte par celui qui possède les réponses à toutes nos questions. Car Dieu s'est lui-même engagé envers sa création par une alliance et un code de bonne conduite, afin qu'elle et le canton de Fribourg puissent vivre dans la paix et être heureux.
Murielle Menoud,
membre du comité UDF Fribourg
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Portrait de Markus Wäfler, second Conseiller national UDF
Carte d'identité
Markus Wäfler est né en 1948 dans le Simmental (Berne). Après une formation agricole à Marcellin (Vaud) puis le technicum à Zollikofen (Berne), il est actif depuis trente ans dans le domaine de la recherche sur les insecticides. Tout d'abord auprès de la société Maag AG, puis Ciba-Geigy, Novartis et aujourd'hui Sygenta.
Marié depuis trente ans, Markus Wäfler est également père de six enfants, et grand-père de deux garçons et une fille.
Il fréquente une communauté méthodiste et vit dans le canton de Zurich.
Au niveau politique, il a assuré la présidence de la commission de gestion de la commune de Schleinikon, de 1998 à 2003, il a siégé au sein de la Constituante zurichoise de 2000 à 2003. Enfin, il est, depuis octobre dernier, Conseiller national UDF.
Markus Wäfler, vous avez été élu en octobre dernier au Conseil national. Quel est votre principal objectif pour cette législature?
- Reposer toujours les mêmes questions de fond : comment se présente telle situation, tel problème ou tel projet dans une perspective divine? Autrement dit, que pense Dieu de nos décisions ?
Les Conseillers nationaux ont la réputation d'être des défenseurs d'intérêts particuliers. Quels intérêts, quels groupes ou quelle partie de la population défendez-vous à Berne?
- Je suis un évangélique de tendance plutôt bourgeoise et libérale. Les domaines dont j'aimerais me préoccuper sont la famille, la jeunesse, les finances, l'économie, l'agriculture, ainsi que les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution (liberté de conscience et religieuse, liberté d'opinion, liberté de réunion, culture, etc.).
Après deux sessions, quelles sont vos meilleure et moins bonne expériences?
- Peut-être tout d'abord la moins bonne : je constate avec déception la nonchalance avec laquelle le parlement et le gouvernement passent par-dessus des droits constitutionnels. Ce fut le cas par exemple pour la recherche sur les embryons, la révision de la loi sur les stupéfiants, la transplantation d'organes, etc. Il manque clairement une instance juridique constitutionnelle au niveau fédéral. Le bon accueil et les contacts personnels avec les autres parlementaires constituent en revanche une expérience très positive.
Etes-vous un spécialiste ou un généraliste?
- Actuellement, je suis plutôt généraliste. Mais cela pourrait bien changer avec le temps en direction des domaines précités. Quoi qu'il en soit, je n'aimerais pas perdre la vue d'ensemble par le fait d'une spécialisation.
Comment vous êtes-vous intéressé à la politique?
- Depuis ma scolarité, je me suis toujours intéressé à l'histoire, la géographie, les cours civiques et à la politique. J'ai rapidement compris que ces domaines étaient intimement liés à la construction et à l'influence de la société.
De plus, je suis convaincu, que les chrétiens doivent prendre au sérieux leur responsabilité dans le cadre des institutions et des possibilités d'engagement au profit de la société. Ces dernières sont nombreuses et accessibles en Suisse.
Mon engagement à l'UDF s'explique par le fait que la ligne et les positions politiques du parti correspondent assez bien à mes propres convictions.
Vous êtes engagé depuis un certain nombre d'années à l'UDF. A quoi les partis de chrétiens servent-ils en Suisse?
- Je suis membre de l'UDF depuis le début des années 80. Un parti chrétien peut représenter un avantage pour un engagement chrétien en politique. Mais ce n'est pas forcément le cas. Ce qui importe, c'est que les chrétiens s'engagent dans un parti dont ils se sentent proches.
Pourquoi les chrétiens devraient-ils s'intéresser à la politique?
- Nous sommes tous - chrétiens ou non- co-responsables de la situation actuelle de notre société. Dans un pays avec un aussi grand nombre de possibilités d'influences démocratiques, nous ne pouvons tout simplement pas laisser d'autres endosser la responsabilité des circonstances insatisfaisantes. Nous les chrétiens sommes également coupables par notre silence et notre abstention politique.
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Rubrique : Réflexion
L'UDF, un parti religieux ou un parti de croyants?
La notion "d'usage impropre des mots" dans le discours politique est un objet d'étude tant pour les politologues que pour les linguistes. Des chercheurs ont croisé cet usage impropre avec un mécanisme de traitement "furtif" de l'information identifié par la psychologie cognitive, à savoir que, en cas d'incohérence apparente, l'esprit occulte certaines informations pour reconstruire un sens approprié au contexte. Ainsi un discours partisan, populiste ou tendancieux cache son incohérence par l'utilisation de termes généraux vidés de leur substance et dont le concept devient flou.
Notre faculté de raisonnement, soumise à la loi du moindre effort propre à l'être humain, ne perçoit alors pas cet usage impropre de termes à priori nobles. Quelques exemples : le terme "démocratie" est souvent repris par l'administration américaine pour justifier son intervention en Irak. Dans ce contexte, "démocratie" n'a plus grand'chose à voir avec sa signification (un système politique où le peuple prend une part active aux décisions), mais s'apparente plus à un système où les intérêts vitaux américains sont garantis, notamment par la liberté d'investir. Autre exemple, celui du terme "guérilla" qui, même sanglante, pourrait être qualifiée de "mouvement de combattants pour la liberté". On entend également parler d'une recrudescence de " l'antisémitisme" dans les populations arabes d'Europe occidentale, histoire de réveiller un vieux démon européen du temps de ses nationalismes, alors que ce terme est complètement inapproprié pour des individus eux-mêmes sémites.
Religion ou foi
Cette réflexion sur l'usage des mots m'amène à deux termes auxquels un chrétien est souvent confronté : religion et foi. Religion vient du latin religio signifiant "attention scrupuleuse, vénération". La religion s'assimile à un ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'humain avec le sacré ainsi que les pratiques et les rites propres à chacune de ces croyances. Une personne ou un parti qualifié de "religieux" connote bien souvent quelque chose qui préconise et applique des règles et concepts religieux d'une manière stricte et légaliste, sans qu'une joie de vivre ne se dégage de l'application de ces règles. La connotation devient encore plus négative lorsque "religieux" est complété de l'adjectif "fondamentaliste", soit lorsque ces règles sont appliquées en faisant fi de tout contexte.
Foi vient quant à elle du latin fides, "confiance, croyance", mais aussi "fidèle". Le croyant en la Bonne Nouvelle du salut par Jésus-Christ ne s'apparente pas vraiment à un "religieux". Il se sait au contraire limité, imparfait, et par conséquent il ne peut pas par ses propres efforts changer quoi que ce soit à la condition pécheresse. Par conséquent, il croit que c'est par la grâce de Dieu qu'il est sauvé. Celui qui a la foi a confiance que Dieu ne l'abandonne pas dans les difficultés du moment, et que ce dernier tient toutes choses dans ses mains. Il est aussi fidèle à l'écoute de la voix et à l'obéissance de la parole divine. Cette relation intime avec son Dieu rend inutile tout acte religieux dans le but d'obtenir l'acceptation de Dieu ou des hommes. On a alors affaire à quelqu'un qui ne vit pas sous le "poids de la religion", mais dans la joie de la grâce. C'est ainsi qu'il peut être sel qui donne de la saveur et lumière qui brille.
Et l'UDF?
Alors l'UDF, parti religieux ou parti de croyants ? Avant d'être membre d'un parti politique composé de chrétiens, nous sommes membres d'un même Corps, celui du Christ. Nous sommes appelés à agir avec foi, espérance et amour, et ce dans tous les domaines de la société moderne: famille, travail, communauté, sports, médias, arts, politique. Les uns plus doués dans un domaine, les autres dans un autre; mais tous sont désireux d'agir pour la gloire de Dieu.
La réponse à la question de départ ne se trouve donc pas dans l'usage des mots, mais dans la motivation des actes.
Stéphane Derron, secrétaire politique de l'UDF
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Rubrique : Agenda
Congrès annuel UDF Vaud
Mercredi 1er septembre à 19h à Gland
Complexe scolaire de Grand-Champ, Salle des Expositions,
Il sera suivi à 20h15 d'une conférence - débat publique -
sur le thème du retour des notes à l'école
Entrée libre
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Visite organisée du Palais fédéral
L'UDF Valais a le plaisir de vous inviter à visiter le Palais fédéral durant la session d'automne.
date: lundi 20 septembre 2004
départ depuis Valais, Vaud et Fribourg
renseignements et inscriptions auprès de :
Pierre Cavin, tél. 027 346 19 11, picav@netplus.ch
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