Recevoir Impulsions?
|
Edition actuelle 3/00- septembre 2000
Éditorial
Accords bilatéraux: explications
Le 21 mai dernier, notre pays a dit 'oui' aux
accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union Européenne
(UE). L'UDF romande était favorable à ces accords,
estimant qu'il s'agissait d'une réelle alternative à
l'adhésion de la Suisse à l'Union Européenne.
Une fois les résultats connus, l'UDF a demandé au
Conseil fédéral le retrait du dossier de candidature
à l'adhésion à l'UE. L'UDF a précisé
que, par leur vote, les Suisses avaient démontré
clairement qu'ils préféraient le développement
de relations bilatérales avec leurs voisins européens
dans une volonté de compréhension mutuelle, plutôt
que la voie de l'adhésion. Les Suisses ont ainsi estimé
que les bilatérales leur permet d'assurer la souveraineté
et l'indépendance de la Suisse dans les années à
venir.
Quelques lecteurs et sympathisants de l'UDF nous ont fait part
de leur étonnement face au soutien de l'UDF romande à
ces accords bilatéraux. Cela méritait donc bien
une explication. Les évènements qui ont suivi la
votation populaire ont été riches en enseignements.
Tout d'abord, le Conseil national a rejeté l'initiative
'Oui à l'Europe'. Ce même Conseil a accepté
de justesse un contre-projet à l'initiative visant à
soutenir 'l'objectif stratégique' du Conseil
fédéral concernant l'adhésion de la Suisse
à l'Union Européenne. Puis ce fut au tour du Conseil
des Etats, qui a rejeté en bloc les deux objets qui lui
étaient proposés. Il a estimé lui aussi qu'il
n'était pas opportun d'entrer en matière pour l'adhésion
à l'UE et qu'il fallait tout d'abord évaluer l'impact
des accords bilatéraux sur notre pays. Il a également
laissé entendre que 'la voie des bilatérales
serait peut-être meilleure pour la Suisse'.
Le contre-projet va donc repartir au Conseil national qui devra
à nouveau plancher sur le sujet. Si aucun terrain d'entente
n'est trouvé entre les deux Conseils lors de la prochaine
session des chambres fédérales en automne, l'initiative
'Oui à l'Europe', sera probablement soumise
au peuple rapidement, enterrant momentanément le dossier
de l'adhésion. Et c'est précisément l'objectif
visé par l'UDF lorsqu'il invitait à soutenir les
accords bilatéraux.
Maximilien Bernhard
RUBRIQUE: POLITIQUE NATIONALE
Solution des délais: première victoire encourageante
L'initiative parlementaire pour la 'solution des délais'
déposée il y a 7 ans par la socialiste Barbara Haering-Binder
demandait que l'avortement soit rendu légal pendant les
14 premières semaines de la grossesse. La majorité
des cantons autorisent l'interruption de grossesse (IVG) en interprétant
largement la notion de 'menace pour la santé de la
mère' (loi de 1942) et 12000 avortements par an sont
ainsi pratiqués en Suisse. La solution des délais
a été acceptée il y a deux ans par le Conseil
national. Mais le 20 juin de cette année, le Conseil des
Etats l'a rejetée par 25 voix contre 18.
De son côté, l'initiative 'Pour la mère
et l'enfant', soutenue par l'UDF, a abouti en automne 1999.
Elle vise à interdire l'avortement à moins que la
vie de la mère ne soit réellement en danger. Tenant
compte de cette initiative, les conseillers d'Etat UDC, PDC et
l'aile conservatrice du Parti radical ont décidé
de présenter en votation les deux initiatives en même
temps. Et comme le Conseil fédéral a annoncé
qu'il allait élaborer un contre-projet, les sénateurs
ont renvoyé la 'solution des délais'
en commission. Ruth Metzler a rappelé que le Conseil fédéral
était reticent à laisser les femmes seules juges
de leur grossesse. Et les Etats ont chargé la commission
de mettre en balance les intérêts de la mère
et ceux de l'enfant à naître, et d'examiner l'opportunité
d'une loi spéciale pour 'protéger la grossesse'.
Le contre-projet devrait donc être moins libéral
que la solution des délais.
Ce rejet du 20 juin est une première victoire. Il montre
que la lutte doit continuer. Pour l'enfant, parce qu'à
14 semaines, son développement est très avancé.
Ses organes fonctionnent, son squelette et ses membres sont formés.
Il est sensible au toucher, peut tourner la tête, froncer
les sourcils, remuer les poignets, avaler. Pour la mère
aussi, puisque le Planning Familial rien qu'à Genève
compte 4000 entretiens de soutien psychologique par an,
pour celles qui ont demandé une IVG. Le service remarque
que certaines viennent des années après, ce qui
prouve que cet acte n'est ni banal ni inoffensif pour elles.
Dominique Ardellier
Retour en hautHéroïne remboursée par les caisses-maladie: résistance
La décision de l'OFAS de mettre à la charge de
l'assurance-maladie la distribution d'héroïne à
des toxicomanes continue de susciter l'indignation. Le Concordat
des assureurs-maladie et des parlementaires organisent la résistance
contre cette décision scélérate.
Selon un sondage de l'institut Demoscope, plus de 60% des personnes
interrogées refusent que l'assurance-maladie prenne en
charge la distribution de la dope fédérale. Ce taux
monte à 96% dans un sondage réalisé par le
journal Brückenbauer et portant sur 4498 appels téléphoniques.
Dans le prolongement de la réaction du Concordat des assureurs-maladie,
qui s'est dit 'consterné' par la décision
fédérale, le directeur général d'une
grande entreprise suisse de la restauration demande au directeur
de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS),
M. Otto Piller, de renoncer à son projet. Les arguments
de ce chef d'entreprise ne manquent pas de pertinence: 'Comme
aucune pression visant à l'abstinence n'est exercée,
ni aucune limite mise à la distribution, on peut s'attendre
à voir grossir régulièrement l'effectif des
personnes dépendantes au bénéfice de ces
mesures'. Dans ces conditions, ajoute-t-il, 'c'est
vraiment se moquer des assurés que de vouloir leur faire
supporter un coût qui ressort de la politique de la drogue
et non de la santé. De telles décisions contribuent
à jeter le discrédit sur les autorités fédérales'.
L'OFAS a annoncé sa décision alors que l'héroïne
n'est même pas enregistrée comme 'médicament'
auprès de l'Office intercantonal de contrôle des
médicaments. Un recours contre l'admission de cet opiacé
sur la liste des médicaments remboursables sera très
vraisemblablement déposé auprès de la Commission
fédérale de recours en matière de liste des
spécialités, à Lausanne. En cas de décision
négative de cette commission, un recours serait alors présenté
au Tribunal fédéral des assurances, à Lucerne.
Dans un Etat de droit, il ne devrait pas être trop difficile
de prouver que la prise en charge de la prescription d'héroïne
ne répond pas aux conditions figurant à l'article
32 LAMal, à savoir que les prestations remboursables doivent
être 'efficaces, appropriées et économiques'
et que 'l'efficacité doit être démontrée
selon des méthodes scientifiques'. L'année
dernière encore, les experts de l'OMS se refusaient à
voir dans le programme suisse de distribution d'héroïne
une 'alternative thérapeutique prouvée pour
les héroïnomanes'.
Parallèlement à ces démarches juridiques,
un conseiller national envisage la possibilité de lancer
une initiative parlementaire contre la décision de l'OFAS.
La décision de faire rembourser l'héroïne par
l'assurance-maladie s'inscrit dans la logique de la politique
de relégalisation des stupéfiants menée avec
détermination par un puissant lobby qui réclame
par ailleurs l'ouverture, jusqu'en Suisse romande, de 'shootoirs'
pour la consommation de drogues illégales, la possibilité
pour les médecins privés de prescrire de l'héroïne
aux héroïnomanes et la distribution de cocaïne
aux cocaïnomanes. Comme tout acte positivant la consommation
de drogue, ce nouveau pas constitue un signal à l'intention
des dealers. C'est aussi une décision catastrophique du
point de vue de la prévention.
L'heure viendra sans doute où des citoyens et des citoyennes
de ce pays demanderont des comptes à la conseillère
fédérale Ruth Dreifuss, au directeur de l'OFAS et
au directeur de l'OFSP pour leur active contribution à
la mise en place d'un Etat dealer altérant les consciences
et cimentant des toxicomanes dans leur camisole de force chimique.
Jean-Philippe Chenaux
RUBRIQUE: VOTATIONS NATIONALES
L'UDF partagée sur l'initiative des 18%
alémaniques: oui, romands: non
Réunis à Olten le 26 août dernier, les
délégués de l'UDF Suisse se sont prononcé
en faveur de l'initiative 'pour une réglementation
de l'immigration'. La décision est tombée
par 43 voix en sa faveur, 18 contre et plusieurs absentions. Les
délégués romands ont massivement voté
contre cette initiative. Compte-rendu du débat.
Au sein de l'UDF comme de la population, il y a clairement deux
camps. Le premier avec ceux qui pensent qu'une proportion d'étrangers
trop importante nuit à la stabilité du pays, et
le second avec ceux qui considèrent que l'accueil de l'étranger
fait partie de la tradition et de la vocation humanitaire de la
Suisse.
Comme on pouvait s'y attendre, la grande majorité des délégués
suisses-allemands de l'UDF se sont prononcés en faveur
de l'initiative. Ils veulent ainsi engager le Conseil fédéral
à respecter ses promesses jamais tenues de stabiliser la
population étrangère en Suisse. Ils pensent que
l'acceptation de l'initiative permettra de lutter contre les abus
de la politique d'accueil de la Suisse. Certains délégués
ont déclaré 'qu'aujourd'hui, des faux réfugiés
prennent la place à ceux qui en auraient vraiment besoin'.
Enfin, ils sont persuadés que l'initiative constitue un
instrument efficace contre l'augmentation de la violence et contre
la délinquance.
Les délégués romands réfutent ces
arguments. Comme l'explique Maximilien Bernhard, 'l'acceptation
de l'initiative serait contraire à la tradition humanitaire
de notre pays et pénaliserait l'économie suisse'.
Même si les délégués romands reconnaissent
certaines erreurs commises par le gouvernement dans sa politique
en la matière, la limite arbitraire des 18% leur paraît
inapplicable. Il s'agit bien plutôt d'améliorer les
mesures d'intégration des étrangers pour éviter
les problèmes qu'on leur attribue généralement.
La population étrangère, en augmentation constante
depuis les années 70, s'est stabilisée ces derniers
cinq ans à environ 19% de la population. L'initiative de
Philipp Müller vise à limiter cette population étrangère
à 18%.
Autres sujets de votation
C'est trois fois 'non': toutes les propositions de
taxes énergétiques ont été balayées
par les délégués de l'UDF. Principaux arguments
qui ont eu raison de l'idée par ailleurs louable de préserver
l'environnement: la taxe proposée constitue un nouvel impôt
déguisé, le scepticisme quant à une distribution
équitable des subventions a été plusieurs
fois relevé tout comme la crainte d'une augmentation de
paperasse.
C'est aussi 'non' en ce qui concerne le référendum constructif. La complexité de la procédure proposée est de nature à décourager plutôt que d'encourager la participation démocratique. Si l'idée séduit par de possibles contre-projets partiels, elle ne s'avère que trop compliquée à appliquer.
Retour en hautRUBRIQUE: LA VIE DU PARTI
Initiative pour une assurance-maladie financièrement supportable
Lors de son assemblée des délégués
du 26 août dernier, l'UDF a accepté le principe du
lancement d'une initiative populaire pour une assurance-maladie
de base financièrement supportable. L'UDF entend ainsi
réagir à l'augmentation systématique des
primes d'assurance-maladie, et ce, contrairement aux promesses
de la Conseillère fédérale Ruth Dreifuss.
L'UDF devrait en principe lancer cette initiative avant la fin
de l'année. Pour aboutir, il lui faudra rassembler au moins
100 000 signatures en moins de 18 mois. (comm)
Pétition contre les campagnes anti-sida
Le 4 septembre, l'UDF va remettre 20 000 signatures contre les
nouvelles campagnes anti-sida lancées par l'Office fédéral
de la Santé publique (OFSP). L'UDF entend ainsi protester
contre certaines affirmations qu'elle considère blasphématoires,
contre l'utilisation d'images qui montrent explicitement une relation
sexuelle, et contre une prévention qui se limite à
promouvoir le préservatif.
Le résultat assez modeste de la pétition est attribué
par l'UDF à la période de la récolte de signatures,
durant l'été. L'UDF se réjouit par contre
de la décision prise par plusieurs éditeurs romands
au rang desquels Edipresse (24 heures, Tribune de Genève,
Le Matin, etc.), qui ont refusé la publication de la dernière
annonce anti-sida de l'OFSP. Cela démontre bien que la
prévention de l'OFSP ne choque pas seulement les chrétiens
et que la pétition de l'UDF avait bien sa raison d'être.
Yverdon: Les 25 ans de l'UDF
Le 17 juin dernier, le château d'Yverdon-les-Bains accueillait
le congrès annuel de l'UDF Suisse. Ce rendez-vous marquait
également le 25e anniversaire de l'UDF Suisse.
Les membres de l'UDF ont été accueillis par un message
de bienvenue du municipal yverdonnois Paul-Arthur Treyvaud, qui
a relevé l'engagement de l'UDF dans le législatif
de la ville: 'L'UDF a d'emblée fait preuve d'une
grande présence par l'assiduité et le travail de
ses membres'. Et d'ajouter: 'Si le but premier de
l'UDF était d'apporter une dimension morale dans la vie
politique locale, il est manifestement atteint. S'il est de prendre
le pouvoir, il y a encore du pain sur la planche...'
Werner Scherrer et Christian Waber, respectivement fondateur et
président actuel de l'UDF Suisse, ont ensuite jeté
leur regard sur 25 ans d'action politique menée par le
parti. Le premier a mis en avant sa vision, dès le départ,
pour un parti actif des deux côtés de la barrière
de 'röstis', alors que le second a appelé
à la réconciliation entre les différentes
forces politiques évangéliques actives en Suisse.
A noter encore la décision prise lors de la partie administrative
de la journée, celle de ne plus tenir secret le nombre
de membres de l'UDF Suisse. Cette décision fait suite aux
questions répétitives des journalistes en période
d'élections fédérales. L'UDF n'entend pas
publier régulièrement des chiffres, mais les tiendra
désormais à disposition des médias. Comme
l'a expliqué Christian Waber, 'le succès de
l'UDF doit se mesurer à ses résultats politiques
et non au nombre de ses membres'. Christian Waber a également
salué l'état des finances de l'UDF, toujours équilibrées,
'fait rare en Suisse où les partis demandent des
subventions publiques.'
Après un repas copieux, les membres présents pouvaient
à choix se détendre aux bains thermaux, visiter
le Centre Pro-Natura ou encore le Château de Grandson. Un
grand coup de chapeau à la section de l'UDF du Nord-vaudois
qui a magnifiquement organisé cette journée. Si
le congrès annuel de l'UDF Suisse a sans conteste constitué
le point d'orgue des 25 ans de l'UDF, d'autres rendez-vous marquent
cet anniversaire important tout au long de l'année. Le
1er août, la traditionnelle journée des familles
de l'UDF était organisée par les Zurichois. Le 3
septembre, un pique-nique du 25e a lieu dans le canton du Jura.
D'autres festivités de ce genre ont également lieu
courant septembre en Suisse allemande. Ces rendez-vous, placés
sous le signe de la rencontre, permettent de mieux se connaître,
et de découvrir la famille des membres actifs de l'UDF.
Ces moments importants contribuent à l'unité du
parti. Une brochure sera encore éditée cette année
et un voyage organisé au mois d'octobre.
Dans un article de Hans Moser, vice-président I de l'UDF,
paru dans le StandPunkt (organe de presse suisse-allemand de l'UDF),
celui-ci rappelle qu'en 25 ans, l'UDF s'est implanté dans
la quasi totalité des cantons helvétiques. Il observe
en outre que l'ambition de mener une action politique basée
sur la Bible est devenue réalité. 'L'UDF a
abordé un nombre important de questions et de dossiers
et répondu à de multiples questions, pas toujours
à l'unanimité, mais au plus près de la conscience
de ses membres. Même les débats les plus nourris
n'ont pas eu raison de l'unité fraternelle qui règne
dans les rangs de l'UDF depuis 25 ans. Cette unité n'est
pas celle qui veut obtenir à tout prix la même opinion,
mais celle qui vise le même but'. Pour lui, les membres
de l'UDF ont de tout temps voulu mener une politique basée
sur la Parole de Dieu.
Rencontre entre l'UDF et les responsables d'Expo. 02
Le conseiller national Christian Waber, le vice-président
de l'UDF Suisse Peter Bonsack et le secrétaire romand de
l'UDF Maximilien Bernhard ont rencontré les dirigeants
artistiques d'Expo.02 à Neuchâtel, le 8 mai dernier.
Le but de cette rencontre était de faire part des préoccupations
de l'UDF au sujet du sponsoring de Beate Uhse, à la tête
d'une chaîne de sex-shops en Allemagne, et de s'informer
sur l'état d'avancement du projet lié au thème
de la sexualité, prévu sur l'artéplage d'Yverdon-les-Bains.
La rencontre a débuté par une brève description
des mécanismes financiers d'Expo.02 par son directeur artistique
Martin Heller. En réalité, le projet lié
au thème de la sexualité est en phase de 'conception'
et peu d'éléments ont été communiquées
à ce jour au sujet du contenu. Les responsables artistiques
d'Expo.02 travaillent sur ce thème avec les collaborateurs
de l'OFSP (Office fédéral de la Santé publique)
qui ont élaboré la campagne de prévention
'Stop Sida'. Ils ont déclaré que Beate
Uhse ne participait pas au concept du projet.
Les représentants de l'UDF ont fait part de leur opposition
au sponsoring de Beate Uhse. Ils ont déclaré à
Martin Heller qu'ils ne voulaient pas, notamment pour des raisons
éthiques, que Beate Uhse se serve de l'Exposition nationale
comme plate-forme pour l'ouverture de nouveaux sex-shops, et qu'Yverdon-les-Bains
devienne la plaque tournante de l'industrie du sexe en Suisse
romande. Ils ont d'autre part fait savoir que les fonds servant
à financer le thème de la sexualité ne devaient
pas provenir de milieux douteux, tels que ceux de la prostitution.
Une lettre d'intention a bien été signée
entre Expo.02 et Beate Uhse. Toutefois, cela n'engage pas Beate
Uhse à signer un contrat de sponsoring. C'est seulement
une fois que le projet définitif est élaboré
que Beate Uhse peut confirmer sa participation financière.
Cela signifie que ce sponsor peut se retirer en tout temps, avant
la signature du contrat, au cas où le projet ne correspondrait
pas à ses attentes.
Pour Martin Heller, le sponsoring de Beate Uhse ne représente
qu'un point dans le contexte général du projet de
l'Expo nationale. Il a reconnu toutefois que le thème de
la sexualité était très difficile à
traiter en raison de la nature intime qu'il revêt. Il a
déclaré 'qu'il n'y aurait pas de lieu d'exposition
pornographique sur l'artéplage yverdonnois'. Les
responsables artistiques d'Expo.02 ont prévu de consulter
des juristes, un théologien ainsi que des représentants
des églises afin de savoir si le projet serait conforme
aux valeurs chrétiennes.
Pour finir, au vu de l'opposition de l'UDF au sponsoring de Beate
Uhse et des réserves émises au sujet de la participation
de l'OFSP à ce projet, il n'a pas été possible
de parler de collaboration entre l'UDF et les responsables de
l'Expo. Par contre, Martin Heller s'est déclaré
prêt à informer l'UDF régulièrement
de l'avancement du projet. Les représentants de l'UDF ont
déclaré qu'ils se réservaient la possibilité
de lancer une action politique nationale suivant la tournure que
prendrait le projet.
(comm)
RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS
Votations: hôpitaux de proximité
Les citoyens vaudois seront appelés à se prononcer
le 24 septembre sur une initiative législative ayant pour
but de confier au Grand Conseil plutôt qu'au Conseil
d'Etat la planification hospitalière, en particulier
le lieu et la mission des différents établissements
hospitaliers, en veillant notamment à ce qu'un service
d'urgences soit maintenu pour toutes les régions.
Cette initiative fait suite à la décision du Conseil
d'Etat de modifier, pour des raisons d'économies, les missions
de différents établissements hospitaliers, en particulier
ceux de Moudon, de Château d'x et de la Vallée de
Joux. Ces décisions sont déjà partiellement
entrées en force et il est en réalité illusoire,
de l'avis de l'UDF, que l'initiative contribue à rétablir
la situation antérieure. Il faut également considérer
que le maintien d'un service d'urgences ou d'une maternité
représente une lourde charge financière en comparaison
d'un service d'hospitalisation 'programmée',
et qu'à défaut d'une masse de travail permettant
aux soignants d'acquérir une expérience suffisante,
les risques d'erreur médicale sont accrus.
De l'avis du comité de l'UDF-Vaud, c'est surtout l'Hôpital
de La Vallée qui soulève des questions particulières,
au vu de son éloignement géographique et des routes
difficilement praticables en hiver. On peut en revanche plus facilement
demander aux gens de la région de Moudon de se rendre au
CHUV ou à Payerne, et une solution de collaboration intercantonale
avec l'hôpital de Gessenay/Saanen a pu être trouvée.
En fin de compte, les citoyens sont appelés à déterminer
si la planification sanitaire doit être effectuée
par le gouvernement ou si elles ressortit plutôt des compétences
du législatif, afin de permettre le lancement d'un référendum.
Partagé, le comité de l'UDF-Vaud s'est résigné
à proposer la liberté de vote.
La section vaudoise de l'UDF n'approuve pas l'initiative dite
'des 18%', qui vise à limiter à ce chiffre
la proportion d'étrangers en Suisse.
Elle est certes consciente qu'une forte proportion d'étrangers
peut nuire à la cohésion du pays, et on doit avouer
que peu d'efforts ont été entrepris dans ce sens
par le Conseil fédéral. La question ne se pose toutefois
pas tellement en termes de pourcentage d'étrangers, mais
plutôt dans les efforts et capacités d'intégration
et de tolérance réciproques. Il faut être
conscient que les migrations de populations pauvres, défavorisées
ou persécutées vers les pays industrialisés
constituent un phénomène géopolitique inéluctable,
que l'initiative ne permettra pas de régler.
Arrêter par un article constitutionnel une proportion
à 18% est une limite arbitraire, qui ne permet pas de tenir
compte avec la souplesse nécessaire de l'évolution
des circonstances. Au demeurant, il est très contestable
que des personnes qui n'ont commis aucun délit puissent
être écrouées comme l'initiative le
prévoit aux seules fins de faciliter leur expulsion.
La volonté de lutter contre les abus ne doit pas conduire
à des extrémités que nos descendants pourraient
d'ailleurs nous reprocher un jour.
(comm)
Genève: plafond pour le financement des élections?
L'Union de gauche a lancé un projet de loi, prioritaire,
qui devrait être débattu cet automne au Grand Conseil.
Il consiste à plafonner les frais de campagne pour les
élections au Grand Conseil et au Conseil d'Etat à
Fr. 100 000.- par liste. 'Nous voulons bien être battus
sur le plan politique, mais pas pour des raisons financières'
soutient Christian Brunier, député socialiste et
auteur du projet. Objectif avoué: affaiblir les moyens
de la droite aux prochaines élections.
Concrètement, le projet modifie la loi sur les droits politiques.
Chaque dépositaire d'une liste de candidats devra alors
remettre à la Chancellerie le détail de ses dépenses,
ainsi que le prix de revient des prestations reçues gratuitement.
En cas de dépassement, il sera amendable. Comme on pouvait
s'y attendre, la droite n'apprécie pas: 'Il s'agit
d'une atteinte à la liberté des partis'.
Ce projet n'est pas banal, car s'il se concrétisait, il
pourrait entraîner un précédent pour d'autres
cantons. Il est vrai que l'argent mène le monde, et que
la droite ne regarde pas à la dépense. Les milieux
immobiliers, pour ne citer qu'eux, soutiennent largement la droite,
défendant par là leurs propres intérêts.
Mais notre démocratie peut-elle poser une loi-frein à
la liberté de campagne? A l'heure du marché libre,
concurrentiel, un pays démocratique a-t-il intérêt
à introduire une loi anti-concurrence? Ou ce projet se
voit-il un moyen de lutter contre un domaine du néolibéralisme?
Cette loi ne risque-t-elle pas de fausser le système démocratique
en poussant les partis à frauder ou multiplier les listes?
Jusqu'ici, la gauche ne s'en est pas mal tirée aux élections,
malgré la concurrence financière. Preuve en est
les trois sièges sur sept qu'elle occupe à l'Exécutif,
et toutes les fois où elle a été majoritaire.
Se faire élire n'est pas seulement une question d'argent
ou de loi. L'UDF, petit parti aux moyens financiers modestes,
a par exemple déjà obtenu des sièges dans
plusieurs cantons et au Parlement fédéral. A n'en
pas douter, ce dossier constituera un des débats chauds
de la rentrée politique. Affaire à suivre...
Dominique Ardellier
Retour en hautCongrès fribourgeois
La section cantonale fribourgeoise a récemment organisé
son congrès annuel dans le très beau cadre de la
vieille ville de Morat. Des représentants de diverses régions
du canton de Fribourg se sont retrouvés à cette
occasion. Après les formalités administratives d'usage
qui se sont déroulées dans un climat très
serein, le président a conduit un débat sur l'avenir
de cette section cantonale. Il en est ressorti clairement que
le travail de l'UDF était nécessaire aussi bien
dans cette région que dans le reste de la Suisse, notamment
en ce qui concernait la dimension éthique de nombreux dossiers
politiques. L'UDF Fribourg s'est fixé comme objectif le
renforcement de son comité cantonal.
La seconde partie de la soirée a été consacrée
à un exposé de Maximilien Bernhard, secrétaire
romand de l'UDF, sur 'l'engagement du chrétien dans
la politique locale'. Basée sur Josué 1, 1-9,
cette conférence a mis en évidence l'appel les
chrétiens à s'engager dans divers services, ayant
l'assurance que Dieu les accompagnerait dans leurs entreprises.
Le conférencier a aussi rappelé le besoin de chrétiens
s'engageant dans le domaine politique. Il a ensuite présenté
le travail des membres de l'UDF engagés au sein du législatif
d'Yverdon-les-Bains et du Chenit (Vallée de Joux), leur
engagement dans les diverses commissions d'un Conseil communal.
Il a également évoqué l'engagement de l'UDF
au sein du CRAY.02 (conseil régional de l'artéplage
yverdonnois) dans le cadre d'Expo.02, ainsi que les diverses actions
politiques pouvant être menées sur le plan local
(récoltes de signatures, rencontre de diverses personnalités
politiques, etc.).
Le secrétaire romand a abordé la question des prochaines
élections communales qui auront lieu en 2001 dans le canton
de Fribourg. Il a encouragé les membres présents
à préparer sans tarder ces élections communales,
'la participation aux diverses élections étant
indispensable pour la progression d'un parti politique'.
Pour terminer, il a souligné le rôle clé d'un
canton bilingue comme Fribourg, ce dernier étant un 'pont'
entre la Suisse romande et la Suisse alémanique.
Maximilien Bernhard
Retour en hautRUBRIQUE : A L'ETRANGER
Etat palestinien: échéance du 13 septembre
La déclaration d'un Etat palestinien est prévue
le 13 septembre. Bien que le président du Conseil législatif
Ahmed Qurei, responsable des négociateurs palestiniens,
a déclaré que 'même si, d'ici là,
il n'y a pas d'accord signé avec Israël, l'Etat palestinien
sera proclamé de façon unilatérale',
Yasser Arafat s'est montré plus nuancé, concédant
que la question sera 'réexaminée' début
septembre. Selon les dires d'Arafat, cet Etat comprendra tous
les territoires conquis par Israël lors de la guerre des
Six Jours, avec Jérusalem-Est pour capitale. 'Israël
devra soit reconnaître notre Etat et retirer ses troupes
comme au Sud-Liban en mai dernier, soit rejeter cet Etat en prenant
des mesures agressives qui mèneraient à une confrontation',
a ajouté le négociateur palestinien Hassan Asfour.
L'autorité palestinienne pourrait alors demander aux Nations
Unies de déterminer la ligne de frontière, comme
dans le cas du Liban.
Les communautés chrétiennes de la Vieille Ville
de Jérusalem redoutent de passer sous la souveraineté
palestinienne. C'est pourquoi leurs dirigeants ont demandé
à avoir leur mot à dire dans les négociations
en cours, et ont rejeté l'idée d'un compromis selon
lequel Israël se verrait attribuer la souveraineté
sur les quartiers juif et arménien de la Vieille Ville,
tandis que les Palestiniens auraient le contrôle des quartiers
musulman et chrétien.
Beaucoup d'habitants arabes de Jérusalem ont été
soulagés par l'échec des négociations de
Camp David, affirmant qu'en ce qui les concerne, le maintien du
statut quo est bien préférable. Près de 70%
des 200 000 Arabes de la ville préfèrent rester
sous souveraineté israélienne, à cause des
avantages financiers et sociaux qui en découlent. D'autres,
déçus de voir l'autonomie leur échapper,
déclarent que la seule solution possible est une nouvelle
intifada ou une guerre : 'Pour les Palestiniens, il n'y
aura pas de paix possible sans Jérusalem'.
La stratégie du premier ministre israélien Ehoud
Barak consiste à faire le maximum de concessions tout en
demeurant dans le cadre des intérêts vitaux d'Israël,
afin de démontrer qu'il fait tous les efforts possibles
pour parvenir à la paix. Mais il n'a aujourd'hui plus de
gouvernement, pas de majorité à la Knesset, et il
est la cible de la droite qui tente de le renverser pour avoir
osé négocier 'l'indivisibilité'
de Jérusalem. Barak ne peut offrir davantage que ce qu'il
a proposé à Camp David. Certains pensent qu'il devrait
changer de stratégie et faire moins de concessions. Mais
comment Yasser Arafat accepterait-il une proposition moindre que
ce qu'il a d'ores et déjà refusé à
Camp David? Un nouveau sommet Clinton-Barak-Arafat pourrait se
tenir à New York (ONU) dans la seconde quinzaine du mois
de septembre. Mais qu'apportera-t-il de nouveau si Barak n'a rien
à offrir de plus, et si Yasser Arafat, qui n'a fait aucun
compromis jusqu'à présent, campe sur ses mêmes
revendications, notamment sur Jérusalem?
Dominique Ardellier
Retour en hautRUBRIQUE: Réflexion
Urgence
Non, il ne s'agit pas là du célèbre feuilleton
télévisé!
La notion d'urgence est le plus souvent liée au fait que
l'on considère une situation comme critique ou dangereuse
et nécessitant une intervention rapide sinon immédiate.
Un gouvernement peut déclarer un 'état d'urgence'
devant les menaces d'un ennemi, devant une catastrophe naturelle
inattendue, et ainsi en peu de temps redéfinir ses priorités,
redéployer ses ressources humaines, dégeler des
fonds réservés à d'autres investissements,
bref, changer son mode de fonctionnement ordinaire!
Depuis une trentaine d'années dans nos pays occidentaux,
nous assistons à un véritable dérapage sur
le plan moral et spirituel. Les valeurs traditionnelles représentées,
parfois mal, par l'Eglise, la famille ou l'Etat, on été
contestées au nom de la liberté. Les tabous de jadis
ont été levés. Mais à quel prix :
foyers brisés, enfants abandonnés ou maltraités,
drogue, maladies sexuellement transmissibles, sans parler du vide
intérieur insatiable.
Pour nous chrétiens, avons-nous une solution à proposer?
En quoi pouvons-nous qualifier d'urgente la proclamation du message
de l'Evangile?
L'apôtre Paul écrit aux Corinthiens : 'Je vous
ai transmis tout ce que j'avais aussi reçu. Christ est
mort pour nos péchés selon les Ecritures. Il a été
enseveli, il est ressuscité le troisième jour selon
les Ecritures' (1 Cor. 15, 3-4). Ce même apôtre,
lorsqu'il écrit aux Thessaloniciens, dit : 'Car si
nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité,
croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec
lui ceux qui sont décédés... Car le Seigneur
lui-même à un signal donné, à la voix
d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du
ciel...' (1 Thess. 4, 14-16).
Jésus-Christ est mort, il est ressuscité, et il
revient. Ce message de la mort et de la résurrection de
Jésus-Christ a transformé des millions de vies et
a bouleversé le monde entier. Celui du retour de Jésus-Christ
constitue une source de consolation et d'espérance pour
les chrétiens de tous les âges. Toutefois, ce message
de retour de Jésus-Christ doit nous rendre sensibles à
une réalité solennelle qui lui est liée:
le juste jugement de Dieu! Il y a donc urgence à proclamer
un tel message!
Mike Evans, directeur de l'Institut Biblique de Genève
