L'UDF édite Impulsion. Ce journal, qui paraît entre cinq et neuf fois par an, informe de l'actualité politique suisse et de l'action de l'UDF au niveau fédéral et dans les différents cantons romands. Chaque édition contient également une interview. 

Edition de août 2002 (4/02) :

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Edition de août 2002

RUBRIQUE EDITO

L'heure n'est pas à l'attentisme
Le 2 juin dernier, les Suisses ont accepté de dépénaliser l'avortement durant les douze premières semaines de grossesse. On peut sincèrement regretter que le droit à l'autodétermination de la femme se soit fait au détriment du devoir de l'Etat de protéger la vie. L'UDF continuera de s'engager en faveur de la vie, soit-elle en devenir, handicapée ou malade. Afin d'éviter les avortements, notre pays se doit de soutenir toute action visant à apporter une aide matérielle et psychologique à la mère qui, en raison de sa grossesse, se trouve dans un état de détresse. Le résultat de cette votation a sans doutes créé une brèche importante dans le barrage de la protection de la vie, brèche que l'on mettra du temps à colmater tant bien que mal par le biais d'une véritable politique familiale pour laquelle l'UDF a déjà émis plusieurs propositions.
Au-delà de ce dossier, d'autres enjeux politiques extrêmement importants sur le plan éthique se profilent à l'horizon. Il s'agit notamment de l'euthanasie, de la drogue et de l'homosexualité. Dans ces trois domaines, les projets sont déjà bien avancé. Il est donc temps pour l'ensemble des chrétiens de notre pays de se mobiliser afin d'éviter que d'autres brèches ne se produisent et ne portent atteinte aux différentes générations. L'UDF romande proposera par conséquent la mise sur pied d'un groupe de réflexion regroupant plusieurs personnalités issues des milieux politiques, médicaux-sociaux et théologiques dont le but sera de sensibiliser les consciences de nos concitoyens et concitoyennes sur ces enjeux.
L'heure n'est plus à l'attentisme, mais à l'engagement. L'UDF poursuivra son travail pour protéger la vie afin d'éviter que d'autres verrous semblables à celui du 2 juin ne finissent par sauter.

Maximilien Bernhard

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RUBRIQUE: Nationale

L'UDF transforme miniMax en pétition

Plus de 50 000 signatures ont été déposées à la chancelerie fédérale.
Lancée l'an dernier par l'UDF pour faire face à l'augmentation constante et massive des primes de caisses-maladie, l'UDF a lancé l'an dernier l'initiative populaire fédérale «miniMax», «pour une assurance de base minimale et des primes d'assurance maladie abordables».
L'initiative populaire n'a pas abouti. Le 28 juin dernier, l'UDF a tout de même déposé plus de 53 000 signatures à la chancellerie fédérale, transformant l'initiative en pétition.
La raison principale de cet échec peut être cherchée dans l'intense campagne de votation sur l'avortement du 2 juin dernier, menée par les membres de l'UDF.
Cette initiative tombait pourtant à point nommé. Les hausses de primes des caisses-maladie se succèdent au même rythme toutes les années et il n'en ira pas autrement pour 2003.
Depuis l'entrée en vigueur de la LAMal le 1er janvier 1996, l'UDF a constaté que des mesures draconiennes allant jusqu'à la fermeture d'hôpitaux n'ont pas réussi à endiguer la tendance haussière. L'explosion des coûts de la santé depuis plusieurs années s'explique en particulier par l'élargissement constant des prestations de l'assurance de base.
L'initiative «miniMax» de l'UDF proposait de prendre le problème de l'explosion des coûts à la racine, sans pour autant porter préjudice au côté social du service de santé en vigueur. Elle entendait réduire les prestations obligatoires de l'assurance de base au minimum nécessaire, tout en conservant un niveau de prestations raisonnable, en renforçant la solidarité et en rendant les primes des caisses maladie abordables. Ce principe aurait permis à chacun de contribuer au financement de l'assurance de base, tout en donnant la possibilité à ceux qui l'auraient souhaité, de compléter sa couverture par le biais d'assurances complémentaires facultatives, en fonction des risques liés à son mode de vie.
Le parlement qui sera prochainement informé des propositions de l'UDF soutenues par plus de 50 000 citoyens, en tiendra-t-il compte?
Il en serait bien avisé car ce faisant, il pourrait à l'avenir décider lui-même des prestations remboursées par l'assurance maladie, ce qui permettrait au peuple de se prononcer par la voie du référendum.
Et s'il suivait les recommandations de l'UDF, il pourrait récompenser, par des baisses de primes, les assurés qui renoncent à un style de vie nuisant à leur santé. L'UDF constate que les mesures prises actuellement par les autorités fédérales n'ont pratiquement plus aucun effet sur l'augmentation des primes de caisses-maladie.
L'UDF est toutefois rassurée sur un point. Au lieu de soutenir l'initiative de l'UDF, ce qui aurait été encore mieux, les partis gouvernementaux se sont inspirés de ses propositions. Il en est ainsi par exemple avec l'initiative prévue par l'UDC, qui ne vise rien d'autre que de limiter les prestations couvertes par l'assurance maladie.
Maximilien Bernhard

Bilan de la session parlementaire fédérale d'été
Lors des dernières votations populaires, il a souvent été dit que l'on avait affaire à des combats boueux, en raison des images «macabres» ou démagogiques utilisées lors des campagnes (cimetières pour la révision militaire, etc.). Certains politiciens auraient voulu qu'une instance de contrôle soit mise en place pour débusquer les «arguments mensongers». Mais qui aurait pu vérifier pour tous les litiges -et de façon impartiale- l'authenticité des arguments? L'utilisation d'arguments contradictoires n'est-elle pas justement une composante de notre démocratie? La gauche et les verts ont soutenu cette motion, heureusement sans succès.
Baux à loyer
La discussion sur les baux à loyer a été monopolisée par les «spécialistes» et les lobbies actifs dans la défense des intérêts des propriétaires ou de ceux des locataires. Les conditions-cadre pèsent d'un poids toujours plus important sur l'évolution des loyers. Trouvera-t-on encore des investisseurs si le rendement devient inintéressant et que le risque pour les propriétaires s'élève au fur et à mesure de la création de lois toujours plus favorables aux locataires? La discussion n'est pas terminée. Elle apportera sans doute quelques «bonnes cartouches» à certains pour les prochaines élections fédérales.
La santé
Le développement des coûts de la santé continue de préoccuper le parlement. Un compromis a pu être trouvé pour l'adaptation de la contribution cantonale pour les traitements stationnaires. Les cantons devrons désormais financer les coûts de l'assurance de base pour les patients en division privée et semi-privée. Ce transfert de compétences sera introduit par étapes. Elle représente une charge supplémentaire importante pour les cantons.
Deux interpellations urgentes ont débouché sur plusieurs questions non résolues par le débat qui s'en est suivi. Le Parti Socialiste a proposé d'abandonner la prime par habitant pour un système dépendant du revenu des assurés, et d'introduire une seule caisse étatique au détriment de la diversité des caisses. Les partis bourgeois ont repris à leur compte toutes les propositions formulées par l'initiative «miniMax» de l'UDF. Cette dernière a participé activement au débat pour combattre l'explosion des coûts.
La sécurité - pour qui?
La situation internationale est plus «incertaine que jamais». Des tragédies comme celle du 11 septembre de l'an dernier, les innombrables krachs boursiers, actes de terrorisme, etc. révèlent le besoin de sécurité. L'armée suisse a survécu à trois projets d'abolition en votation populaire jusqu'ici. Mais aujourd'hui, elle est démantelée par le législateur. Le concept Armée XXI montre que le mandat de protection de la population a été abandonné au profit du «village global». L'indépendance est sacrifiée sur l'autel de la coopération.
Un temps viendra où aucun peuple n'élèvera l'épée contre une autre nation. Mais dans l'attente de ce temps, les nations doivent se défendre.
Handicapés
La faction évangélique et indépendante a permis par son vote de débattre de ce projet de loi. Certains parlementaires demandaient que la discussion sur les divers aspects de la loi ne soient pas abordés. L'enjeu prédominant du débat était l'argent. Je pense que la société fait erreur dans sa façon de traiter les handicapés. La pitié n'est pas la solution. Il faut privilégier l'acceptation de chacun, lui donner une place et reconnaître la valeur de chaque vie humaine.
Nucléaire
L'intérêt de ce débat était très limité. Cette discussion n'en finit pas depuis des décennies. L'enjeu était de savoir si la Suisse voulait tenter d'abandonner le nucléaire pour d'autres énergies alternatives. Les arguments n'ont pas changé, seuls ceux qui les défendaient ont changé.
Motions
J'ai lancé une interpellation urgente pour demander l'exemption d'actes médicaux pour des motifs de conscience. Il s'agissait de garantir au personnel médical le droit de refuser par exemple un avortement. Le Conseil fédéral est ainsi invité à prendre des mesures. J'ai également présenté une motion «Les femmes ne sont pas des machines à procréer - les enfants ne sont pas des articles jetables». J'ai exhorté le gouvernement d'élaborer un programme de soutien aux femmes qui ont une grossesse non-désirée.
Cette session m'a rappelé que l'on arrive à son objectif en tant que parlementaire que si l'on vise le bien commun. Pourtant, c'est l'égoïsme, les intérêts particuliers ou partisans, l'opportunisme électoral qui ont régné tout au long de cette session. Et rien ne devrait s'améliorer avant les élections fédérales de 2003. Christian Waber,
Conseiller national UDF

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RUBRIQUE: Romandie

Formation romande

Les sections romandes de l'UDF se sont rencontrées cette année à deux reprises pour une journée d'échange et de formation. La première d'entre elles a été consacrée au thème «Comment communiquer au travers des médias». A cette occasion, les représentants des sections cantonales ont pu perfectionner leur présence face aux caméras et micros des journalistes. Cet entraînement apprécié a démontré la nécessité pour les membres de l'UDF de se préparer aux questions que les médias peuvent leur poser. Certains ayant suivi cette formation ont pu mettre en pratique leur acquis, soit lors de conférences de presse ou lors d'émissions de télévision.
La seconde rencontre a été consacrée à la préparation d'une campagne électorale. L'UDF entendait offrir aux sections cantonales tous les éléments pour préparer sereinement les prochaines échéances électorales. Sans doute que les sections seront mieux préparées à affronter leurs prochaines campagnes, notamment celle des prochaines élections fédérales 2003.
La prochaine rencontre de formation de l'UDF aura lieu le samedi 18 janvier 2003. Le thème de la formation sera «Comment communiquer au travers des médias (troisième partie).»

Maximilien Bernhard

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RUBRIQUE: ETHIQUE

Les bienfaits et les questions soulevées par le clonage thérapeutique

Par le clonage on obtient par voie de culture, de nombreuses cellules vivantes identiques à partir d'une cellule unique.
Le 25 février 1997, la naissance d'une brebis appelée Dolly interpelle le monde entier. Cette brebis est un clone issu d'une cellule adulte. Mais une année auparavant, ce que l'on sait moins et qui apporte des conséquences industrielles plus importantes, c'est la naissance de deux clones issus de cellules embryonnaires de moutons. Leurs noms Megan et Morag.(...)
Les enjeux industriels qui mènent à Dolly ne sont pas nouveaux. Depuis une dizaine d'année les chercheurs produisent des médicaments grâce à des animaux de ferme transgéniques, mouton et chèvre, c'est-à-dire génétiquement modifiés. Ces animaux contiennent un ou plusieurs gènes étrangers, souvent d'origine humaine, ajoutés à leur patrimoine génétique naturel, ce qui leur permet de produire des protéines à vertu thérapeutique, récupérables dans leur lait. Ces protéines par exemple seront utilisées chez les hémophiles pour la coagulation du sang, ou pour soigner la mucoviscidose et certains cas de maladie pulmonaire. Ce procédé est appelé pharming.
Jusqu'au début de l'année 1996, une seule technique permet de fabriquer des animaux transgéniques. Laborieuse et peu fiable, elle consiste à injecter le gène étranger dans le noyau d'un uf fécondé avec une micro-aiguille. Le taux de réussite est très faible, 1 à 4 %, et en plus on ne peut pas savoir si l'opération a réussi ou échoué avant la naissance.(...) C'est en mars 1996 que les concepteurs de Dolly publient, dans la revue Nature un article aux implications industrielles très intéressantes: le clonage de deux moutons Megan et Morag, par «transfert nucléaire». Beaucoup plus sophistiquée que la méthode de micro-injection, cette technique est chargée de promesses. Elle consiste à cultiver in vitro des cellules embryonnaires, à extraire les noyaux de ces cellules, à placer chaque noyau dans une cellule de brebis dont le noyau d'origine a lui-même été retiré et en dernier lieu, à placer ces oeufs dans des brebis porteuses... En attendant que la nature fasse son travail.(...)
Les observateurs avertis, eux, ne s'y trompent pas. Hormis son intérêt biologique propre, cela ouvre la possibilité de manipuler les gènes du mouton avant son clonage.
Extraits de l'article
du 25 février 98 du Courrier.
De Jacques Mirenowicz

En ce qui concerne la Suisse
La législation suisse interdit aujourd'hui la production de cellules souches embryonnaires et essaie par là même de répondre au problème des embryons surnuméraires. Mais ce n'est pas tout, ce faisant, elle pare également à la tentation du clonage d'êtres humains en vue de l'obtention de cellules souches. En revanche elle autorise l'importation de cellules souches humaines gratuites à des fins de recherche.
En fait, d'après la Constitution fédérale, les embryons surnuméraires ne devraient pas exister. Ne peuvent être produits in vitro, que les embryons destinés à être implantés dans l'utérus de la femme dans le cadre d'une procréation médicalement assistée.
Le problème est très délicat. Il faut en effet savoir qu'actuellement nous bénéficions des avantages qu'apportent les recherches du clonage thérapeutique sur les animaux. Par ce moyen, il est possible de produire des protéines à vertu thérapeutique.
En ce qui concerne le clonage humain, pratiqué à partir de cellules adultes, tout le monde s'accorde à condamner cette pratique.
Mais où les choses se compliquent, c'est au niveau du clonage thérapeutique humain qui concerne les cellules souches, issus de cellules embryonnaires et fécondées artificiellement (fécondation in vitro). Ces cellules pourront servir à fabriquer des tissus ou des organes en vue de greffes ou de transplantations. Actuellement les embryons surnuméraires issus de fécondations in vitro ne peuvent être utilisés pour la recherche. Paradoxalement, les embryons importés peuvent être utilisés. En septembre 2001, le Fonds National de la Recherche Scientifique, a accepté de subventionner un projet genevois sur la reconstitution de tissus cardiaques, qui nécessitait l'importation de cellules-souches en provenance des Etats-Unis.
D'après la Conseillère fédérale Ruth Dreiffus, «un embryon n'est pas un être humain, mais il n'est pas un objet non plus, c'est pourquoi la société se doit de protéger ce "quelque chose"». Sa position se dessine pour une solution qui consiste à créer pour la Suisse sa propre lignée de cellules souches, ainsi que l'utilisation d'embryons surnuméraires.
Actuellement un projet de loi est en consultation pour réglementer la production, à des fins de recherche, de cellules souches embryonnaires issues d'embryons surnuméraires. Ultérieurement cette loi sera fondue dans la future loi fédérale sur la recherche sur des êtres humains.
Le projet actuel interdit la production de cellules souches à partir d'embryons produits à des fins de recherche et interdit l'utilisation de telles cellules souches. Il interdit également l'importation ou l'exportation d'embryons surnuméraires, et prévoit de ne pas laisser se développer l'embryon au-delà du quatorzième jour.
Les embryons surnuméraires et les cellules souches seront gratuits, ils ne pourront être utilisés que dans un cadre de projets de recherche bien précis. Par contre la production de cellules souches embryonnaires sera également autorisée dans l'optique d'une recherche future.
Un embryon surnuméraire ne pourra être utilisé qu'avec le consentement du couple. L'Office fédéral de la Santé publique devra donner son feu vert pour la recherche sur les embryons surnuméraires et la production de cellules souches embryonnaires. Pour effectuer des recherches, celle-ci viseront des objectifs définis dans le cadre d'un projet de loi; il devra s'agir d'objectifs présentant un intérêt de premier ordre.

L'embryon, un être humain pas une chose
Difficile de ne pas faire de parallèle avec le régime du délais en matière d'avortement. Définir le statut de l'embryon comme «une chose» donne bonne conscience à la société; cette option satisfait la liberté de comportement de l'individu, ainsi que le désir de prolonger indéfiniment sa vie pour devenir maître de son destin. Effectuer des recherches sur l'être humain, lorsque qu'il n'est qu'au commencent de la vie rentre dans cette ligne de conduite qui veut que tout ce que nous sommes et faisons soit «hyper-performant».
Pourtant le rôle d'un Etat, ainsi que de chaque homme n'est-il pas de protéger et de respecter le plus fragile de la société ?
Que nous parlions de copie conforme de cellules adultes, ou de clonage thérapeutique sur des embryons humains, l'approche est identique: nous manipulons la vie d'êtres humains.
Jésus lors de son ministère parmi nous, n'a jamais refusé de soulager une personne durement atteinte dans sa santé physique. Il a fait ces miracles dans le but que les hommes reconnaissent et acceptent Dieu comme concepteur de la vie, comme celui qui dirige le destin de l'homme, ainsi que sa finalité. Actuellement nous sommes dans l'incapacité de prouver scientifiquement qu'il n'y a pas de vie au niveau de l'embryon, mais Dieu connaît chaque homme, avant même le début de sa conception. Dans Jér. 1, 5, il est dit: «La parole de l'Eternel me fut adressée en ces mots: Avant que je t'aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais et avant que tu sois sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. Je t'avais choisi avant que tu ne sois dans le ventre de ta mère.»
Mais à partir du moment où l'homme ne croit plus qu'il vient de Dieu, si la valeur que la science donne à l'homme ne surpasse pas celle qu'elle attribue aux animaux, toutes les valeurs éthiques s'écroulent. L'homme est réduit à un animal intelligent qui a évolué par rapport aux autres espèces sur terre. C'est pour cette raison que le clonage devient une solution qui ne pose pas de problème. L'homme perd en même temps la place particulière que lui a donné Dieu par rapport à la création, comme le déclare Ps. 8, 4-10 : «Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l'as couronné de gloire et de magnificence. Tu lui as donné la domination sur les uvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds, les brebis comme les bufs et les animaux des champs...»
Pour conclure, je dirais qu'au niveau éthique, nous nous devons d'émettre des réserves au sujet du clonage thérapeutique sur les animaux. En effet à ce jour, personne, si ce n'est Dieu, n'est capable de prédire quelles en seraient les conséquences à long terme sur l'être humain.
Par contre il est nécessaire et important de s'opposer à ces pratiques qui manipulent la vie humaine à sa base.
Daniel Cherbuin
(UDF Fribourg)

L'évolutionnisme athée, base du relativisme moral contemporain
Un certain relativisme moral s'étend progressivement à tous les domaines de la société : les couples se font et se défont sans retenue, les relations homosexuelles se normalisent, l'euthanasie active ne choque plus, les drogues dures sont distribuées par les services de l'Etat, le terrorisme aveugle est légitime si la cause est juste, et l'avortement est légal car la majorité en a décidé ainsi.
Ceux qui s'élèvent contre la légalisation du meurtre des enfants à naître et autres aberrations de ce genre se voient qualifiés par la plupart des médias de réactionnaires passéistes, voire d'extrémistes. Les arguments présentés par les tenants d'une éthique judéo-chrétienne sont souvent accueillis par un mépris hautain teinté d'ironie ou par un vif agacement. Considérons le fondement idéologique de cette nouvelle éthique, qui affirme que ce qui est mal est bien et vice-versa.
L'évolutionnisme athée affirme que l'apparition de la vie et de l'être humain est le résultat du hasard. La théorie de l'évolution stipule que la vie est issue d'une explosion de matière, grâce au temps. Voici les conséquences logiques d'un tel présupposé : s'il n'y a pas de Créateur, il n'y a pas d'autorité finale en matière de morale et de lois. C'est donc l'homme qui les définit comme bon lui semble. Des lois iniques peuvent alors être promulguées et achèvent l'intoxication des consciences. Le relativisme moral actuel ne peut germer que dans des consciences privées de la croyance en un Dieu Créateur, Tout-Puissant, souverain législateur et juge universel. Les dix commandements de Dieu donnés à l'homme n'ont dans ce cas pas plus de valeur que n'importe quel autre avis ?
A l'opposé, la croyance en un Créateur divin, selon la Bible, a les implications suivantes : Dieu est l'autorité absolue et universelle et Il établit les règles. Il y a donc des lois ainsi que des principes moraux supérieurs et universels qui permettent une juste appréciation du bien et du mal. Ce fondement ne garantit pas une société parfaite mais garde les consciences éveillées.
La croyance en l'évolutionnisme athée n'est pas une conséquence mais la racine de la banalisation et de l'acceptation de l'avortement, de l'euthanasie, de la pornographie, du racisme, de l'homosexualité et de la destruction de l'unité familiale. Combattre leur extension n'est qu'une lutte contre les conséquences logiques d'une théorie enseignée comme un dogme à l'école et dans les médias.
Les arguments des chrétiens n'ont souvent pas prise sur des consciences dépourvues de la crainte de Dieu et de son jugement ultime. L'un des arguments les plus puissants pour dissiper la confusion qui règne en matière de morale est d'affirmer haut et fort l'existence du Dieu Créateur unique, juge et souverain de tous les hommes. A lui seul, cet argument est en mesure d'ébranler beaucoup de faux raisonnements, d'éveiller les consciences endormies et de susciter un débat en profondeur.
Jonathan Rivers-Kirby (UDF JU)

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RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS

Vaud

La Constituante vaudoise: ses défauts cachent les progrès
Le 17 mai 2002, l'Assemblée constituante vaudoise adoptait, après trois ans de travail, le projet de nouvelle Constitution cantonale par 135 voix pour, 16 contre, et 10 abstentions. Ce projet sera soumis au vote du peuple vaudois le 22 septembre prochain.
N'ayant pas la prétention d'analyser ce texte de façon détaillée, le présent article se bornera à souligner deux aspects du nouveau texte: son caractère étatiste d'une part, sa vision abusivement large de la famille d'autre part.
Dans son introduction au projet, l'Assemblée constituante vaudoise (www.constituante.vd.ch) relève que celui-ci dresse, de manière plus complète que l'actuelle Constitution, la liste des droits des citoyens et celle des tâches de l'Etat. Ainsi, malgré la situation financière catastrophique du canton de Vaud, personne ne semble avoir remis en question les attributions déjà nombreuses de l'Etat, au contraire. A côté d'innombrables droits fondamentaux, comprenant notamment celui de «mourir dans la dignité» (lisez euthanasie active), l'Etat est chargé de s'intéresser, outre ses tâches habituelles, au développement personnel de ses citoyens, à l'égalité de droit et de fait entre l'homme et la femme, à l'éducation des enfants, à la vie associative et j'en passe. On peu se demander quels sont les domaines qui échappent encore à l'Etat providence souhaité par les constituants.
En ce qui concerne la notion de famille, force est de constater qu'elle est galvaudée par le projet de nouvelle constitution. En effet, selon l'article 10, nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son mode de vie. Or, l'article 14, reconnaît, après avoir garanti le droit au mariage, la liberté de choisir une autre forme de vie en commun. Il garantit ensuite le droit de fonder une famille, ce qui sous-entend, une notion très flexible de la famille. Cette constatation est corroborée par l'article 6 qui mentionne «les familles» comme base de la société. Or, si les aléas de la vie peuvent impliquer des situations dans lesquelles la famille, constituée du père, de la mère et des enfants, est disloquée ou perturbée, il est regrettable d'encourager de telles situations ou de leur reconnaître un caractère équivalent à celui de la famille dite traditionnelle. Une telle formulation pourrait ouvrir la porte à la reconnaissance de «familles» composées de parents de même sexe, voire dans les limites du droit fédéral, ouvrir le droit à l'adoption d'enfants par de telles «familles».
Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de s'étonner du petit nombre de constituants opposés au projet de cette nouvelle Constitution. On peut craindre à cet égard que la pensée étatiste et relativiste ait gagné la majorité d'entre eux, ou, qu'en raison du temps et de l'argent dépensés pour ces travaux, les constituants ne soient plus parvenus à renoncer à un texte pourtant critiquable en maints points, ce qui serait regrettable puisqu'il s'agit de la charte fondamentale du canton. Si le projet de nouvelle Constitution contient quelques modifications heureuses, celles-ci doivent, à notre avis, être relativisées par les innovations susmentionnées qui tendent à une déchristianisation croissante de notre société. Natacha Rickenbacher

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RUBRIQUE: International

Cachemire: un terrorisme bien connu
L'Inde et le Pakistan ont beaucoup fait parlé d'eux en mai et juin derniers, lorsque s'est réenflammé un des plus anciens conflits actuels, le long de la ligne de cessez-le-feu qui sépare les deux Etats, au Cachemire. Ce conflit a débuté en 1947, juste après le partage de la colonie britannique des Indes entre la République islamique du Pakistan et l'Union indienne. Une première guerre éclate immédiatement entre les nouveaux voisins, suivie d'une deuxième en 1965 et d'une troisième en 1971.
Le Cachemire comptant 70 % de musulmans, le Pakistan estime que cette région devrait lui appartenir. Mais l'Inde de son côté la revendique aussi, jugeant l'argument religieux non déterminant par rapport aux intérêts politiques et sécuritaires en jeu. Car bien que surveillée par des observateurs de l'ONU, cette zone frontière constitue le passage et le repère des terroristes islamiques. C'est d'ailleurs ce qui a relancé la guerre : le 13 décembre 2001, un commando islamiste venu du Pakistan, a commis un attentat suicide contre le Parlement fédéral de New Delhi; suivi d'un autre le 14 mai de cette année à Kaluchak, tuant 34 Indiens en faisant exploser un autocar devant une caserne.
En janvier pourtant, le président pakistanais Mucharraf s'était engagé à retirer son soutien aux combattants islamistes d'Afghanistan et du Cachemire. Promesses qui n'ont pas été tenues: les attentats se poursuivent, et les terroristes arrêtés au Pakistan sont souvent libérés discrètement. Le premier ministre indien Valpayee parle du «double langage» du chef pakistanais
Cette histoire vous rappelle quelque chose? Que l'on se penche sur le Cachemire ou le Moyen-Orient, le terrorisme islamique montre le même visage, le même langage, les mêmes actions destructrices! Ils agissent comme le décrit Esaïe 59, 6-8: «Les actes de violence sont dans leurs mains... Et ils ne connaissent pas le chemin de la paix». Et seul Jésus-Christ, le prince de la paix, pourra résoudre de tels conflits lorsque Dieu lui donnera les nations pour héritage (Ps. 2, 7). C'est là notre espérance. Dominique Ardellier
(UDF Genève)

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Rubrique: réflexion

Le sel: fadeur, saveur ou horreur
Le rôle des disciples de Jésus en rapport avec le dérapage de notre société est capital à comprendre. Laisser aller ? Intervenir ? S'opposer ? Le Maître nous recommande la prudence, voire la ruse.
Sans la saveur apportée par les chrétiens, c'est bien connu, la société qui nous entoure devient fade (Mat. 5, 13, et Mc. 9, 50). Il n'est donc pas question de laisser notre société évoluer sans notre «grain de sel». Cette attitude laxiste est clairement condamnée et conduit au discrédit de l'Eglise (littéralement piétinée).
Il y a cependant une autre attitude inverse à éviter : Je parle ici du fait de balancer des vérités spirituelles à une société qui ne peut les recevoir.
L'homme naturel n'accepte pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge (1 Co. 2, 14).
Trop de sel fait tousser ! A tout prendre, il est préférable de manger «sans sel» que «salé à l'excès». Et je constate que mes amis non-chrétiens sont allergiques à un fondamentalisme désincarné, mettant la rigueur avant la réflexion. Par contre, nos contemporains sont ouverts au dialogue quand ils se sentent respectés dans leur choix.
Oserions-nous, par exemple, être un peu plus «politiques» dans notre approche ? (Ex.: Les cas d'avortement suite à un viol sont tellement faibles, qu'il vaudrait mieux focaliser le débat sur l'essentiel). Etre «politiques» ne nous empêche pas d'être «sans compromis». Mais au contraire nous fait entrer dans le dialogue, sans lequel il n'y a aucune communication possible. Et c'est là que «la chatte à mal à la patte» : notre mandat est de «communiquer» des valeurs, c'est-à-dire proposer d'autres alternatives dans une saine réflexion. C'est peut-être cela «être prudent, ou rusé».
«Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; soyez donc rusés comme les serpents et candides comme les colombes»(Mat.10, 16 TOB).

Ronald Morand,
Missionnaire au Phare à Fleurier

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