L'UDF édite Impulsion. Ce journal, qui paraît entre cinq et neuf fois par an, informe de l'actualité politique suisse et de l'action de l'UDF au niveau fédéral et dans les différents cantons romands. Chaque édition contient également une interview. 

Edition 5/03 - août 2003 :

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Edition actuelle 5/03 - août 2003

RUBRIQUE EDITO

Sommet du G8 et démocratie

Le dernier sommet du G8 à Evian a fait couler beaucoup d'encre. La TSR a quant à elle connu un de ces taux d'écoute les plus élevés de son histoire puisque près d'un demi-million de personnes ont suivi, le soir du 1er juin, l'édition du téléjournal de 19h30.
Si l'est vrai que cet événement a été relayé au niveau international en raison des enjeux qu'il représente, on se demande tout de même ce qu'il aura réellement apporté en dehors des retombées touristiques pour la région d'Evian et des problèmes qu'il a généré sur le territoire suisse.
Les résultats principaux du sommet se limitent-t-il à une réconciliation de façade entre les présidents Georges W. Bush et Jacques Chirac, ou à remplir le carnet d'adresses de Pascal Couchepin? La question est posée. Toutefois, s'il est vrai que ce sommet peut paraître provoquant pour certains, il n'en demeure pas moins que la liberté de réunion de ces dirigeants existe, telles que le prévoient les démocraties occidentales, liberté dont bénéficient d'ailleurs de nombreux mouvements.
L'attitude de certains altermondialistes, en particulier les casseurs, ont discrédité la «cause de la paix». Comment en effet prétendre manifester pour la paix en détruisant tout ce qui se trouve sur son passage? C'est un message contradictoire. Cela a d'ailleurs totalement occulté les discussions qui ont eu lieu dans les groupes de travail qui se sont réunis «sous tente» durant le sommet. L'opération «feu au lac», qui a eu lieu autour du lac Léman et qui se voulait être une manifestation d'envergure, s'est elle aussi diluée dans une actualité focalisée sur les actes de violence perpétrés durant le sommet.
Celles et ceux qui contestent l'existence même G8 ont dès lors du pain sur la planche. Proposer des alternatives à la mondialisation en faisant passer un message clair et cohérent. Illusoire? L'avenir nous le dira, mais une chose est sûre: le phénomène de la mondialisation est en marche, et l'on constate qu'il semble bel et bien irréversible.

Maximilien Bernhard, secrétaire romand de l'UDF.

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RUBRIQUE: Nationale

Le national reporte le débat sur la LStup

le débat sur la nouvelle loi sur les stupéfiants a une nouvelle fois été reporté par le conseil national

Lors de la session d'été des chambres fédérales, le Conseil national a décidé de reporter le débat concernant la révision de la LStup à la session d'automne. La réaction du conseiller national UDF Christian Waber ne s'est pas faite attendre. Il a dit son vif regret face à cette idée, estimant qu'il s'agissait-là de manuvres électorales.
L'UDF a d'ores et déjà annoncé qu'elle lancera le référendum si le parlement approuvait ce projet de loi. A cette occasion, elle s'associera à l'Association faîtière pour une politique de la drogue basée sur l'abstinence (DaD). Ce dernier considère que cette nouvelle loi ferait le lit de la dépénalisation de la consommation de tous les stupéfiants. De plus, la Suisse deviendrait le pays le plus libéral d'Europe en matière de stupéfiants. Or, de nombreux exemples démontrent que les autres pays européens font marche arrière (fermeture de coffee shops aux Pays Bas), adoptent une politique plus restrictive (alourdissement des sanctions pour les conducteurs en France) ou adoptent une politique axée sur l'abstinence (Italie, Scandinavie). Pour le DaD, l'attitude de la Suisse dans ce domaine, critiquée chaque année par l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), engendrera irrémédiablement de fortes tensions avec nos pays voisins, notamment dans les régions frontalières.
Le DaD constate que l'héroïne est biffée des substances interdites et accède officiellement au statut de thérapie. L'objectif d'abstinence n'apparaît plus dans la loi. D'après le DaD, cette politique est inacceptable car elle engendrerait irrémédiablement une baisse de l'offre thérapeutique visant l'abstinence, mettant en péril les institutions uvrant dans ce domaine. La prise en charge de la distribution d'héroïne par l'assurance-maladie est tout aussi inadmissible.
Concernant le principe d'opportunité appliqué à la consommation de toutes les drogues, la compétence donnée au Conseil fédéral par voie d'ordonnance de limiter les poursuites des infractions à la LStup correspondrait à une décriminalisation matérielle. De plus, l'aspect très centralisateur de cette loi ne tiendra plus compte des spécificités cantonales en matière de lutte contre la toxicomanie.
Lorsqu'on connaît les effets néfastes provoqués sur l'organisme des consommateurs de cannabis (réduction et déformation de la perception, perte de mémoire, diminution de l'attention et de la concentration, toux chroniques, entrave au fonctionnement du système immunitaire, difficultés d'apprentissage, tendance à l'isolement, syndrome amotivationnel et développement de psychoses), on déplore que la loi prévoie la légalisation de fait du cannabis et de ses dérivés. Plusieurs exemples, notamment les Pays-Bas où l'expérimentation du cannabis a fortement progressé, démontrent que la situation ne fait que s'aggraver dans les pays qui ont libéralisé le cannabis.
Le DaD considère donc que la nouvelle Loi sur les stupéfiants sape les efforts de prévention des parents, enseignants et éducateurs, ouvre la voie à un redoutable marché de toutes les drogues et donne un très mauvais signal à la jeunesse de notre pays.
Maximilien Bernhard

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Un enfant sur quatre est victime de violence sexuelle

Un enfant sur quatre est victime de violence ou d'abus sexuel en Suisse. Dr. Charlotte Bruderer, médecin à Gossau dans le canton de St-Gall, est spécialisée dans la psychothérapie chrétienne. «Je m'occupe de toutes les maladies psychiques», déclare-t-elle, «et en particulier en aidant les personnes dont les dégâts et les déficits se manifestant à l'âge adulte sont liés à leur enfance». Les abus sexuels, longtemps considérés comme des tabous, sont aujourd'hui pris au sérieux.


Madame Bruderer, qu'est-ce qui vous a conduit vers cette activité professionnelle?
A la fin de mes études, j'ai renoncé à ma foi chrétienne que j'avais depuis mon enfance, car je ne me sentais pas épanouie et elle ne m'aidait pas à «aimer mon prochain». A cette époque, je n'aimais personne, pas même moi-même. Mais avant d'abandonner définitivement ma foi, j'ai encore adressé une «ultime» prière à Dieu... et je l'ai rencontré. Les changements qu'il a ensuite opérés en moi m'ont conduite à me consacrer à la psychiatrie. L'âme me semblait désormais plus importante que le corps.

Vous aidez des personnes présentants diverses formes de déficits. Il semble qu'un nombre important de personnes nécessitent de l'aide...
C'est effectivement le cas, puisque personne ne peut prétendre être le fruit d'une éducation parfaite. Mais les conséquences varient énormément selon les circonstances et l'environnement familial. Les déficits apparaissent par exemple par manque d'amour ou d'attention, par le rejet, suite à un acte de violence ou de négligence. Le climat familial est déterminant pour le développement d'un enfant. Les influences positives aussi bien que négatives sont transmises de génération en génération.

Selon les statistiques, un enfant sur quatre serait victime d'abus sexuels. Comment cela se traduit-il concrètement?
L'abus sexuel est malheureusement une triste réalité. Ce qui est tragique, c'est que les victimes ont tendance à reproduire l'agression à leur tour. Qui plus est, l'agresseur fait souvent partie de la famille ou de l'entourage proche, et il oblige sa victime au secret ou le menace si cette dernière en parle à quelqu'un. Des phrases telle que «Si tu rapportes ce que j'ai fait avec toi, tu verras ce qui t'attends». Par peur, les victimes refoulent l'agression et par conséquent en viennent carrément à l'oublier.

Comment constate-t-on un abus sexuel?
Il se produit une désagrégation dans l'inconscient de l'individu. Et à chaque répétition de l'agression se produit le même processus. Les enfants, comme déjà expliqué, s'auto-programment au refoulement et au secret. Les abus dans la petite enfance ne peuvent quoi qu'il en soit être pris au sérieux par la victime elle-même. Et pourtant, des comportements types peuvent être constatés. Difficultés d'apprentissage, des performances scolaires en dents de scie, des troubles du sommeil, lorsque les enfants recommcencent à faire pipi au lit la nuit, des irritations dans les zones génitales du corps. De plus, il arrive souvent que des personnes abusées refusent le contact avec certaines personnes. De façon générale, les victimes d'agressions se renferment sur elles-mêmes, vivent dans le déni et développent une attitude de fuite. Mais ces derniers symptômes ne sont pas suffisamment spécifiques pour que l'on puisse les attribuer à coup sûr à des abus sexuels.

Comment cela se traduit-il chez les femmes adultes?
Comme les filles ont été programmées au refoulement, les problèmes n'apparaissent consciemment qu'à l'âge adulte seulement, dans la majorité des cas. Le temps qui s'écoule avant que les victimes ne demandent de l'aide est souvent long. Cela s'explique par le fait qu'il est difficile de mettre en lien les causes et les effets. Je suis très préoccupée par le fait que l'on ne soit pas seulement conscient du problème des abus, mais également de ses conséquences à l'âge adulte. Les victimes se découvrent troublées intérieurement, méfiantes ou sans valeur. Elles ont généralement des difficultés relationnelles avec les hommes.
Il arrive aussi que les activités sexuelles les fassent plonger intérieurement dans leur passé et soient liées à des sentiment d'horreur. Un certain nombre de victimes développent des fantasmes ou des comportements pervers. Mais le problème principal, ce sont la perturbation des relations entre les personnes abusées sexuellement et leur conjoint. Elles viennent en consultation d'abord pour des problèmes de dépression ou des douleurs physiques. Ce n'est qu'avec le temps et lorsque le dialogue s'approfondit qu'elles évoquent leurs problèmes sexuels. La sexualité est une partie importante de la personnalité. Les dégâts et agressions dont elle fait l'objet dérangent l'équilibre du corps et de l'âme.

Qu'en est-il des hommes?
Les hommes sont bien plus souvent victimes d'agressions sexuelles qu'il n'y paraît. Les abus proviennent de la part d'enseignants ou de religieux, de pères, de mères ou de frères et surs. Lorsque l'agression sexuelle provient d'un membre de la famille, elle est alimentée par des désirs pervers. Une des conséquences des abus sexuels de garçons est qu'à l'âge adulte, ils ne montrent que peu d'identité masculine, qu'ils souffrent d'un manque de compréhension de leur personne, qu'il développe des sentiments sexuels bâtards.

Comment expliquez-vous que l'on recourt aujourd'hui plus facilement à de l'aide extérieure?
La sensibilisation à ce problème a augmenté au cours de ces dernières années. Mais souvent, ce ne sont pas les problèmes sexuels qui conduisent les victimes à une consultation, mais des dépressions, des problèmes conjugaux, sexuels ou alimentaires.

En quoi consiste une thérapie pour ce genre de pathologie?
A partir des symptômes, je recherche la cause jusqu'à ce que cette dernière soit clairement identifiable. Pour cela, il s'agit de surmonter de nombreuses résistances de l'âme et de nature spirituelle. Mais bien souvent, la thérapie avance par étape. Au début, ni le patient ni le thérapeute ne savent ce qui ce cache derrière les symptômes. Il s'agit de se lancer ensemble à la recherche des causes. Cela présuppose que l'on reconnaît les blessures, afin qu'elles puissent être mises en lumière. Ce n'est qu'ensuite que l'on peut vraiment agir.

En quoi cette thérapie est-elle unique?
Ce qui est le plus surprenant en thérapie, ce sont les réactions de l'âme et du corps. Autant le dire clairement, sans Christ, une action en profondeur n'est pas possible. Lui seul peut par son Esprit Saint toucher les blessures profondes et les guérir. Dans le processus de guérison, il est indispensable que la victime puisse pardonner à son agresseur. Bien entendu, cela n'est possible que grâce à l'action restauratrice divine.

Que peut-on faire pour prévenir les abus?
Nous devrions vivre les principes bibliques dans le couple et la famille. Les parents devraient être prêts à mettre de l'ordre dans leur propre passé. Le danger de retrouver les mêmes problèmes dans la génération qui suit est réel. Les victimes se transforment facilement en agresseurs et les victimes risquent ainsi d'abuser de leurs plus jeunes frères et surs.
Les enseignants devraient bien observer leurs élèves et tenter d'engager le dialogue avec les parents d'un élève qui développe des comportements suspects. De plus, les parents devraient être encouragés à solliciter plus rapidement l'aide professionnelle à leur disposition. Enfin, il s'agirait de former un nombre plus important de thérapeutes, spécialisés dans les problématiques d'inceste.
Propos recueillis par Thomas Feuz

Autres problématiques familiales
Le manque de reconnaissance ou des déclarations dévalorisantes peuvent provoquer des blessures dans l'âme de l'enfant: «tu ne vaux rien», «comparé à ta sur, tu es vraiment zéro», «avec toi, nous n'avons que des problèmes», etc. Des disputes entre les parents et les enfants entraînent des attitudes violentes. Il est impératif que les parents ne mettent pas toujours la faute sur l'école. Il importe d'analyser sa propre histoire de façon critique et de renoncer à nier ses propres problèmes. Je vous encourage à rechercher de l'aide auprès de professionnels.

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RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS

L'UDF Vaud fête ses dix ans

A l'occasion de son congrès annuel du 22 mai dernier, la section vaudoise de l'UDF a fêté son 10e anniversaire à Crissier. Cette manifestation a débuté par la partie officielle durant laquelle les membres du comité ont tiré le bilan de la première décennie d'existence de leur section UDF. Ils ont notamment évoqué la participation de l'UDF aux élections communales de 1997 et 2001 avec l'obtention de plusieurs sièges dans les exécutifs et législatifs de diverses localités du canton, les élections cantonales 2002 où il a manqué seulement 32 voix à l'UDF pour obtenir son premier siège de député, et les élections fédérales de 1995 et 1999 durant lesquels l'UDF s'est positionnée comme premier parti des viennent-ensuite.
Les membres de cette section cantonale ont également participé activement à diverses récoltes de signatures pour des initiatives et des référendums, ont répondu à différentes consultations cantonales et fédérales et ont participé à plusieurs émissions de radio et de télévisions. Le soussigné, nouveau président cantonal, a également évoqué les élections fédérales du 19 octobre 2003, où l'UDF Vaud présentera une liste de 18 candidats au Conseil national et un candidat au Conseil des Etats.
La partie officielle a été suivie d'une projection publique d'un film relatif aux attentats sur 11 septembre 2001 à New York. Deux cameramen, qui avaient prévu de filmer une intervention des pompiers de cette ville, se sont retrouvés «par hasard» au cur des événements. Ils ont entre autre filmé l'ensemble de ce qui s'est passé depuis l'intérieur d'une des deux tours qui se sont finalement écroulées. Des images bouleversantes relatant cette terrible tragédie en ont résulté, les cameramen ayant miraculeusement survécu à l'effondrement des tours.
Après la projection, Jean-Claude Chabloz, chargé de mission au Palais fédéral et invité des festivités de l'UDF, a partagé les messages qui pouvaient être adressés au pouvoir politique suite à la tragédie du 11 septembre.
Il a rappelé que le monde ne se définissait pas seulement par l'espace et le temps, mais aussi par les personnes. Il a explicitement invité les chrétiens à reconsidérer leur rôle et leurs responsabilités face à la société. Les chrétiens doivent par conséquent adopter une attitude solidaire et co-responsable vis-à-vis de la société dans laquelle ils vivent. Cette dernière est structurée par des lois et des autorités auxquels tous sont soumis. Il a d'autre part rappelé que les chrétiens étaient appelés à prier pour les autorités, et a cité plusieurs exemples de l'Ancien Testament où des personnes proches de Dieu exerçaient une fonction publique ou politique (Moïse, Joseph, Esther, David). Il a souligné le fait que lorsque Dieu voulait changer une nation, il envoyait un prophète au «siège du pouvoir» (Esaïe chapitres 6 et 7). Les paroles de ces prophètes englobaient d'ailleurs les aspects de la vie de famille, la dimension politique ainsi que la vie religieuse. Il a appelé, non pas l'église, mais les chrétiens ayant une vocation politique à s'engager, en les encourageant à avoir une attitude empreinte d'humilité. Pour finir, il a communiqué son espérance pour une société meilleure, sans toutefois être trop idéaliste.

Maximilien Bernhard

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Genève

Les premiers jours de juin, nous avons vu Evian au Sommet et Genève à terre! Qui sont les 70 000 manifestants qui ont envahi Genève?
L'antimondialisation prend sa source dans le marxisme. Mais l'éclatement des points de vue alternatifs entre 1975 et 1985 donna naissance à quatre mouvances: tiers-mondiste, écologiste, féministe et pacifiste. Toutes quatre rejettent la montée du capitalisme libéral.
En 1994, après la chute du communisme, la guérilla zapatiste des Chiapas au Mexique fait rage et l'accord continental de libre-échange Alena entre en application. Ces deux événements serviront de détonateur à la résistance antimondialiste, qui se tourne alors vers une autre voie: l'altermondialisme (un autre monde), lors de la grande rencontre de Porto Alegre 2002-2003, réunissant au Brésil une multitude d'organisations contestataires.
Ce bref rappel historique nous permet de mieux comprendre que certains manifestants «pour la paix» ne sont pas des gens si paisibles, mais plutôt des crieurs de slogans, qui dérapent vite, au point d'en arriver à la «guérilla urbaine» comme on l'a vu lors de ce week-end anti-G8, lorsque les bancs et les containers flambaient pour empêcher la traversée des ponts de la ville.
Il y a des raisons valables de désapprouver la politique mondialiste actuelle et la mise en scène théâtrale et non démocratique du G8. Mais en quoi ces manifestations contestataires de rue, renforcées par les déprédations des casseurs, vont-elles modifier le nouvel ordre mondial? La politique ne s'improvise pas dans la rue en haranguant les foules ou en cassant les vitrines.
Un sprayeur anonyme avait écrit sur une palissade: «La paix dans le monde, c'est la paix dans le cur». Cet écrivain des murs a compris l'essentiel; peut être connaît-il Dieu, qui nous dit aussi cela dans sa Parole. Le prophète Jérémie nous dit ce que produit l'abandon de Dieu: «Voici, ils ont méprisé la Parole de l'Eternel, et quelle sagesse ont-ils?... Paix! Paix! disent-ils; et il n'y a point de paix»(8, 9 et 11).
Les rencontres du G8 se sont focalisées sur quatre thèmes majeurs: la solidarité, l'esprit de responsabilité, la sécurité et la démocratie. Il est vrai qu'aujourd'hui ces quatre objets sont plus que malmenés, le néo-libéralisme tentant plutôt de les éliminer. Mais ce n'est qu'en changeant nos curs, en revenant à Dieu, que chaque être humain, du G8 ou de l'anti-G8, pourra respecter de telles valeurs et être rendu capable de les promouvoir.

Dominique Ardellier

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RUBRIQUE spéciale éléctions

En vue des élections fédérales, l'UDF vous présente son programme d'action pour la législature 2003-2007. Celui-ci donne la ligne politique du parti pour les futurs débats parlementaires.
La réflexion et l'engagement de l'UDF s'enracinent dans l'Evangile de Jésus-Christ. L'UDF mène une politique indépendante et ne se considère pas comme le porte-parole officiel d'une dénomination.
Religion: l'UDF s'engage à ce que les valeurs chrétiennes gagnent en influence dans le débat politique suisse, tout en demeurant attachée au principe d'un Etat non confessionnel et démocratique.
L'UDF s'engage à veiller au maintien de la liberté de croyance, de conscience et de culte en Suisse. En revanche, l'UDF s'opposera à tout projet politique visant à donner un statut officiel à une religion non liée à l'héritage judéo-chrétien. Liberté religieuse et de conscience: Lors de l'élaboration de nouvelles lois ou de décrets, l'UDF s'engage pour le maintien de la liberté de croyance et de conscience, en particulier dans les domaines médical, de la formation et de la recherche. L'UDF s'oppose à toute discrimination professionnelle liée aux convictions religieuses telles que la discrimination pour refus de participer à des avortements. Elle s'oppose aussi à l'utilisation de la liberté de l'art pour blasphémer la création divine.

La vie: Afin d'éviter les avortements, l'UDF propose de soutenir toute action visant à apporter une aide matérielle et psychologique à la femme qui, en raison de sa grossesse, se trouve dans un état de détresse. L'UDF s'oppose aux diverses formes d'atteinte à la vie humaine, telles l'euthanasie active ou les interventions dans le patrimoine génétique humain. L'UDF oppose à l'euthanasie le développement des soins palliatifs. Le clonage humain doit être interdit.
Politique familiale: l'UDF s'engage pour que les familles disposent d'avantages fiscaux et dans le cadre des assurances maladie. L'UDF s'oppose à tout projet de «mariage bis» tel que le «Pacs», tant pour les concubins que pour les couples homosexuels. L'adoption d'enfants doit être facilitée et accessible uniquement aux couples mariés. Afin de renforcer le noyau familial, l'UDF soutient l'octroi d'allocations familiales adéquates et s'engage en faveur d'une assurance maternité dont le financement est garanti.
Santé: l'UDF s'engage, en sus de la solidarité collective, à une plus grande responsabilité individuelle. L'UDF se prononce en faveur d'une assurance maladie de base financièrement raisonnable excluant les médecines alternatives. Elle s'engage à ce que les comportements sains (abstinence de tabac, d'alcool, de drogue) soient récompensés par des primes plus avantageuses.
Dépendances: l'UDF soutient une politique de la drogue qui vise à l'abstinence. Dans le cadre de la révision de la Loi sur les stupéfiants (LStup), l'UDF s'oppose à la distribution d'héroïne et autres substances comparables sous contrôle médical et à leur remboursement par l'assurance maladie obligatoire. L'UDF s'engage en faveur des thérapies qui conduisent réellement à la guérison et à la réhabilitation sociale. Elle s'oppose par contre à une banalisation de la consommation des drogues et à une attitude libérale en la matière.
En ce qui concerne la législation sur les casinos, l'UDF soutient la création de programmes d'aide et de prévention pour joueurs pathologiques.
Pédophilie / pornographie: l'UDF demande à l'Etat une application stricte des lois existantes et la lutte contre la pornographie et ses effets négatifs. De plus, notre pays doit se donner les moyens de lutter plus efficacement contre la criminalité organisée et la pédophilie, notamment sur internet.
Economie: Dans l'intérêt d'une économie florissante, l'UDF s'engage dans la paix du travail et demande l'amélioration des conditions cadres pour les petites et moyennes entreprises (PME). L'UDF s'engage pour la revalorisation de la filière de formation pratique. Elle s'engage aussi pour faciliter la réinsertion professionnelle des chômeurs.
L'UDF est favorable au maintien d'un service public de qualité sur l'ensemble du territoire. Les régions périphériques ne doivent pas être désavantagées.
Protection du consommateur: l'UDF s'engage pour une limitation du petit crédit et de sa promotion publicitaire. Une réglementation stricte de la publicité doit aussi être mise en place pour les produits engendrant des dépendances, notamment afin de protéger les mineurs.
finances publiques: l'UDF s'engage pour un assainissement des finances fédérales ainsi que pour un budget équilibré. Les grands projets d'avenir doivent servir l'intérêt de la Suisse et favorise la cohésion nationale.
Agriculture et environnement: l'UDF s'engage en faveur d'une agriculture compétitive. Des dédommagements doivent lui permettre de produire des aliments sains et naturels et de maintenir intact l'environnement. L'UDF soutient une politique de l'environnement fondée sur le développement durable.
Racisme/étrangers: l'UDF s'oppose à tous les mouvements qui constituent un terrain propice au racisme et à l'antisémitisme. Elle s'engage pour que les personnes persécutées puissent continuer de trouver refuge dans notre pays tout en s'opposant à l'abus de sa politique d'accueil.
Politique étrangère: l'UDF se prononce en faveur d'une Suisse politiquement libre et indépendante. Elle s'oppose à une entrée dans l'Union européenne et lui préfère les accords bilatéraux.
Pour des raisons liées au rôle attribué à Israël dans la Bible, l'UDF demande que la Suisse défende les intérêts de l'Etat et du Peuple juif.
L'action éprouvée de la Suisse à l'étranger (aide au développement, aide en cas de catastrophe, CICR) doit être maintenue et développée. L'UDF se prononce en priorité pour l'aide prodiguée sur place, forme d'aide la plus efficace.
Au vu des menaces croissantes dans le monde, nous continuerons d'exiger de la Suisse qu'elle use de son influence dans les situations où la liberté de croyance fait l'objet de restrictions abusives.

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Europe: une Constitution sans Dieu ni valeurs chrétiennes

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing a présenté officiellement les 19 et 20 juin derniers son projet de Constitution européenne, lors de la Convention sur l'avenir de l'Europe, au sommet de Thessalonique. Cette Constitution inscrit la réforme des institutions européennes afin de les adapter à l'Europe élargie des 25. Le texte définitif qui sera adopté par les chefs d'Etats lors de la Conférence intergouvernementale du 15 octobre 2003, établit l'existence de l'Union européenne (UE) sur le plan politique.
Valéry Giscard d'Estaing a souligné que tout texte constitutionnel comprend un préambule ­ contraignant ou pas. Or le second article de ce préambule a soulevé de vives critiques et nous concerne en tant que chrétiens: «L'Union est fondée sur les valeurs de dignité, de liberté, de démocratie, d'Etat de droit et de respect des droits de l'homme, valeurs communes à tous les Etats membres. Son objectif est une société qui vive en paix grâce à la pratique de la tolérance, de la justice et de la solidarité.»
Comme vous pouvez le constater, il ne contient aucune référence à Dieu ni aux valeurs chrétiennes, contrairement aux préambules des constitutions nationales. Exemples: «Au nom du Dieu Tout puissant» (Suisse), «tous les citoyens ceux qui croient en Dieu, source de la vérité, de la justice, de la bonté et de la beauté» (Pologne), «Conscient de sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes» (Allemagne), «Les pouvoirs publics tiendront compte des croyances religieuses de la société espagnole» (Espagne). L'entrée des pays de l'Est dans l'Union ­ pays issus de républiques populaires, marqués par le communisme et l'athéisme, semble fournir l'occasion de supprimer toute référence à la foi chrétienne.
Certains pays comme la Pologne, la Lituanie, l'Italie, la Slovaquie ont déjà réagi par des amendements afin de réintégrer une référence à Dieu et aux valeurs chrétiennes dans la Constitution européenne, avec l'appui du Parti Populaire Européen (centre-droit), de certains parlementaires allemands et du PDC suédois. Mais Giscard d'Estaing, soutenu par la France et la Belgique, maintient son refus de référence aux valeurs judéo-chrétiennes au nom du principe de la laïcité et par crainte de heurter les sensibilités des autres groupes religieux.
Etant donné que cette Constitution stipule que l'UE est ouverte à tous les Etats européens qui respectent ses valeurs et qui s'engagent à les promouvoir, et que l'article I-10 mentionne que la Constitution a la primauté sur le droit des Etats membres, on peut se demander quels seraient les risques/conséquences de son adoption. Le gouvernement européen pourrait prendre des décisions juridiques sur des questions d'ordre moral comme l'avortement, l'euthanasie ou la législation des couples homosexuels, et l'imposer à ses membres. Le texte du préambule offre toute légitimité aux valeurs humanistes, à l'héritage grec et romain et aux «courants philosophiques des Lumières», dans l'enseignement scolaire et civique, déifiant l'homme en excluant Dieu. Le christianisme sera ainsi dilué voire noyé dans ces courants et «la pratique de la tolérance» invoquée. La liberté de l'Eglise pourrait être compromise, la Constitution laïque pouvant être utilisée contre les libertés actuellement reconnues aux chrétiens.
La Suisse a la chance de ne pas être membre de l'Europe, et ce projet très avancé de Constitution montre son intérêt à rester libre. En effet, pouvons-nous nous engager à respecter ses valeurs laïques et à les promouvoir? L'UDF a de tous temps privilégié les accords bilatéraux à l'adhésion à l'UE . Cette position a le mérite de nous permettre de dépendre de notre propre Constitution «au nom du Dieu Tout puissant», de préserver notre liberté de croire en Dieu et en son fils Jésus-Christ.

Dominique Ardellier

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