L'UDF édite Impulsion. Ce journal, qui paraît entre cinq et neuf fois par an, informe de l'actualité politique suisse et de l'action de l'UDF au niveau fédéral et dans les différents cantons romands. Chaque édition contient également une interview. 

Edition actuelle 6/03 - septembre 2003 :

  • Edito : Elections 2003: une première
  • Nationale : L'UDF dans la course des élections fédérales
  • L'UDF dans les cantons : 18 candidats pour la troisième participation de l'UDF Vaud aux élections fédérales
  • Internationale : Les forces religieuses et politiques en Irak
  • Réflexion : L'Evangile, valeur sûre dans un monde de dépression

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Edition septembre 2003

RUBRIQUE EDITO

Elections 2003: une première

La campagne pour les élections fédérales du 19 octobre prochain bat son plein. Les partis traditionnels s'attaquent mutuellement. L'UDF, qui se profile comme le parti des années éthiques, souhaite avant tout mettre en avant ses propositions plutôt que d'attaquer aux autres partis.
L'UDF a élaboré plusieurs propositions dans les domaines de la liberté de croyance et de conscience, la protection de la vie, la politique familiale et financière et le respect des valeurs éthiques fondamentales (lire en page 4).
Plusieurs de ses propositions sont d'ailleurs reprises dans le cadre d'émissions électorales par les médias. Celle qui interpelle le plus est sans doute celle concernant l'assurance-maladie dont les primes ne cessent d'augmenter. Le principe est simple. Il s'agit de faire reposer le système de cette assurance sur le principe de la responsabilité individuelle. L'UDF considère en effet que les personnes qui évitent de consommer des substances qui nuisent à leur santé doivent bénéficier de réductions de primes. Exemple concret: sur la base d'un certificat médical envoyé à sa caisse maladie, une personne qui ne fume pourrait profiter d'une diminution de prime. D'autre part, l'UDF souhaite déplacer un certain nombre de prestations de l'assurance de base vers les assurances complémentaires. Il s'agirait par exemple de déplacer les prestations liées à la distribution d'héroïne et celles de l'interruption de grossesse, le fait pour une femme de tomber enceinte ne devant pas être pas considéré comme une «maladie». Ceci dit, les individus souhaitant recourir à ces prestations pourront continuer à le faire par le biais des assurances complémentaires. L'UDF estime toutefois inacceptable sur le plan éthique de demander à chaque assuré de cofinancer ce genre de prestations.
Les autres propositions de l'UDF interpelleront sans doute tout autant celles et ceux qui en prendront connaissance.
C'est donc avant tout dans un état d'esprit positif que l'UDF souhaite faire campagne.

Maximilien Bernhard


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RUBRIQUE: Nationale

L'UDF dans la course des élections fédérales

Le 19 octobre prochain, votez pour des candidats udf sur vaud, berne, jura et fribourg

L'Union Démocratique Fédérale (UDF) a récemment déposé ses listes électorales. En Suisse romande, l'UDF présente des listes de candidats pour le Conseil national dans les cantons de Fribourg (3 candidats), Jura (2 candidats), Berne (25 candidats) et Vaud (18 candidats). L'UDF présentera également un candidat à l'élection du Conseil des Etats à Berne et sur Vaud. Pour le canton de Berne, l'actuel Conseiller national Christian Waber et pour le canton de Vaud, Maximilien Bernhard, membre du législatif yverdonnois depuis 1997, président de l'UDF Vaud depuis 2003 et actuel secrétaire romand de l'UDF, se sont portés candidats à la chambre des cantons.
A noter que c'est la première fois que l'UDF présente des candidats dans les cantons de Fribourg et du Jura. Premier parti des viennent ensuite dans le canton de Vaud en 1995 et 1999, l'UDF croit en ses chances de décrocher un à deux sièges romands à l'occasion des élections fédérales de cet automne.
Faut-il rappeler qu'au cours de ces dernières années, l'UDF a connu plusieurs succès. Dans le canton de Vaud, les élections communales de 2001 ont permis à l'UDF de doubler pratiquement sa représentation au législatif d'Yverdon-les-Bains, seconde ville du canton. Elle y détient désormais 9 des 100 sièges. En 2002, l'UDF a manqué de quelques dizaines de voix seulement, son entrée au Grand Conseil vaudois.
Les années 80 ont été marquées par une succession d'enjeux écologiques, alors que le début du XXIe siècle se caractérise par de nombreux débats à dimension éthique. Il est donc normal que la période que nous vivons soit celle du développement de partis qui axent leur politique sur les questions éthiques. Ces dernières constituent la priorité de l'UDF et l'élément rassembleur du parti sur le plan suisse.
Les priorités de l'UDF pour les années à venir sont la défense des intérêts de la famille, la liberté de conscience et de croyance, la protection de la vie, ainsi qu'une politique de la santé raisonnable et accessible à tous. Concrètement, l'UDF a élaboré un catalogue de propositions contenant notamment l'obligation faite aux cantons de promouvoir les soins palliatifs, un droit d'objection de conscience dans le domaine médical, des baisses de primes de caisses maladie pour les assurés renonçant à un style de vie nuisant à leur santé et la création de zones non-fumeurs dans l'ensemble des établissements publics de notre pays.
Constitué de chrétiens de diverses appartenances ecclésiastiques, ce parti existe depuis 1993 en Suisse romande. Au niveau suisse, l'UDF est actif depuis plus de vingt-cinq ans. Il est présent dans l'ensemble des cantons suisses à l'exception du Tessin, ce qui fait de lui un des plus importants partis non-gouvernementaux de ce pays. L'UDF compte actuellement un Conseiller national bernois, des députés au législatif de plusieurs cantons, ainsi qu'un nombre croissant d'élus aux exécutifs et législatifs locaux.
Ces dernières années ont marqué une progression constante des scores électoraux de l'UDF.


L'UDF a son mot à dire à Berne

Le Conseiller national UDF Christian Waber explique sa motivation d'exercer son mandat au parlement. Il s'exprime également sur les objectifs électoraux de son parti.

Quel bilan personnel tirez-vous de votre mandat au Conseil national de ces quatre dernières années?
Le bilan politique de mon engagement au Conseil national peut se mesurer à mes interventions. Au total, j'ai fait 17 propositions et autres prises de position toutes relatives à des questions éthiques ou sur la valeur de la vie. J'ai eu l'occasion d'observer un retournement de situation en ce qui concerne la nouvelle loi sur les stupéfiants, grâce notamment à mes arguments. Aujourd'hui, les opposants à la libéralisation de la drogue sont presque majoritaires.
Même sur des questions d'environnement, j'ai réussi jusqu'à ce jour à empêcher la construction d'un centre commercial et de loisirs dans la région de Berne pour préserver des quartiers familiaux de la pollution du trafic.
Sur le plan des relations, j'ai pu nouer de bons contacts et soigner de bonnes relations avec les Conseillères et Conseillers fédéraux ainsi qu'avec le personnel de la Confédération.

Dans quels domaines spécifiques avez-vous l'impression que la voix de l'UDF a été utile et entendue?
L'UDF a souvent l'occasion d'expliquer ses positions éthiques et morales. Les médias nous connaissent et font souvent appel à l'UDF pour s'exprimer sur les dossiers éthiques à l'instar des drogues, de la liberté religieuse, de l'avortement ou encore de l'homosexualité. L'UDF a renforcé sa position dans le paysage politique. Le parti est aujourd'hui accepté et respecté par la population, en particulier par la frange soucieuse du maintien des valeurs.

Ce mandat a également inauguré la participation à une fraction politique. Avec le recul, était-ce une bonne décision?
La collaboration au sein de la faction politique peut être qualifiée de bonne. Ses cinq membres se sont appréciés en tant qu'individus et chrétiens. Il y a eu de la place pour le respect et la liberté d'expression individuelle. Sans faction politique, il est aujourd'hui pratiquement impossible de faire de la politique sous la coupole fédérale. Du fait de l'absence des commissions, trop nombreuses sont en effet les informations qui manquent pour effectuer un travail sérieux. Une petite faction a de nombreux avantages, et sa présence au sein des commissions et son temps de parole est proportionnellement plus important que celui des grands partis.

Quels sont les objectifs électoraux de l'UDF?
Nous avons de bonnes chances d'obtenir davantage de sièges au parlement que par le passé. Dans le canton de Zurich ainsi que le canton de Vaud, les jumelage de listes devraient être propices à l'UDF. Nous espérons et prions pour l'obtention de trois mandats. Je serais en effet très reconnaissant d'avoir à mes côtés deux collègues de parti.

Quels sont les principaux enjeux de la prochaine législature?
Nous avons un gros problème sur le plan politique. Toujours plus de personnes formulent des lois, sans avoir de relation avec le monde du travail. Ils n'ont aucune idée de ce que sont une pioche ou une pèle. 20 des 46 membres du Conseil des Etats sont par exemple des juristes. Il manque cruellement des gens qui font partie du peuple, avec ses besoins et ses soucis.
Les principaux enjeux des quatre prochaines années seront l'enregistrement de couples du même sexe, l'assainissement des finances, la réduction des tâches de l'Etat, l'adhésion à l'Union Européenne et les transports publics.

Si c'était à refaire, auriez-vous à nouveau des ambitions politiques à l'échelon fédéral?
Ma grande satisfaction sont mes contacts personnels avec de nombreuses personnes. Dans de nombreuses situations, je n'ai pas été sollicité en tant que politicien, mais comme individu ou chrétien. Si je devais faire un bilan de ma «carrière» politique depuis 1984, je ne peux que dire mon étonnement de ce que Dieu a fait. Je suis très reconnaissant d'avoir été conduit à m'engager sur le plan politique.


Donnez votre voix à l'éthique chrétienne en politique


Septembre 2003

Elections fédérales du 19 octobre 2003 : des chrétiens à Berne

Madame, Monsieur,

Notre pays connaît de profondes mutations. Placé devant de nouveaux défis et des choix qui auront une influence directe sur l'avenir des générations présentes et à venir, chaque parti y va de sa vision, de ses méthodes ou solutions.

Dans le débat politique actuel, une voix fait souvent défaut. C'est celle des chrétiens. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de croyants sous la Coupole fédérale. Toutefois, leur influence sur les décisions semble encore bien limitée.

Nous somme convaincus que, pour l'avenir de ce pays, le Conseil national et le Conseil des États ont besoin d'élus dont l'engagement chrétien est clair. La classe politique a besoin de repères. Ce d'autant plus que la prochaine législature comporte de nombreux enjeux éthiques, tels l'euthanasie, la politique de la drogue ou les revendications homosexuelles, pour n'en citer que quelques-uns.

Dans cette perspective, nous vous encourageons à voter en priorité pour les chrétiens lors des élections qui se dérouleront le 19 octobre prochain.

Dans une perspective éthique et afin de promouvoir les valeurs judéo-chrétiennes à Berne, nous vous encourageons à faire connaître dans votre entourage et recommander, pour le Conseil national, la liste de l'UDF dans votre canton ­ Union Démocratique Fédérale ­ ainsi que pour M. Maximilien Bernhard pour le Conseil des Etats dans le canton de Vaud. Tous ces candidats sont des chrétiens engagés.

C'est certainement une manière de « rechercher le bien de la ville » (Jérémie 29, 7), parce que notre paix dépend de la sienne.

 

Heinz Suter, Paul Schoop, Philippe Corthay, Kurt Bühlmann

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RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS

18 candidats pour la troisième participation de l'UDF Vaud aux élections fédérales

Pour la troisième fois consécutive, la section vaudoise de l'UDF présente une liste de candidats à l'élection du Conseil national. Cette liste est complète, à savoir 18 personnes.

Nouveauté pour cette année: l'UDF présente également un candidat à l'élection de Conseil des États. Suite aux divers succès et résultats électoraux de l'UDF dans le canton durant ces quatre dernières années, les candidats vaudois sont très motivés. En effet, les chances de décrocher un siège aux Chambres fédérales sont réelles. L'UDF espère décrocher le 18ème siège attribué au canton de Vaud suite à la nouvelle répartition par canton.

Toutes les générations sont représentées. La plus jeune des candidates a 18 ans. Plusieurs autres candidats ont moins de 25 ans, ce qui démontre que les idées de l'UDF interpellent de plus en plus la jeune génération. Durant ces quatre dernières années, l'UDF Vaud a travaillé dans de nombreux domaines, et espère dès lors récolter les fruits de son travail.

L'UDF Vaud a décidé de s'apparenter le Parti évangélique (PEV), nouveau venu sur la scène politique vaudoise. Le programme d'action du PEV comporte plusieurs points avec lesquels l'UDF est en accord, et certaines valeurs du PEV sont également partagées par l'UDF, les deux formations politiques demeurant complémentaires et non pas concurrentes.

En Suisse alémanique, l'UDF et le PEV se sont déjà apparentés à plusieurs reprises, permettant ainsi aux deux formations de renforcer leur représentation politique respective dans divers parlements. Cet apparentement renforcera dès lors les chances de l'UDF romande de placer l'un des siens sous la coupole fédérale.

Du matériel électoral peut être commandé via le site Internet www.udf.ch ou par tél. au 021 903 18 77. Merci d'avance pour votre soutien. (MB)


Affiche électorale
L'UDF Romande a choisi de conserver l'affiche électorale qu'elle a utilisé lors de ses précédentes campagnes électorales. Cette décision est motivée par le fait que l'UDF souhaite pérenniser, durant quelques années encore, cette affiche qui lui permet d'être reconnue facilement lors d'élections.
Cette affiche, qui représente un petit garçon scrutant l'avenir à l'aide d'un cornet de glace, rappelle que l'UDF se veut résolument tournée vers le futur, tout en restant attachée aux fondements judéo-chrétiens. Le slogan rappelle les valeurs auxquelles l'UDF est attachée (protection de la vie, défense de la famille traditionnelle, etc.).



Les engagements de l'UDF

En complément à son programme d'action, l'UDF a élaboré un catalogue de 10 propositions pour la prochaine législature. Les futurs élus de l'UDF développeront, puis élaboreront les propositions suivantes:

  1. Liberté de conscience et de croyance: Introduire un droit d'objection de conscience dans le domaine de la santé. Ce droit doit pouvoir permettre à chaque professionnel de la santé de refuser de fournir des prestations contraires à ses convictions, de nature éthique ou religieuse dans les domaines de l'interruption de grossesse et de l'euthanasie.
  2. Vie: Afin de diminuer les souffrances de personnes malades en fin de vie, inscrire dans la loi l'obligation faite cantons de promouvoir les soins palliatifs comme alternative à l'euthanasie, l'UDF estimant en effet que le rôle de l'Etat est de protéger la vie, soit-elle en devenir, handicapée ou malade.
  3. Politique familiale et financière: Afin de favoriser la natalité, des déductions fiscales conséquentes doivent pouvoir être opérées, et plus particulièrement pour les familles à revenus modestes. De plus, le montant minimum des allocations familiales doit être de fr. 250.- par enfant.
  4. Elaborer une assurance-maternité financièrement supportable.
  5. Inclure les familles adoptives dans le cadre de l'assurance-maternité. Permettre à ces familles de déduire fiscalement les frais d'adoption.
  6. Permettre aux contribuables de déduire de leur déclaration d'impôts les dons aux églises et uvres chrétiennes reconnues d'utilité publique.
  7. Respect des valeurs éthiques fondamentales: Afin de respecter ces valeurs, élaborer un code de conduite éthique en matière de politique sanitaire, financière, économique et environnementale.
  8. Au sujet de la politique sanitaire, faire reposer notre système d'assurance-maladie sur le principe de la responsabilité individuelle. Les assurés renonçant à un style de vie nuisant à leur santé doivent être récompensés par des baisses de primes.
  9. Sur la plan financier, veiller à ce que l'État crée des réserves suffisantes lors d'embellie conjoncturelle afin de pouvoir investir en période de conjoncture défavorable, et de fait soutenir l'économie.
  10. Santé publique: créer des espaces non-fumeurs dans l'ensemble des établissements publics de notre pays.

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Rubrique internationale

Les forces religieuses et politiques en Irak

Depuis la chute de Saddam Hussein en Irak, différentes factions islamiques émergent, tant pour résister que pour tenter de prendre le pouvoir. Les trois principales qui s'affrontent actuellement sont les sunnites, les chiites et les wahhabites. Les sunnites tirent leur nom de la sunna, «la tradition», un ensemble de textes et de récits (les hadiths) enseignant à ces musulmans «orthodoxes» le comportement «juste» de Mahomet. Sur le plan international, la majorité des musulmans est sunnite (85-90%); mais en Irak, ils forment une minorité, regroupée au centre du pays. Plus rigoureux dans l'interprétation du coran et l'application de la tradition, les sunnites s'opposent à l'idée chiite qu'un membre de la famille de Mahomet lui succède. Sur le plan politique, les sunnites ont détenu le pouvoir en Irak depuis la période de l'Empire ottoman. Certains groupes intégristes sunnites proches d'Al-Qaida opèrent au centre du pays.
Les chiites - de l'arabe shia qui veut dire «parti» - sont les musulmans prétendent qu'Ali (le cousin et gendre de Mahomet mort en 661) et ses descendants, sont les successeurs légitimes de Mahomet. Pour eux, la révélation n'a pas pris fin avec Mahomet; de ce fait, ils attendent la venue à la fin des temps de l'imam caché Mahdi, «l'inspiré de Dieu», qui représente pour eux le dernier et le plus parfait des prophètes. Les chiites sont minoritaires dans l'islam (10%) mais majoritaires en Irak, où ils représentent 60% de la population, soit 13 des 25 millions d'habitants. Depuis la chute de Saddam Hussein, ils ont retrouvé la liberté de vénérer comme martyrs Ali et son fils Hussein enterrés à Nadjaf. Souvent méprisés et maltraités par les sunnites, les chiites ont un fort sentiment de persécution et de martyr, qu'ils expriment entre autres par un drapeau noir, des vêtements noirs et des cérémonies de flagellation lors de leur grand pèlerinage à Kerbala. Les chiites rêvent de ramener à Nadjaf le centre du chiisme, qui s'est installé à Qom en Iran, pour échapper à la répression du parti baas irakien.
Tant religieusement que politiquement, les chiites s'appuient sur la hawza, à la fois école et système d'enseignement, garant de l'ordre moral et social, dirigée et financée par un marja. Ce leader de référence n'est pas un élu, mais un grand clerc reconnu pour son savoir. Ses adeptes lui versent un impôt religieux, le Khoms avec lequel il finance les institutions, les mosquées, les hôpitaux, etc. Depuis quelques temps la hawza intègre les sciences sociales et la psychologie, ce qui entraîne une ouverture politico-religieuse de ce mouvement, vers la modération et la démocratie. L'autre nouveauté politique, c'est que bien que le titre de marja ne se transmette pas, des fils de marja entrent actuellement en concurrence politique au sein de partis religieux. Si bien que les chefs de partis, les autorités religieuses et le/les marja forment un système pluraliste. Mohammed Baqr al Hakim, le leader chiite qui vient d'être assassiné à Nadjaf, était l'un des fils de Mushin al-Hakim, le marja le plus suivi dans les années 1960.
Les wahhabites ont fondé l'Etat d'Arabie Saoudite en 1932 - pays abritant La Mecque et Médine. Ils sont les plus strictes, les plus intolérants fondamentalistes de l'Islam. Ce mouvement extrémiste combat tous les autres musulmans, les traitant de polythéistes parce qu'ils s'ouvrent au progrès et au monde. L'Arabie en ayant fait sa religion d'Etat, est le fief de sa doctrine et de son financement grâce aux pétrodollars. Cette doctrine s'attache plus aux apparences religieuses qu'à la spiritualité. Ben Laden est un wahhabite typique, qui applique à la lettre ce que ce mouvement lui a enseigné. 15 des 19 terroristes du 11 septembre étaient des wahhabites saoudiens. Actuellement, des intégristes wahhabites d'Arabie infiltrent l'Irak, se liant avec les partisans de Saddam Hussein. L'attentat contre l'ONU ainsi que l'assassinat de Mohammed al-Hakim leur sont attribués.
10% de la population saoudienne est chiite. Ils occupent l'Est de l'Arabie, là où se trouvent les principaux gisements pétroliers. Si le soulèvement chiite irakien continue de prendre de l'ampleur sous l'effet de leur libération et de leur colère, et si un nouveau marja émergeait, cela pourrait amener les chiites saoudiens, du Koweit et de Bahreïn à faire coalition. Et cette force chiite pourrait mettre à bas les sunnites et les wahhabites, ce qui ferait l'affaire de la majorité du peuple irakien et des Américains, en portant un coup à la fois aux partisans de Saddam Hussein et au terrorisme. Dominique Ardellier

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Rubrique : Réflexion

L'Evangile, valeur sûr dans un monde de dépression

Il est une valeur qui n'est pas cotée en bourse mais qui n'en est pas moins puissante, c'est la valeur de nos pensées et de nos convictions.
Dans ce domaine, notre monde a échangé certaines valeurs sûres pour une multitude de valeurs volatiles qui finalement ne tiennent pas leurs promesses, engendrant des troubles tels qu'insécurité, peur, dépression, violence...
De ces troubles, il en est un qui peut retenir particulièrement notre attention : c'est la violence que l'on se fait à soi-même. Le suicide, reflet de nos pensées et convictions, est l'indice de la valeur que peut représenter la vie à certains moments.
Les statistiques sont effarantes et peuvent nous faire réfléchir. Par exemple, au Japon, en 1998 (année de crise économique), sur les dix premiers mois de l'année, plus de 27000 personnes se sont données la mort volontairement. Toujours en Asie, deux millions de Chinois tentent chaque année de mettre fin à leur jour et 250 000 y parviennent. En France, elles sont plus de 11000 par année. Enfin, en Suisse les chiffres sont moins impressionnants mais restent considérables. En 1999, 1296 personnes ont mis un terme à leur existence. L'OMS estime le nombre de suicides dans le monde à 850 000 en 2000.
Le diable dit lui-même en Luc 4, 6 que les royaumes de la terre lui appartiennent, et ces statistiques lui rendent témoignage.
Face à cette tragédie, les valeurs et l'espérance qu'apporte l'Evangile sont d'actualité et doivent être annoncées.
Mais le diable travaille à son fond de commerce. Il y a quelques années, la cinquantaine de victimes de l'OTS a fait couler beaucoup d'encre, suscitant une psychose de la secte et rendant aussi plus difficile la transmission de l'Evangile. C'est comme si l'on avait coupé la branche qui peut nous sauver de ce qui nous fait peur.
Ces chiffres, 850 000 face à 50 devraient remettre la vraie perspective, sans minimiser le problème qu'a pu susciter l'OTS. Le vrai drame ne vient pas des sectes, mais des valeurs que le monde véhicule.
Bien qu'il n'existe aucune statistique, nombreuses sont les personnes qui, plutôt que d'abréger leurs jours alors qu'il n'y avait plus d'espoir, ont retrouvé un sens à leur vie, non pas calqué sur les valeurs courantes mais sur les valeurs que donne l'Evangile.
«Je connais, moi, les plans que je prépare à votre intention ­ déclaration du Seigneur ­ non pas des plans de malheur, mais des plans de paix, afin de vous donner un avenir et un espoir. Alors, vous m'invoquerez, et vous pourrez partir; vous me prierez, et je vous entendrai. Vous me rechercherez et vous me trouverez, car vous me chercherez de tout votre cur. Je me laisserai trouver par vous...» (Jér. 29, 11-14)
Gabriel Schneider, pasteur de l'Eglise évangélique de Pentecôte, Yverdon-les-Bains


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