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Edition septembre 2003
RUBRIQUE EDITO
Elections
2003: une première
La campagne pour les élections fédérales du 19 octobre
prochain bat son plein. Les partis traditionnels s'attaquent mutuellement. L'UDF,
qui se profile comme le parti des années éthiques, souhaite avant
tout mettre en avant ses propositions plutôt que d'attaquer aux autres
partis.
L'UDF a élaboré plusieurs propositions dans les domaines de la
liberté de croyance et de conscience, la protection de la vie, la politique
familiale et financière et le respect des valeurs éthiques fondamentales
(lire en page 4).
Plusieurs de ses propositions sont d'ailleurs reprises dans le cadre d'émissions
électorales par les médias. Celle qui interpelle le plus est sans
doute celle concernant l'assurance-maladie dont les primes ne cessent d'augmenter.
Le principe est simple. Il s'agit de faire reposer le système de cette
assurance sur le principe de la responsabilité individuelle. L'UDF considère
en effet que les personnes qui évitent de consommer des substances qui
nuisent à leur santé doivent bénéficier de réductions
de primes. Exemple concret: sur la base d'un certificat médical envoyé
à sa caisse maladie, une personne qui ne fume pourrait profiter d'une
diminution de prime. D'autre part, l'UDF souhaite déplacer un certain
nombre de prestations de l'assurance de base vers les assurances complémentaires.
Il s'agirait par exemple de déplacer les prestations liées à
la distribution d'héroïne et celles de l'interruption de grossesse,
le fait pour une femme de tomber enceinte ne devant pas être pas considéré
comme une «maladie». Ceci dit, les individus souhaitant recourir
à ces prestations pourront continuer à le faire par le biais des
assurances complémentaires. L'UDF estime toutefois inacceptable sur le
plan éthique de demander à chaque assuré de cofinancer
ce genre de prestations.
Les autres propositions de l'UDF interpelleront sans doute tout autant celles
et ceux qui en prendront connaissance.
C'est donc avant tout dans un état d'esprit positif que l'UDF souhaite
faire campagne.
Maximilien Bernhard
RUBRIQUE: Nationale
L'UDF dans la course des élections fédérales
Le 19 octobre prochain, votez pour des candidats udf sur vaud, berne, jura et fribourg
L'Union Démocratique Fédérale (UDF) a récemment
déposé ses listes électorales. En Suisse romande, l'UDF
présente des listes de candidats pour le Conseil national dans les cantons
de Fribourg (3 candidats), Jura (2 candidats), Berne (25 candidats) et Vaud
(18 candidats). L'UDF présentera également un candidat à
l'élection du Conseil des Etats à Berne et sur Vaud. Pour le canton
de Berne, l'actuel Conseiller national Christian Waber et pour le canton de
Vaud, Maximilien Bernhard, membre du législatif yverdonnois depuis 1997,
président de l'UDF Vaud depuis 2003 et actuel secrétaire romand
de l'UDF, se sont portés candidats à la chambre des cantons.
A noter que c'est la première fois que l'UDF présente des candidats
dans les cantons de Fribourg et du Jura. Premier parti des viennent ensuite
dans le canton de Vaud en 1995 et 1999, l'UDF croit en ses chances de décrocher
un à deux sièges romands à l'occasion des élections
fédérales de cet automne.
Faut-il rappeler qu'au cours de ces dernières années, l'UDF a
connu plusieurs succès. Dans le canton de Vaud, les élections
communales de 2001 ont permis à l'UDF de doubler pratiquement sa représentation
au législatif d'Yverdon-les-Bains, seconde ville du canton. Elle y détient
désormais 9 des 100 sièges. En 2002, l'UDF a manqué de
quelques dizaines de voix seulement, son entrée au Grand Conseil vaudois.
Les années 80 ont été marquées par une succession
d'enjeux écologiques, alors que le début du XXIe siècle
se caractérise par de nombreux débats à dimension éthique.
Il est donc normal que la période que nous vivons soit celle du développement
de partis qui axent leur politique sur les questions éthiques. Ces dernières
constituent la priorité de l'UDF et l'élément rassembleur
du parti sur le plan suisse.
Les priorités de l'UDF pour les années à venir sont la
défense des intérêts de la famille, la liberté de
conscience et de croyance, la protection de la vie, ainsi qu'une politique de
la santé raisonnable et accessible à tous. Concrètement,
l'UDF a élaboré un catalogue de propositions contenant notamment
l'obligation faite aux cantons de promouvoir les soins palliatifs, un droit
d'objection de conscience dans le domaine médical, des baisses de primes
de caisses maladie pour les assurés renonçant à un style
de vie nuisant à leur santé et la création de zones non-fumeurs
dans l'ensemble des établissements publics de notre pays.
Constitué de chrétiens de diverses appartenances ecclésiastiques,
ce parti existe depuis 1993 en Suisse romande. Au niveau suisse, l'UDF est actif
depuis plus de vingt-cinq ans. Il est présent dans l'ensemble des cantons
suisses à l'exception du Tessin, ce qui fait de lui un des plus importants
partis non-gouvernementaux de ce pays. L'UDF compte actuellement un Conseiller
national bernois, des députés au législatif de plusieurs
cantons, ainsi qu'un nombre croissant d'élus aux exécutifs et
législatifs locaux.
Ces dernières années ont marqué une progression constante
des scores électoraux de l'UDF.
L'UDF a son mot à dire à Berne
Le Conseiller national UDF Christian Waber explique sa motivation d'exercer son mandat au parlement. Il s'exprime également sur les objectifs électoraux de son parti.
Quel bilan personnel tirez-vous de votre mandat au Conseil national de ces
quatre dernières années?
Le bilan politique de mon engagement au Conseil national peut se mesurer à
mes interventions. Au total, j'ai fait 17 propositions et autres prises de position
toutes relatives à des questions éthiques ou sur la valeur de
la vie. J'ai eu l'occasion d'observer un retournement de situation en ce qui
concerne la nouvelle loi sur les stupéfiants, grâce notamment à
mes arguments. Aujourd'hui, les opposants à la libéralisation
de la drogue sont presque majoritaires.
Même sur des questions d'environnement, j'ai réussi jusqu'à
ce jour à empêcher la construction d'un centre commercial et de
loisirs dans la région de Berne pour préserver des quartiers familiaux
de la pollution du trafic.
Sur le plan des relations, j'ai pu nouer de bons contacts et soigner de bonnes
relations avec les Conseillères et Conseillers fédéraux
ainsi qu'avec le personnel de la Confédération.
Dans quels domaines spécifiques avez-vous l'impression que la voix
de l'UDF a été utile et entendue?
L'UDF a souvent l'occasion d'expliquer ses positions éthiques et morales.
Les médias nous connaissent et font souvent appel à l'UDF pour
s'exprimer sur les dossiers éthiques à l'instar des drogues, de
la liberté religieuse, de l'avortement ou encore de l'homosexualité.
L'UDF a renforcé sa position dans le paysage politique. Le parti est
aujourd'hui accepté et respecté par la population, en particulier
par la frange soucieuse du maintien des valeurs.
Ce mandat a également inauguré la participation à une
fraction politique. Avec le recul, était-ce une bonne décision?
La collaboration au sein de la faction politique peut être qualifiée
de bonne. Ses cinq membres se sont appréciés en tant qu'individus
et chrétiens. Il y a eu de la place pour le respect et la liberté
d'expression individuelle. Sans faction politique, il est aujourd'hui pratiquement
impossible de faire de la politique sous la coupole fédérale.
Du fait de l'absence des commissions, trop nombreuses sont en effet les informations
qui manquent pour effectuer un travail sérieux. Une petite faction a
de nombreux avantages, et sa présence au sein des commissions et son
temps de parole est proportionnellement plus important que celui des grands
partis.
Quels sont les objectifs électoraux de l'UDF?
Nous avons de bonnes chances d'obtenir davantage de sièges au parlement
que par le passé. Dans le canton de Zurich ainsi que le canton de Vaud,
les jumelage de listes devraient être propices à l'UDF. Nous espérons
et prions pour l'obtention de trois mandats. Je serais en effet très
reconnaissant d'avoir à mes côtés deux collègues
de parti.
Quels sont les principaux enjeux de la prochaine législature?
Nous avons un gros problème sur le plan politique. Toujours plus de personnes
formulent des lois, sans avoir de relation avec le monde du travail. Ils n'ont
aucune idée de ce que sont une pioche ou une pèle. 20 des 46 membres
du Conseil des Etats sont par exemple des juristes. Il manque cruellement des
gens qui font partie du peuple, avec ses besoins et ses soucis.
Les principaux enjeux des quatre prochaines années seront l'enregistrement
de couples du même sexe, l'assainissement des finances, la réduction
des tâches de l'Etat, l'adhésion à l'Union Européenne
et les transports publics.
Si c'était à refaire, auriez-vous à nouveau des ambitions
politiques à l'échelon fédéral?
Ma grande satisfaction sont mes contacts personnels avec de nombreuses personnes.
Dans de nombreuses situations, je n'ai pas été sollicité
en tant que politicien, mais comme individu ou chrétien. Si je devais
faire un bilan de ma «carrière» politique depuis 1984, je
ne peux que dire mon étonnement de ce que Dieu a fait. Je suis très
reconnaissant d'avoir été conduit à m'engager sur le plan
politique.
Donnez votre voix à l'éthique chrétienne en politique
Septembre 2003
Elections fédérales du 19 octobre 2003 : des chrétiens à Berne
Madame, Monsieur,
Notre pays connaît de profondes mutations. Placé devant de nouveaux défis et des choix qui auront une influence directe sur l'avenir des générations présentes et à venir, chaque parti y va de sa vision, de ses méthodes ou solutions.
Dans le débat politique actuel, une voix fait souvent défaut. C'est celle des chrétiens. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de croyants sous la Coupole fédérale. Toutefois, leur influence sur les décisions semble encore bien limitée.
Nous somme convaincus que, pour l'avenir de ce pays, le Conseil national et le Conseil des États ont besoin d'élus dont l'engagement chrétien est clair. La classe politique a besoin de repères. Ce d'autant plus que la prochaine législature comporte de nombreux enjeux éthiques, tels l'euthanasie, la politique de la drogue ou les revendications homosexuelles, pour n'en citer que quelques-uns.
Dans cette perspective, nous vous encourageons à voter en priorité pour les chrétiens lors des élections qui se dérouleront le 19 octobre prochain.
Dans une perspective éthique et afin de promouvoir les valeurs judéo-chrétiennes à Berne, nous vous encourageons à faire connaître dans votre entourage et recommander, pour le Conseil national, la liste de l'UDF dans votre canton Union Démocratique Fédérale ainsi que pour M. Maximilien Bernhard pour le Conseil des Etats dans le canton de Vaud. Tous ces candidats sont des chrétiens engagés.
C'est certainement une manière de « rechercher le bien de la ville » (Jérémie 29, 7), parce que notre paix dépend de la sienne.
Heinz Suter, Paul Schoop, Philippe Corthay, Kurt Bühlmann
RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS
18 candidats pour la troisième participation de l'UDF Vaud aux élections fédérales
Pour la troisième fois consécutive, la section vaudoise de l'UDF présente une liste de candidats à l'élection du Conseil national. Cette liste est complète, à savoir 18 personnes.
Nouveauté pour cette année: l'UDF présente également un candidat à l'élection de Conseil des États. Suite aux divers succès et résultats électoraux de l'UDF dans le canton durant ces quatre dernières années, les candidats vaudois sont très motivés. En effet, les chances de décrocher un siège aux Chambres fédérales sont réelles. L'UDF espère décrocher le 18ème siège attribué au canton de Vaud suite à la nouvelle répartition par canton.
Toutes les générations sont représentées. La plus jeune des candidates a 18 ans. Plusieurs autres candidats ont moins de 25 ans, ce qui démontre que les idées de l'UDF interpellent de plus en plus la jeune génération. Durant ces quatre dernières années, l'UDF Vaud a travaillé dans de nombreux domaines, et espère dès lors récolter les fruits de son travail.
L'UDF Vaud a décidé de s'apparenter le Parti évangélique (PEV), nouveau venu sur la scène politique vaudoise. Le programme d'action du PEV comporte plusieurs points avec lesquels l'UDF est en accord, et certaines valeurs du PEV sont également partagées par l'UDF, les deux formations politiques demeurant complémentaires et non pas concurrentes.
En Suisse alémanique, l'UDF et le PEV se sont déjà apparentés à plusieurs reprises, permettant ainsi aux deux formations de renforcer leur représentation politique respective dans divers parlements. Cet apparentement renforcera dès lors les chances de l'UDF romande de placer l'un des siens sous la coupole fédérale.
Du matériel électoral peut être commandé via le site Internet www.udf.ch ou par tél. au 021 903 18 77. Merci d'avance pour votre soutien. (MB)
Affiche électorale
L'UDF Romande a choisi de conserver l'affiche électorale qu'elle a utilisé
lors de ses précédentes campagnes électorales. Cette décision
est motivée par le fait que l'UDF souhaite pérenniser, durant
quelques années encore, cette affiche qui lui permet d'être reconnue
facilement lors d'élections.
Cette affiche, qui représente un petit garçon scrutant l'avenir
à l'aide d'un cornet de glace, rappelle que l'UDF se veut résolument
tournée vers le futur, tout en restant attachée aux fondements
judéo-chrétiens. Le slogan rappelle les valeurs auxquelles l'UDF
est attachée (protection de la vie, défense de la famille traditionnelle,
etc.).
En complément à son programme d'action, l'UDF a élaboré un catalogue de 10 propositions pour la prochaine législature. Les futurs élus de l'UDF développeront, puis élaboreront les propositions suivantes:
Rubrique internationale
Les forces religieuses et politiques en Irak
Depuis la chute de Saddam Hussein en Irak, différentes factions islamiques
émergent, tant pour résister que pour tenter de prendre le pouvoir.
Les trois principales qui s'affrontent actuellement sont les sunnites, les chiites
et les wahhabites. Les sunnites tirent leur nom de la sunna, «la tradition»,
un ensemble de textes et de récits (les hadiths) enseignant à
ces musulmans «orthodoxes» le comportement «juste» de
Mahomet. Sur le plan international, la majorité des musulmans est sunnite
(85-90%); mais en Irak, ils forment une minorité, regroupée au
centre du pays. Plus rigoureux dans l'interprétation du coran et l'application
de la tradition, les sunnites s'opposent à l'idée chiite qu'un
membre de la famille de Mahomet lui succède. Sur le plan politique, les
sunnites ont détenu le pouvoir en Irak depuis la période de l'Empire
ottoman. Certains groupes intégristes sunnites proches d'Al-Qaida opèrent
au centre du pays.
Les chiites - de l'arabe shia qui veut dire «parti» - sont les musulmans
prétendent qu'Ali (le cousin et gendre de Mahomet mort en 661) et ses
descendants, sont les successeurs légitimes de Mahomet. Pour eux, la
révélation n'a pas pris fin avec Mahomet; de ce fait, ils attendent
la venue à la fin des temps de l'imam caché Mahdi, «l'inspiré
de Dieu», qui représente pour eux le dernier et le plus parfait
des prophètes. Les chiites sont minoritaires dans l'islam (10%) mais
majoritaires en Irak, où ils représentent 60% de la population,
soit 13 des 25 millions d'habitants. Depuis la chute de Saddam Hussein, ils
ont retrouvé la liberté de vénérer comme martyrs
Ali et son fils Hussein enterrés à Nadjaf. Souvent méprisés
et maltraités par les sunnites, les chiites ont un fort sentiment de
persécution et de martyr, qu'ils expriment entre autres par un drapeau
noir, des vêtements noirs et des cérémonies de flagellation
lors de leur grand pèlerinage à Kerbala. Les chiites rêvent
de ramener à Nadjaf le centre du chiisme, qui s'est installé à
Qom en Iran, pour échapper à la répression du parti baas
irakien.
Tant religieusement que politiquement, les chiites s'appuient sur la hawza,
à la fois école et système d'enseignement, garant de l'ordre
moral et social, dirigée et financée par un marja. Ce leader de
référence n'est pas un élu, mais un grand clerc reconnu
pour son savoir. Ses adeptes lui versent un impôt religieux, le Khoms
avec lequel il finance les institutions, les mosquées, les hôpitaux,
etc. Depuis quelques temps la hawza intègre les sciences sociales et
la psychologie, ce qui entraîne une ouverture politico-religieuse de ce
mouvement, vers la modération et la démocratie. L'autre nouveauté
politique, c'est que bien que le titre de marja ne se transmette pas, des fils
de marja entrent actuellement en concurrence politique au sein de partis religieux.
Si bien que les chefs de partis, les autorités religieuses et le/les
marja forment un système pluraliste. Mohammed Baqr al Hakim, le leader
chiite qui vient d'être assassiné à Nadjaf, était
l'un des fils de Mushin al-Hakim, le marja le plus suivi dans les années
1960.
Les wahhabites ont fondé l'Etat d'Arabie Saoudite en 1932 - pays abritant
La Mecque et Médine. Ils sont les plus strictes, les plus intolérants
fondamentalistes de l'Islam. Ce mouvement extrémiste combat tous les
autres musulmans, les traitant de polythéistes parce qu'ils s'ouvrent
au progrès et au monde. L'Arabie en ayant fait sa religion d'Etat, est
le fief de sa doctrine et de son financement grâce aux pétrodollars.
Cette doctrine s'attache plus aux apparences religieuses qu'à la spiritualité.
Ben Laden est un wahhabite typique, qui applique à la lettre ce que ce
mouvement lui a enseigné. 15 des 19 terroristes du 11 septembre étaient
des wahhabites saoudiens. Actuellement, des intégristes wahhabites d'Arabie
infiltrent l'Irak, se liant avec les partisans de Saddam Hussein. L'attentat
contre l'ONU ainsi que l'assassinat de Mohammed al-Hakim leur sont attribués.
10% de la population saoudienne est chiite. Ils occupent l'Est de l'Arabie,
là où se trouvent les principaux gisements pétroliers.
Si le soulèvement chiite irakien continue de prendre de l'ampleur sous
l'effet de leur libération et de leur colère, et si un nouveau
marja émergeait, cela pourrait amener les chiites saoudiens, du Koweit
et de Bahreïn à faire coalition. Et cette force chiite pourrait
mettre à bas les sunnites et les wahhabites, ce qui ferait l'affaire
de la majorité du peuple irakien et des Américains, en portant
un coup à la fois aux partisans de Saddam Hussein et au terrorisme. Dominique
Ardellier
Rubrique : Réflexion
L'Evangile, valeur sûr dans un monde de dépression
Il est une valeur qui n'est pas cotée en bourse mais qui n'en est pas
moins puissante, c'est la valeur de nos pensées et de nos convictions.
Dans ce domaine, notre monde a échangé certaines valeurs sûres
pour une multitude de valeurs volatiles qui finalement ne tiennent pas leurs
promesses, engendrant des troubles tels qu'insécurité, peur, dépression,
violence...
De ces troubles, il en est un qui peut retenir particulièrement notre
attention : c'est la violence que l'on se fait à soi-même. Le suicide,
reflet de nos pensées et convictions, est l'indice de la valeur que peut
représenter la vie à certains moments.
Les statistiques sont effarantes et peuvent nous faire réfléchir.
Par exemple, au Japon, en 1998 (année de crise économique), sur
les dix premiers mois de l'année, plus de 27000 personnes se sont données
la mort volontairement. Toujours en Asie, deux millions de Chinois tentent chaque
année de mettre fin à leur jour et 250 000 y parviennent. En France,
elles sont plus de 11000 par année. Enfin, en Suisse les chiffres sont
moins impressionnants mais restent considérables. En 1999, 1296 personnes
ont mis un terme à leur existence. L'OMS estime le nombre de suicides
dans le monde à 850 000 en 2000.
Le diable dit lui-même en Luc 4, 6 que les royaumes de la terre lui appartiennent,
et ces statistiques lui rendent témoignage.
Face à cette tragédie, les valeurs et l'espérance qu'apporte
l'Evangile sont d'actualité et doivent être annoncées.
Mais le diable travaille à son fond de commerce. Il y a quelques années,
la cinquantaine de victimes de l'OTS a fait couler beaucoup d'encre, suscitant
une psychose de la secte et rendant aussi plus difficile la transmission de
l'Evangile. C'est comme si l'on avait coupé la branche qui peut nous
sauver de ce qui nous fait peur.
Ces chiffres, 850 000 face à 50 devraient remettre la vraie perspective,
sans minimiser le problème qu'a pu susciter l'OTS. Le vrai drame ne vient
pas des sectes, mais des valeurs que le monde véhicule.
Bien qu'il n'existe aucune statistique, nombreuses sont les personnes qui, plutôt
que d'abréger leurs jours alors qu'il n'y avait plus d'espoir, ont retrouvé
un sens à leur vie, non pas calqué sur les valeurs courantes mais
sur les valeurs que donne l'Evangile.
«Je connais, moi, les plans que je prépare à votre intention
déclaration du Seigneur non pas des plans de malheur, mais
des plans de paix, afin de vous donner un avenir et un espoir. Alors, vous m'invoquerez,
et vous pourrez partir; vous me prierez, et je vous entendrai. Vous me rechercherez
et vous me trouverez, car vous me chercherez de tout votre cur. Je me laisserai
trouver par vous...» (Jér. 29, 11-14)
Gabriel Schneider, pasteur de l'Eglise évangélique de Pentecôte,
Yverdon-les-Bains