Edition 5/2000 (décembre 2000):
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Impulsions?
Edition actuelle 5/00- décembre 2000
Edito : La formule magique est maintenue
La succession d'Adolf Ogi a donné lieu à plusieurs
déclarations déterminées de part et d'autre
de l'échiquier politique, qui toutes remettaient en question
la formule magique du Conseil fédéral. Le 6 décembre
dernier, la majorité des parlementaires fédéraux
a décidé, en élisant l'UDC Samuel Schmid
au gouvernement, de maintenir la formule magique du Conseil Fédéral
(deux PDC, deux radicaux, deux socialistes et un UDC). Le vu de
plusieurs représentants, principalement des partis de gauche,
de mettre fin à la formule magique en boutant hors du gouvernement
l'UDC, ne s'est donc pas réalisé. Dans les semaines
qui ont précédé l'élection, les socialistes
avaient déclaré à plusieurs reprises que
l'UDC devenait de moins en moins fréquentable. Pour eux,
placer l'UDC dans l'opposition aurait permis à ces derniers
de contrer librement les décisions du Conseil fédéral,
mais présentait l'avantage de ne plus leur permettre de
participer aux décisions gouvernementales.
Notre système fonctionne depuis plusieurs décennies
sur le principe du consensus. La formule magique - qui pourrait
évoluer dans la représentation des forces politiques
en fonction des résultats électoraux - a le mérite
de prendre en considération des avis provenant de tous
bords, notamment celui des minorités, par le biais des
consultations soumises au peuple et aux cantons.
L'élection de Samuel Schmid ne remet pas en question la
formule magique. Du moins pour l'instant. Résistera-t-elle
encore longtemps? Il est aujourd'hui difficile de faire des pronostics
dans ce domaine. Une chose est néanmoins sûre. Le
peuple suisse, tout comme l'UDF, est encore fortement attaché
au principe du consensus, ce dernier prévoyant la recherche
du bien commun, meilleur garant d'une stabilité politique
intérieure.
Maximilien Bernhard
RUBRIQUE: POLITIQUE FEDERALE
L'UDF lance l'initiative miniMax
l'udf propose du concret dans le domaine de la santéL'UDF de gauche ou de droite?
Dans le cadre d'une analyse des parlementaire fédéraux, le prestigieux quotidien zurichois die Neue Zürcher Zeitung (NZZ) a analysé les votes des élus. Sur une échelle de + 10 (vote très à droite) à 10 (vote très à gauche), Christian Waber, l'élu de l'UDF obtient le score de - 0.9. Au vu de ses votes, il est donc considéré par la NZZ comme un centriste.Votations du 26 novembre: analyse des résultats
L'Union Démocratique Fédérale a pris note des décisions prises par le peuple suisse à l'issue du scrutin du 26 novembre dernier, notamment en ce qui concerne les objets liés à l'âge de la retraite.Le retrait de Beate Uhse comme sponsor d'Expo 02 a été salué par l'UDF.
En effet, le parti s'était élevé contre l'arrivée de cette chaîne allemande de sex-shops dans le giron des sponsors de l'arteplage d'Yverdon, consacré à la sexualité.RUBRIQUE: ENTRETIEN
Quelles mesures prendre contre les agressions de chiens?
Les cas d'agressions de chiens rapportés par les médias se sont mulitipliés au cours de ces derniers mois. Plusieurs cantons ont annoncé des mesures pour prévenir les agressions des chiens réputés dangereux. L'Office vétérinaire fédéral a commandé une enquête et mis sur pied un groupe de travail pour proposer un texte de loi aux cantons.Prof. Daniel Arnold
Dans Exode 21, 28-36 (29), la Bible évoque le cas d'un
buf agressant un autre animal et des personnes. La loi biblique
prévoyait que l'animal qui attaque un humain était
mis à mort. Mais si le propriétaire avait été
averti du danger que représentait l'animal, il était
lui-même sévèrement condamné.
Certains chiens n'ont jamais fait de mal et il est difficile sinon
impossible de prévoir une agression. Dans le cas d'une
agression, il faudrait abattre l'animal. Mais en ce qui concerne
les chiens réputés dangereux, les propriétaires
devraient être tenus pour responsables, car ils sont avertis
du danger que leur animal représente pour autrui. Cela
responsabiliserait les propriétaires de chiens.
L'euthanasie des chiens réputés dangereux pose-t-elle
un poblème éthique d'un point de vue biblique ?
Cela ne pose pas de problème, si c'est pour le bien de
l'homme. Il serait grave que cela ne soit pas possible. Et cela
est vrai pas seulement pour les animaux domestiques comme les
chiens mais aussi pour les animaux sauvages comme le lynx. L'homme
doit privilégier l'espèce humaine.
L'interdiction de la reproduction de certaines races de chiens
a également été proposée. Une telle
mesure est-elle envisageable dans le respect de la création
?
Je ne pense pas qu'il faille absolument viser l'interdiction de
la reproduction de certaines races. Même s'ils sont dangereux,
les lions n'ont pas été exterminés pour autant.
Mieux vaut les contrôler en organisant des réserves
naturelles par exemple. Dans ce cas, les visiteurs savent que
ces animaux sont en liberté et que la région représente
un risque pour les humains.
En revanche, si un microbe est dangereux, on ne va pas le garder,
mais bel et bien l'éliminer.
En ce qui concerne les chiens, je ne pense pas qu'il faille éliminer
certaines races, mais plutôt les contrôler.
J'ajoute enfin que n'étant pas moi-même spécialiste
des chiens, je ne mesure pas vraiment quelle part de la polémique
acutelle relève de la psychose. Il faut en tenir compte,
même si finalement, il s'agit de définir clairement
une priorité, à savoir les intérêts
des humains avant ceux des animaux.
Thomas Feuz
Le problème des chiens agressifs relève-t-il
de la sphère individuelle et du droit pénal ou s'agit-il
d'une question politique?
Le problème des chiens agressifs n'est pas qu'un problème
individuel. Il concerne toute la société. Il s'agit
donc d'ouvrir le débat au niveau politique. La majorité
des propriétaires de chiens maîtrisent leur animal.
C'est en raison d'une petite minorité de cas où
les maîtres des chiens n'ont peu ou pas le sens de la responsabilité
qu'aujourd'hui tous les propriétaires de chiens sont montrés
du doigt. Lorsque je vois que les gens ont peur de mon chien,
je le rappelle vers moi. C'est l'attitude qui devrait prévaloir
auprès de tous les propriétaires de chiens.
Plusieurs mesures ont été proposées récemment:
permis de chien, muselière, puce d'identification. L'UDF
a-t-elle une opinion sur la question?
L'UDF n'a pas encore pris de position officielle sur la question.
Le groupe évangélique-indépendant au Conseil
national auquel appartient également l'UDF, a proposé
une motion qui a été rejetée par le Conseil
national. J'ai, à titre personnel, salué cette idée
qui prévoyait que chaque maître d'un chien soit tenu
de suivre un cours de dressage, quelle que soit la race de chien.
L'idée d'un permis pour les chiens de combat mérite
également notre réflexion. Mais l'intervention de
l'Etat ne résoudra pas à elle seule la question.
Faut-il attendre les accidents pour intervenir ou privilégier
au contraire des mesures préventives?
Dans une démocratie, la politique est faite en priorité
par des humains pour les humains. Si la société
est menacée, alors la mission de l'Etat est d'intervenir.
Je doute par contre que l'idée des muselières soit
une bonne solution si elle n'est pas appliquée de façon
conséquente. L'exemple de l'Italie est patent. Je pense
par ailleurs que la violence (latente ou exprimée) entre
humains est un problème réel. Il existe assurément
des liens entre ce dernier et le problème des chiens.
Les animaux ont obtenu un nouveau statut ("les animaux ne
sont pas des objets"). Dans quelle mesure cette innovation
ne déséquilibre-t-elle pas les intérêts
en jeu?
Notre loi sur la protection des animaux est l'une des plus progressistes
d'Europe. Mais c'est surtout en cas de divorce que le statut des
animaux diffère de celui des objets. En revanche, on peut
s'interroger sur le fait que les animaux ont aujourd'hui plus
de valeur que la vie d'un enfant à naître.
D'un autre côté, si l'on parle plus des animaux,
je suis convaincu que des solutions pratiques, notamment en ce
qui concerne le problème des chiens de combat, pourront
être trouvées.
Dr Colette Pillonel
L'augmentation des agressions de chiens est-elle une réalité
ou un phénomène médiatique ? Nous ne disposons
d'aucun chiffre précis qui permette de répondre
à cette question. Mais il est certain que le débat
médiatique révèle outre le réel problème
de base des peurs archétypes telle que celle d'être
mangé ou que nos enfants le soient. Cependant, selon les
informations actuellement à notre disposition, le nombre
d'accidents par morsure de chiens semble demeurer stable. Le groupe
de travail pour les chiens dangereux et la Fédération
des Médecins Suisses (FMH) ont commandé une étude
qui permettra d'avoir une image plus précise du problème.
Les résultats seront connus l'an prochain.
Un groupe de travail fédéral planche sur un modèle
de texte de loi dont pourraient s'inspirer les cantons. Où
en sont les travaux? L'avantage de la Suisse, c'est qu'elle bénéficie
de l'expérience des autres pays qui ont déjà
adapté leurs lois. En Angleterre, certaines races de chiens
sont interdites depuis 1991. Certains Länder allemands ont
également opté pour cette solution récemment.
En Suisse, nous avons décidé de privilégier
l'efficacité et la faisabilité. Il y aurait toute
une série de lois attrayantes mais difficilement applicables,
ou du moins pas à court terme, à l'instar du permis
pour chien. Il serait en effet impossible d'envoyer près
de 500 000 propriétaires de chiens suivre un cours. De
plus, comme dans la majorité des cas, tous les membres
de la famille, et parfois même le voisinage ou le cercle
d'amis s'occupent du chien, il faudrait aussi former ces derniers.
Les infrastructures et le budget manquent pour accueillir 1.5
millions de personnes à court terme.
Il faut savoir que les mesures efficaces ne sont pas forcément
spectaculaires. Un programme de prévention de morsure des
chiens commence à circuler dans les écoles en Suisse.
Il est basé sur des discussions et des jeux de rôles.
La généralisation d'un tel programme basé
actuellement sur le bénévolat nécessiterait
un encadrement, un contrôle et un financement appropriés.
Le problème n'est-il pas un nombre trop important de chiens
en Suisse? Si les propriétaires avaient le contrôle
de leur chien, la cohabitation serait bien plus harmonieuse. Mais
comme certains d'entre eux ne se sentent pas responsables de leur
chien, qu'ils le laissent sauter ou agresser les passants, cela
devient un problème. Pour que la cohabitation soit possible
avec ce nombre de chiens, il faut remettre de l'ordre.
Les premiers résultats concrêts, c'est pour quand?
La date butoire est fixée à avril 2001. Mais une
proposition de texte devrait être disponible plus rapidement.
Ce que je peux dire, c'est que ce travail s'effectuera dans la
plus grande objectivité. Le seul préalable, c'est
qu'il ne semble pas que nous allions dans la direction d'une interdiction
de certaines races de chiens. Je suis sûre que nous allons
trouver une solution efficace pour combattre les accidents par
morsure de chiens car tout le monde y est intéressé.
RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS
1 an de secrétariat romand: bilan
Actif depuis le 1er janvier 2000, le secrétaire romand de l'UDF dresse un bilan positif de sa première année d'activité. Tandis que la première partie de l'année a été consacrée à la mise en place du secrétariat et à la visite des diverses sections cantonales, la seconde partie a été placée sous le signe de la création de nouvelles sections.Création d'une section valaisanne
Avec la création le 24 novembre dernier de la section valaisanne, l'UDF est dorénavant présente dans l'ensemble des cantons romands.Toute personne intéressée à rejoindre cette section cantonale est priée de de s'adresser à Monsieur Georges Jaccard, rue du Village, 1932 Bovernier.
BERNE
Le bilan des élections communales bernoises du 26 novembre
dernier est globalement positif pour l'UDF.
Présente avec ses propre listes dans 20 communes, l'UDF
a pu maintenir ses acquis dans plusieurs communes comme Belp (avec
une une progression de 3.1%), Berthoud, Heimberg (l'UDF y décroche
la vice-présidence), Hilterfingen (+4.1%), Thierachern
(+2.4%), Wasen, Worb et Zollikofen. L'UDF regrette que le jumelage
de liste proposé au Parti Evangélique Populaire
ait été décliné par ce dernier. Tous
deux ont ainsi perdu des mandats à la ville de Berne.
Si l'UDF a perdu son unique siège au législatif
de la ville de Berne (il manquait 0.1%) et ses mandats à
Muri-Gümlgen et Unterseen, elle a revanche fait son entrée
dans les autorités de Brienz et Wimmis.
D'autres élections communales ont eu lieu après
la clôture rédactionnelle de cette édition
d'Impulsion. Les résultats seront connus ultérieurement.
Thomas Feuz
JURA
Elections jurassiennes
L'Union Démocratique Fédérale présentait
pour la première fois dans le Canton du Jura deux candidats
aux élections communales.
A Vendlincourt, René Heiniger n'a manqué que de
peu un mandat de Conseiller communal. Avec 76 voix et 208 suffrages,
son score est tout-à-fait honorable. Interviewé
après les élections, René Heiniger déclarait:
"l'UDF est encore peu connue dans le canton, ce qui a peut-être
fait hésiter quelques personnes".
A Ederswiler, Charlotte Speis, qui se présentait à
la mairie, n'a pas obtenu ce poste.
L'UDF, malgré sa petite taille, a sa place sur l'échiquier
politique jurassien et la population du canton du Jura, ou pour
le moins de Vendlincourt, a été sensible aux valeurs
défendues par ce parti qui est pour la famille, pour une
éducation de qualité, pour le respect de la vie
dès la conception et pour l'application des valeurs judéo-chrétiennes
dans notre société.
En ce qui concerne les votations fédérales, le président,
Jacques Dumas, se dit entièrement satisfait étant
donné que le peuple suisse a voté dans le sens des
recommandations de vote émises par l'UDF-Jura pour ce scrutin.
Claude Zimmermann
RUBRIQUE : INTERNATIONAL
Crise de la vache folle: qui est responsable?
Le 21ème siècle débute en traînant
avec lui de lourds fardeaux du précédent: conséquences
du nucléaire, trou dans la couche d'ozone, sida, vache
folle, etc. L'histoire humaine semble montrer qu'on ne prend pas
ses responsabilités tant qu'on n'est pas menacé
soi-même. Aujourd'hui pourtant, la vache folle fait ses
premières victimes humaines et nous nous sentons menacés.
Dans la panique, nous disons "c'est la faute à "on",
"ils", etc.". C'est vrai, les producteurs et
les filières commerciales portent une part de responsabilité
importante. Si l'on en est arrivé à la fabrication
et la vente des farines animales, c'est parce qu'il ne faut rien
perdre de ce qui peut rapporter financièrement; et parce
que plus le fourrage des bêtes est avantageux, plus les
produits seront compétitifs sur le marché.
A l'extrémité de la chaîne alimentaire, la
population se sent aujourd'hui à la fois victime et otage
des affres du marché. Quand un jeune meurt de la maladie
de Kreuzfeld-Jacob, nous crions au scandale. Mais combien de fois
entend-on encore dire: "moi je m'en fiche, je préfère
prendre le risque et payer moins cher ma viande". N'est-ce
pas irresponsable? Nos autorités tentent de mettre des
garde-fous, telle la stratégie de la traçabilité;
mais l'étiquette "fabriqué en Suisse"
n'est plus une garantie et les cas de tromperie sont nombreux
à l'instar du buf argentin dont la préparation a
eu lieu en Suisse.
Alors, que faire? En experte de ce problème, Isabelle Eichenberger,
a dit lors de l'émission télévisée
"A bon entendeur": "Le consommateur doit devenir
consomme-acteur". Nous ne sommes pas si impuissants que
cela, à condition d'agir ensemble et de se montrer solidaires.
Les consommateurs peuvent en effet décider de ne plus manger
de boeuf voire de volaille et de porc nourris aussi de farines
animales. Un élan général ferait chuter le
marché de la viande à risque et les responsables
devraient remplacer les farines par autre chose. L'avantage des
lois du marché, c'est leur dépendance de notre attitude
d'acheteur. Mais sommes-nous prêts à nous priver
de certaines choses pour le bien de notre santé et de celle
notre planète?
En tant que citoyens chrétiens, ne sommes-nous pas appelés
à être plus responsables face à l'ordre de
la création ? Et à réagir lorsque les autorités
n'agissent pas. Dans la Bible, en Genèse 1, 28-30, Dieu
nous dit d'assujettir la terre et de la dominer. "Et Dieu
dit: à tout animal de la terre... je donne toute herbe
verte pour nourriture. Dieu vit que... c'était très
bon". Et Actes 5, 29 souligne: "Il faut obéir
à Dieu plutôt qu'aux hommes".
Dominique Ardellier
RUBRIQUE: Réflexion
Que ton règne vienne
Une de "mes paroissiennes" qui me partageait son
impression sur l'avenir de l'Eglise m'a dit récemment que
pour beaucoup de paroissiens, réussir leur vie serait de
devenir comme leur pasteur : avoir une vocation précise
et servir Dieu à plein temps.
Désirer imiter son pasteur m'a paru flatteur et louable,
mais penser que c'est là le seul chemin pour réussir
sa vie chrétienne me laissait perplexe, est-ce là
l'impression que je donnais à mes paroissiens ? Devenez
comme moi et vous serez heureux !
Cette conversation me fit repenser à une réflexion
qui m'habite sur l'Eglise de notre pays. N'est-il pas vrai que
pour la plupart de nos paroissiens, l'Eglise est là pour
les bénir, prendre soin d'eux, répondre à
leurs besoins? A ceci s'ajoute cette idée tenace qu'il
y a là-haut quelque part des ministères, des responsables
qui savent et qui font, ils sont la force vive de l'Eglise locale
et au mieux, nous pourrions leur donner un coup de main, les appuyer
ou les compléter.
Et si ce modèle d'Eglise "clergé -laïcs"
n'était pas biblique ! Et si la Réforme n'avait
pas tout réformé ! Ne sommes-nous pas face à
une forteresse de pensée qui empêche l'Eglise d'être
pertinente aujourd'hui dans notre société ? La remarque
"l'Eglise n'a rien fait" sous entendu, les responsables
de l'Eglise n'ont rien fait, montre le cur du problème.
Notre malheur est de n'avoir jamais eu autour de nous un autre
modèle d'Eglise que celui que nous connaissons.
Pour illustrer mon propos, je dirais qu'il y a aujourd'hui plus
de chance de trouver le modèle biblique de l'Eglise locale
au bord d'un terrain de foot que dans l'une de nos salles de culte!
Pourquoi ? Sur un terrain de foot, chacun sait qui est le public,
qui sont les joueurs et qui est l'entraîneur, même
si parfois, il arrive que l'entraîneur soit parmi ses joueurs.
Dans l'Eglise locale, les joueurs, en fait les croyants sont souvent
assis dans les gradins regardant tant bien que mal le ou les entraîneurs,
les responsables de l'Eglise, jouer leur match. Le public, le
monde qui nous entoure, a bien de la peine à suivre ce
match plutôt "contre nature". A la décharge
des croyants de nos Eglises, ils ne sont pas les seuls à
désirer conserver le modèle actuel, les pasteurs
étant aussi conservateurs, mais pour d'autres raisons.
La plupart des Eglises locales que je connais ont juste assez
de force pour conserver leurs acquis, l'idée de devoir
en plus s'occuper de la moisson qui blanchit nous donne la migraine.
Dieu devra-t-il réformer les outres avant d'y verser le
vin nouveau? Je serais tenté de le croire.
A quand une Eglise où les responsables seront de vrais
entraîneurs, des pères pour leurs fidèles
? A quand des fidèles mécontents de rester sur le
banc, impatients d'être acteurs pour jouer le match du siècle
? A quand un public convaincu par l'excellence du jeu et de l'esprit
d'équipe dont il serait spectateur ?
A force d'être trop pastorales, nos Eglises locales auraient-elles
perdu leur vocation apostolique ?
Marc Walther, pasteur de l'Eglise évangélique
de réveil d'Yverdon et
président de la Fédération des Eglises libres
pentecôtisantes de Suisse
