Edition 6/02 - novembre 2002:
|
Recevoir
Impulsions?
Edition 6/02 - novembre 2002
RUBRIQUE EDITO
Anticipons
l'avenir
Le 2 juin dernier, près de trois Suisses sur quatre ont accepté
la solution des délais en matière d'avortement, et ils étaient
encore plus nombreux à rejeter l'initiative «Pour la mère
et l'enfant». Avec un peu de recul, il nous est aujourd'hui possible de
faire un bilan plus objectif.
La communication lors de la campagne précédant la votation était
certainement inadéquate, mais cela fait surtout trente ans que les pro-avortement
s'investissent corps et âme pour la libéralisation de l'avortement.
Cela ne faisait que trois ans que celles et ceux qui s'opposent à l'interruption
de grossesse ont lancé leur initiative. Le combat était-il perdu
d'avance? Peut-être, mais il était indispensable, notamment pour
créer un débat de fond. Aujourd'hui, il s'agit de tirer des enseignements.
Le manque d'anticipation de la part des pro-vies a été un facteur
déterminant. Imaginez un instant qu'ils aient créé, il
y a trente ans, une structure professionnelle semblable à celle de l'USPDA
(Union suisse pour décriminaliser l'avortement), la donne aurait été
tout autre, et le succès à portée de mains. Entre-temps,
les aides matérielles et psychologiques se seraient généralisées,
dissuadant ainsi les femmes en détresse à recourir à l'avortement.
Reste que plusieurs dossiers politiques revêtant une dimension éthique
prépondérante sont dans le même cas. Prenons l'exemple de
l'euthanasie. Cela fait déjà vingt ans que l'association Exit
milite en faveur de l'euthanasie. Aujourd'hui, elle propose à des malades,
dans le canton de Zurich, de mettre fin à leurs jours, profitant d'un
vide juridique dans le domaine. Lancer une initiative pour interdire l'euthanasie?
Risqué. On retombera probablement dans le même cas que le 2 juin
dernier.
Il s'agit donc de changer de stratégie. Notre rôle est désormais
de faire des propositions, non pour interdire l'euthanasie, mais pour inscrire
dans la loi l'obligation aux cantons de proposer des soins palliatifs comme
alternative à l'euthanasie. En effet, les soins palliatifs sont malheureusement
insuffisamment développés dans la plupart des cantons helvétiques.
Cette nouvelle approche constitue sans doute la manière la plus efficace
d'anticiper les prochaines échéances de votation, et de prendre
de court les associations telles qu'Exit. C'est en promouvant la valeur de la
vie par le biais d'alternatives que l'on fera barrage aux pratiques allant à
l'encontre la vie.
Maximilien Bernhard
RUBRIQUE: Nationale
L'UDF divisée sur l'initiative de l'asile
romands et alémaniques ne sont pas d'accord
sur la façon d'accueillir l'étranger
L'UDF s'est prononcée en faveur d'un durcissement de la loi de l'asile
et pour la révision de l'assurance-chômage. Réunis le 26
octobre dernier à Olten, les délégués de l'Union
Démocratique Fédérale (UDF) ont ainsi donné leurs
mots d'ordre pour les votations fédérales du 24 novembre prochain.
Les Romands se distancient des positions prises par le parti.
L'UDF a soutenu par 46 oui, 12 non et quelques abstentions, l'initiative populaire
«contre les abus dans le droit d'asile». Compte-tenu des abus actuels
dans ce domaine, l'UDF considère qu'il est temps que la Suisse redéfinisse
sa politique. Bien qu'imparfaite, l'initiative contribuera à limiter
ces abus, à diminuer le sentiment d'insécurité qui s'est
installé au sein de la population helvétique et de faire accélérer
les procédures. La Suisse pourra, dans le cadre des accords bilatéraux,
demander aux Etats tiers d'accepter les réfugiés ayant transité
sur leur territoire. Pour l'UDF, l'initiative cherche à lutter contre
les «faux» réfugiés.
L'opposition à l'initiative est venue principalement des délégués
romands. Pour ces derniers, accepter l'initiative équivaut purement et
simplement à renvoyer le problème aux Etats tiers, ce qui ne serait
pas acceptable sur le plan éthique et humanitaire. Par ailleurs, et toujours
selon les délégués romands, la révision actuelle
de la loi sur les réfugiés prévoit d'ores et déjà
un durcissement envers celles et ceux qui abusent du droit d'asile.
Assurance-chômage
Par 45 oui, 17 non et 1 abstention, l'UDF a accepté la révision
de l'assurance-chômage. Pour l'UDF, l'assainissement de la situation financière
de l'assurance-chômage est une nécessité. La révision
permettra de consolider le financement de cette assurance, notamment par le
versement direct de 400 millions de francs de la Confédération.
Elle permet en plus de promouvoir la responsabilité individuelle et garantira
ses finances à long terme. D'après l'UDF, les améliorations
de la nouvelle loi compenseront la diminution de certaines prestations qui sont
une des conséquences des accords bilatéraux. Si la révision
était acceptée, la Suisse demeurerait dans ce domaine encore plus
sociale que ses voisins européens. Le principe de solidarité resterait
assuré.
Là encore, la majorité des Romands s'est opposée à
cette révision, estimant que la mauvaise conjoncture que traverse notre
pays ne permet pas une réduction des prestations de l'assurance-chômage,
surtout en ce qui concerne le nombre de jours d'indemnités. En outre,
les délégués romands préfèrent conserver
le principe de solidarité entre les diverses couches de la société,
et s'opposent par conséquent à la suppression de la contribution
de solidarité sur les hauts revenus. Ils ont estimé qu'il n'était
pas sage de «fermer le parapluie de l'assurance-chômage face aux
signes avant-coureurs d'une nouvelle tempête sur le front de l'emploi».
(comm)
La Suisse, à un vote de la libéralisation de la consommation du cannabis
Dans le cadre de la révision de la Loi sur les stupéfiants, l'UDF
s'oppose à toute libéralisation des stupéfiants et n'hésitera
pas à lancer un référendum si le Conseil national suit
le Conseil des Etats. Pour dresser un état des lieux de la politique
de la drogue en Suisse, Impulsion donne la parole aux professionnels de la désintoxication
qui visent l'abstinence.
Dr Hans-Rudolf Pfeifer et Esther Burkhalter, respectivement président
et porte-parole du VCRD, quels sont les enjeux du débat parlementaire
de décembre prochain sur la révision de la Loi sur les stupéfiants?
En mars 2001, le Conseil fédéral a entériné les
lignes directrices de la révision de la Loi sur les stupéfiants.
Il proposait de définir un nouvel article de loi qui place au centre
l'idée de la santé publique, d'inscrire les quatre piliers du
modèle suisse en matière de drogues dans la loi, de dépénaliser
la consommation et la préparation du cannabis et des autres drogues,
d'ancrer dans la loi la distribution thérapeutique d'héroïne,
de renforcer la protection de la jeunesse et le contrôle par l'Etat de
la politique de la drogue.
Le Conseil des Etats a soutenu la stratégie proposée par le gouvernement
en décembre 2001, limitant la dépénalisation de la drogue
à la consommation du cannabis et non à toutes les drogues. C'est
donc au tour du Conseil national de se prononcer sur la question.
La Conseillère fédérale Ruth Dreifuss a émis le
vu de réorganiser le financement des thérapies visant l'abstinence.
Qu'est-ce qui a changé? En juillet 2002, Ruth Dreifuss a communiqué
le développement du nouveau modèle de financement pour les thérapies
stationnaires. Celui-ci redistribue un certain nombre de responsabilités
aux cantons. Au-delà des responsabilités de planification des
besoins, de la gestion des autorisations pour les programmes thérapeutiques,
les cantons devront désormais veiller à la gestion des coûts
et la redistribution des participations de l'AI. Pour les cantons qui introduiront
ce nouveau modèle de financement, ils deviendront les partenaires directs
des institutions. Dans la majorité des cas, cela signifie que les cantons
devront négocier des contrats de prestations avec celles-ci. La base
financière sera mieux assurée pour les programmes thérapeutiques
qui obtiendront cet accord. Mais les placements hors des frontières cantonales
seront sans doute plus difficiles.
Les cantons souhaitent introduire le nouveau modèle de financement au
plus tôt en 2004. De son côté, la Confédération
explique qu'elle n'est pas prête à offrir un financement intermédiaire.
C'est de ce point de vue que la situation financière se révèle
très délicate pour les institutions. Le bras de fer entre la Confédération
et les cantons ne doit pas se faire sur le dos des institutions, qui, à
défaut de solutions intermédiaires, risquent de devoir mettre
la clé sous le paillasson.
La thérapie visant l'abstinence serait-elle menacée? Les thérapies stationnaires ont été mises sous pression par la révision du financement de l'Office Fédéral des Assurances Sociales. Plusieurs organisations ont ainsi déjà fermé leurs portes. L'introduction du nouveau modèle de financement, pour autant qu'il soit clarifié entre la Confédération et les cantons, serait donc plutôt positif. Mais dans la situation actuelle, les conditions-cadre sont encore inexistantes. Il est clair que les négociations et le débat en cours menacent les institutions dans leur existence.
Quel bilan tire-t-on aujourd'hui de la distribution d'héroïne sous contrôle médical ? Les programmes de substitution à l'héroïne ont montré quelques réussite dans le domaine de la stabilisation sociale et dans la diminution des risques pour la santé. Les résultats ne permettent pas à ce stade d'affirmer qu'en raison de ces programmes, les toxicomanes restent plus longtemps toxico-dépendants, mais la question demeure posée. Il n'est pas prouvé que les personnes utilisent cette thérapie comme une étape intermédiaire vers une vie sans drogue. Le risque d'une thérapie basée sur l'héroïne est que celle-ci soit un obstacle de plus dans la motivation du toxico-dépendant à sortir de sa dépendance. La dépendance à l'héroïne est une sorte de relation «haine-amour» avec la substance elle-même.
Vous travaillez tous les jours avec des toxicomanes. Quelle thérapie s'est avérée être la plus prometteuse? Ce n'est pas tant la thérapie que la motivation du toxico-dépendant, la qualité thérapeutique et le «miracle» qui influence le succès d'une thérapie. Dans la plupart des cas, une vie indépendante de la toxicomanie apporte une meilleure qualité de vie. C'est pourquoi, nous considérons qu'il importe de motiver les toxicomanes à suivre un programme qui vise l'abstinence, la réhabilitation sociale et qui inclut la notion du sens de l'existence. Les programmes de substitution (métadone) ne devraient constituer qu'une étape intermédiaire vers la libération de la dépendance. C'est pourquoi, la société et la classe politique devraient attacher plus d'intérêt aux programmes de réhabilitation, afin que tous les acteurs proches des toxicomanes (médecins, autorités, travailleurs sociaux, etc.) encouragent davantage les toxicomanes à s'engager dans une thérapie visant l'abstinence.
Est-ce que la répression garde un sens si d'un autre côté
on s'apprête à libéraliser la consommation des drogues?
Le problème de la politique de la drogue de ces dernières années
était l'écartèlement entre la théorie et la pratique
juridique. La révision de la Loi sur les stupéfiants verra de
nouvelles normes juridiques être appliquées sur le terrain. Une
aide aux toxico-dépendants sans répression, sans pression semble
tout simplement impossible. Mais les mesures de répression devraient,
pour autant qu'il soit possible, encourager la personne à suivre une
thérapie. L'usage de la force n'apporte pas grand chose non plus. Il
est important pour le toxicomane de saisir lui-même le sens et la valeur
d'une libération de sa dépendance. Il ne cherche pas à
être simplement libre des drogues, mais il cherche un but. C'est pourquoi,
nous préconisons la prévention, la thérapie, mais aussi
l'adoption d'une loi qui encourage la responsabilité personnelle et qui
stimule la recherche de sens.
Peut-on libéraliser la consommation de drogues, sans libéraliser
leur commerce? Il y a une tension évidente à ce niveau-là.
Comme les personnes ne peuvent renoncer à la substance, la pratique a
démontré que la pénalisation de la consommation était
difficile et remise en question. A l'inverse, il ne s'agit pas de banaliser
ou de faire de la propagande pour la consommation de drogues. La consommation
devrait continuer d'être combattue. Mais le montant des amendes devrait
être adapté au principe d'opportunité et c'est surtout du
côté de la justice que devrait venir l'encouragement à la
prévention et la thérapie.
Le VCRD (Association des Professionnels actifs dans la réhabilitation
et le domaine de la toxicomanie) a été créé en 1995.
Il compte 29 membres et une cinquantaine d'institutions, ainsi que 250 membres
individuels. Le VCRD s'engage pour une offre diversifiée dans le domaine
thérapeutique et la réhabilitation psychique. Un accent particulier
est mis sur les thérapies visant l'abstinence. Dans ce sens, il a demandé
au Conseil national de maintenir dans la future loi l'objectif d'une politique
de la drogue visant l'abstinence.
Session parlementaire d'automne
Naturalisation
Le sort des étrangers de deuxième ou troisième génération
a constitué l'enjeu principal de la réforme de la naturalisation.
Désormais, cette dernière sera automatiquement naturalisée.
Les personnes de la troisième génération sont intégrées:
elles parlent une des langues du pays, elles ont suivi la scolarité et
travaillent en Suisse. Mais il est vrai qu'il existe une minorité d'étrangers
qui ne sont pas assimilés et qui ne seront jamais intégrés.
Personne n'a évoqué l'islamisation rampante de notre société
et des concessions faites par rapport aux valeurs chrétiennes.
Tests génétiques
Par l'adoption des tests génétiques, l'Etat souhaite instaurer
davantage de sécurité et accélérer les enquêtes
judiciaires. La gauche a parlé d'inquisition génétique.
Mais le citoyen qui n'a rien à se reprocher ne risque rien. J'ai soutenu
les tests génétiques même à plus grande échelle,
s'ils peuvent permettre de confondre les criminels.
Statut des animaux
Une proposition de Dick Marty a permis d'atténuer les revendications
de deux initiatives populaires relatives au statut des animaux. Ces derniers
font partie de la création divine et ne sont pas seulement des objets.
Si un animal est blessé ou tué, la valeur de l'animal peut dans
certains cas dépasser le seul prix d'achat. Les coûts vétérinaires
pourront désormais être considérés comme des dommages.
Enfin, en cas de divorce, l'animal sera confié au conjoint qui pourra
le mieux s'en occuper. J'ai soutenu ce projet de loi, pour différencier
l'animal des choses, par respect de l'ordre créationnel. Cependant, j'espère
vivement que cela ne conduira pas à une «humanisation» des
animaux, avec toutes les dérives que l'on peut imaginer.
Loi sur les cartels
Pour que l'économie fonctionne et que tous aient du travail en suffisance,
l'économie doit faire des bénéfices. Les importants investissements,
les contrats de travail rigides, les frais de recherche, etc. entraînent
des coûts élevés. Si l'on ouvre les marchés à
la concurrence dans tous les domaines, c'est forcément le plus avantageux
qui l'emportera. Avec comme risque de voir le prix s'effondrer et les emplois
disparaître. J'ai personnellement rejeté cette loi.
Imposition du tabac
L'imposition des cigarettes finance une part de l'AVS. Les dégâts
causés par le tabac coûtent une fortune en termes de coûts
de la santé. Par année, 8300 personnes meurent chaque année
du tabac, une véritable tragédie. Le Conseil national entendait
donner la compétence au Conseil fédéral d'adapter le niveau
d'imposition à celui pratiqué par les pays de l'Union Européenne.
Si j'ai voté en faveur de cette loi, ce n'est pas en pensant qu'elle
permettrait de diminuer les dépendances, mais en me disant qu'ainsi,
les responsables - les entreprises de tabac - de cette tragédie participent
aux coûts qu'ils occasionnent.
Débat sur les OGM
Le débat autour de la génétique n'est de loin pas clos.
Au contraire: les avancées technologiques et découvertes nous
font croire que nous maîtrisons tout. La réalité est cependant
tout autre et l'humanité est loin de tout connaître. C'est surtout
la responsabilité qui a divisé le parlement: qui doit supporter
les risques liés à l'application du génie génétique?
Les agriculteurs, les producteurs ou les citoyens? Le dernier mot n'a pas pu
être dit, la matière étant trop vaste et le domaine évoluant
très vite.
Visites au Palais fédéral
J'ai à nouveau eu la chance d'accueillir de nombreux visiteurs au Palais
fédéral, durant la session d'automne; ils sont venus en groupes
ou individuellement. Un groupe est venu avec une bannière représentant
le drapeau suisse, mais en lieu et place de la croix suisse, avec la croix de
Golgotha.
Nous voulons continuer de nous engager afin que Dieu ait sa place sous la coupole
fédérale.
Christian Waber,
Conseiller national UDF
L'or de la BNS doit servir au désendettement
et à la création de réserves
Au lendemain des votations fédérales sur les réserves d'or
excédentaires de la banque nationale, l'UDF considère qu'une partie
de l'or doit être utilisée pour le désendettement de la
Confédération et la création de réserves pour anticiper
des périodes conjoncturelles difficiles.
L'UDF regrette que le peuple suisse ait rejeté la répartition
«AVS, cantons, fondation» prévue dans le cadre du contre-projet
à l'initiative sur l'or, le 22 septembre dernier. L'UDF prend toutefois
acte de cette décision. Elle continuera de proposer une attribution du
bénéfice de cet or à plusieurs entités, le capital
devant être préservé.
Pour commencer, l'UDF proposera qu'une partie de l'or excédentaire soit
utilisée pour désendetter la Confédération. D'autre
part, l'UDF souhaite qu'une autre partie des réserves de cet or puisse
être mise de côté afin de permettre à l'Etat de soutenir
l'économie en effectuant des investissements lors de périodes
conjoncturelles défavorables. Enfin, suite au double «non»
du peuple, la clé de répartition des bénéfices ordinaires
de la BNS exprimée dans l'art. 99 de la Constitution fédérale
(2/3 aux cantons et 1/3 à la Confédération) doit également
être prise en considération.
En ce qui concerne la LME, l'UDF romande, majoritairement opposée à
la nouvelle loi, est satisfaite de la décision populaire. Elle considère
que cette dernière n'aurait plus permis à l'Etat de garantir l'approvisionnement
du pays en électricité, la Suisse devenant trop dépendante
de l'étranger. En regard des effets actuels de la libéralisation
du marché dans d'autres pays européens, les Romands estiment de
plus que la LME n'aurait pas engendré une baisse de prix durable de l'énergie
pour les petits consommateurs et n'aurait profité qu'aux gros consommateurs.
L'UDF souhaite néanmoins qu'une solution soit trouvée à
la problématique des différences de prix existant entre les diverses
régions de notre pays. (comm)
RUBRIQUE: L'UDF DANS LES CANTONS
Vaud
La politique n'est pas réservée à
une élite
Engagez-vous (qu'il disait)! La sentence fait sourire, mais elle n'en reste
pas moins d'actualité. Pour les chrétiens, elle est même
une nécessité, voire, pour certains, une obligation. Mais comment?
Dans le domaine de la politique, les choses paraissent se compliquer, puisque
nous croyons (trop) facilement avoir à faire à un domaine «d'initiés»:
«ce n'est pas pour moi», entend-on souvent. Sauf que le contexte
actuel n'est pas - et de loin - propice au renoncement. Pas maintenant. Les
sphères d'influence sont multiples: courrier des lecteurs, prise de position
dans les échanges de la vie courante, investissement dans un parti politique
et j'en passe. Il est plus que jamais évident que celles et ceux qui
sont prêts à consacrer du temps pour réfléchir aux
solutions propices à l'éthique chrétienne seront affûtés
par Celui qui tient les clés de la vie. Mais qui sont ceux qui se lèveront?
Et si c'était vous? Contactez-nous au tél. 021/881 38 20. C'est
avec plaisir que nous vous communiquerons les multiples possibilités
de vous engager politiquement.
Antoine Baer,
président de l'UDF Lausanne
La création d'un bureau de l'énergie
par l'UDF obtient le soutien unanime du Conseil communal d'Yverdon
Le 5 septembre dernier, lors de la séance du conseil communal d'Yverdon,
l'UDF a proposé la création d'un bureau de l'énergie dans
la capitale du Nord-vaudois. Cette motion a été soutenue à
l'unanimité par le législatif. Il semble naturel que l'énergie
soit consommée de manière la plus rationnelle possible.
A entendre les expériences des collectivités publiques qui ont
retrouvé cette rigueur, les gagnants de l'affaire sont simples à
identifier. Voici quelques exemples: en 1998 la commune de Montreux, malgré
un accroissement de son parc communal d'immeubles, a diminué en proportion
sa consommation annuelle de chauffage et d'électricité respectivement
de 11% et de 15%, réalisant ainsi pour une ville de 21 000 habitants,
une économie annuelle de Fr. 195 000.- francs. De 1985 à 1986,
la ville de La Chaux-de-Fonds et ses 37 000 habitants, a entrepris la rénovation
complète du collège du Crétêts, avec la reconstruction
de la halle de gymnastique. Résultat: économie annuelle moyenne
de chauffage de 24%, soit plus de 20 000 litres de mazout. A Neuchâtel,
le plan directeur, accepté en votation populaire il y a moins de neuf
ans, intègre complètement les énergies renouvelables. Des
zones entières du plan autorisent uniquement des chauffages de type bois.
Les sources d'économies d'énergie sont innombrables et tout bénéfice
pour ceux qui les traquent. Comme on le comprend, ces économies doivent
être réalisées et conduites par des intervenants locaux.
De plus, depuis que les Suisses ont accepté, le 23 septembre 1990 en
votation populaire, l'article constitutionnel sur l'énergie, les collectivités
publiques sont tenues de promouvoir l'utilisation rationnelle de l'énergie,
ainsi que les économies de celle-ci. L'UDF a par conséquent proposé
la réalisation du projet nommé Be Y'n, anglicisme signifiant la
création d'un Bureau de l'Energie à Yverdon-les-Bains. La pertinence
d'un tel outil n'est plus à démontrer. Les exposés tenus
par M. John Dupraz, conseiller national genevois, membre de la commission fédérale
pour l'énergie et par M. Maurice Grünig, responsable du bureau de
l'énergie de la ville de La Chaux-de-Fonds, ont apporté les derniers
argument si besoin était. C'est à titre privé qu'ils ont
défendu dans l'Hôtel de Ville yverdonnois, lors d'une commission
extra-parlementaire, tous les bénéfices d'un tel projet.
L'UDF a proposé que ce bureau ait comme premiers objectifs les analyses
techniques et énergétiques des bâtiments, l'établissement
des dossiers correspondants et de documents d'aide à la gestion immobilière,
la tenue, par bâtiment, d'une comptabilité énergétique
obligeant ainsi un contrôle continu, la définition et application
des mesures correctives, une communication de recommandations aux utilisateurs
et la formation des concierges. Et à plus longue échéance,
il s'agira d'informer et servir les particuliers, de rechercher des subventions
pour les investissements des particuliers, et de mener des audits énergétiques
auprès des grandes entreprises, PME, commerces et artisanats, et faire
des recommandations lors de la remise des permis de construire. Au vu de l'ensemble
de ce qui précède, l'UDF, soucieuse du respect de l'environnement,
de la promotion des économies d'énergie et de la promotion des
énergies renouvelables, estime qu'il est temps que villes et régions
s'équipent de tels outils.
Maximilien Bernhard
Nouveau président pour l'UDF Vaud
Les délégués de la section vaudoise de l'Union Démocratique
Fédérale (UDF) ont élu Maximilien Bernhard à la
présidence de la section cantonale, lors de l'assemblée générale
ordinaire du 10 septembre dernier, à Morges. Conseiller communal à
Yverdon-les-Bains et actuel président de la section Nord-vaudoise de
l'UDF, il entrera en fonction le 1er janvier prochain. A cette date, la présidence
Nord-vaudoise changera elle aussi de mains.
Un des objectifs prioritaires de ce nouveau président est les élections
fédérales 2003 où l'UDF Vaud déposera une liste
de candidats à l'élection du Conseil national. Dans le cadre de
ces élections, l'UDF élaborera son nouveau programme d'action
2003-2007. Ce dernier comprendra les thèmes auxquels l'UDF est la plus
attachée, soit la famille, la protection de la vie et l'assainissement
des finances publiques notamment. D'autres domaines seront également
abordés, notamment la révision de la Loi sur les stupéfiants,
le projet de loi sur le partenariat homosexuel et le service public. En plus
de son programme d'action, l'UDF prépare un catalogue de propositions.
Il sera notamment question de réduction des coûts de la santé,
du renforcement du noyau familial et de sécurité intérieure.
Le nouveau président de la section vaudoise prévoit également
de remettre à l'ordre du jour la création de nouvelles sections
régionales. D'un tempérament rassembleur, Maximilien Bernhard
souhaite en effet créer d'autres sections UDF, notamment sur la Côte
et la Riviera, afin de compléter les sections existantes du Nord-vaudois,
de Lausanne et de la Vallée de Joux.
L'assemblée générale du 10 septembre dernier a été
suivie d'un débat contradictoire sur la Nouvelle Constitution vaudoise
où deux constituants ont débattu du projet. (comm)
Neuchâtel
Appel aux candidatures
L'UDF-NE cherche des candidats pour les élections fédérales
qui auront lieu en octobre 2003, et les élections communales qui suivront
au printemps en 2004. L'avenir de notre région vous intéresse?
Nous proposons un travail commun pour le bien de notre pays. Les chrétiens
ont beaucoup de choses à dire. Avoir son mot à dire, c'est bien.
Mais c'est dans les législatifs et les exécutifs que les décisions
sont prises, et c'est donc là qu'il faut être présent.
Le législatif du pays sera renouvelé en automne 2003. Vous pouvez
nous faire part de votre intérêt et nous prendrons contact avec
vous. Comme tous les partis nous sommes aussi à la recherche de candidats.
Nous sommes tous concernés. Nous ne cherchons pas le pouvoir mais nous
voulons être une lumière chrétienne dans le milieu politique.
L'UDF s'engage à défendre et à promouvoir les valeurs judéo-chrétiennes.
N'hésitez pas à contacter le soussigné sans engagement
de votre part au 032 968 20 30.
Christof von Allmen
Berne
Portes ouvertes de l'UDF Suisse
L'UDF a déménagé à la mi-octobre. Toujours à
Thoune, ses bureaux sont désormais plus proches de la gare CFF, à
la Frutigerstrasse 8. Pour faire découvrir ses nouveaux locaux aux membres
et sympathisants de l'UDF, une journée portes-ouvertes est organisée,
le 16 novembre, de 9h à 15h. Concours, animations vidéos, visite
guidées, collation, galerie photos attendent les visiteurs.
Il est même possible d'obtenir un programme détaillé en
appelant le 033 222 36 37 ou par e-mail info@edu-udf.ch
RUBRIQUE: International
Les Etats-Unis doivent-ils frapper l'Irak?
La guerre menace... Pour l'instant, les deux camps qui se font face sont les
Etats-Unis et la Grande-Bretagne contre les autres pays - notamment la France,
la Chine et la Russie - qui refusent de donner le feu vert aux USA pour utiliser
la force armée contre l'Irak. D'où le débat du Conseil
de sécurité de l'ONU, à la mi-octobre, où la quasi-totalité
des pays représentés se sont opposés à la guerre.
Il a abouti à un projet de compromis: Une démarche en deux temps:
1) Obtenir la reprise du travail des inspecteurs en Irak, en vue du désarmement.
2) Si l'Irak s'y oppose, nouveau recours au Conseil de sécurité
de l'ONU, qui donnera son accord pour utiliser la force. La Suisse, parmi les
nations présentes, a également approuvé cette résolution
en deux phases, de même que les représentants arabes.
Pour le président George Bush, désarmer Saddam Hussein s'inscrit
dans la logique de lutte anti-terroriste. Il affirme que le désarmement
de l'Irak est crucial pour la sécurité des Etats-Unis. Non, l'insécurité
peut venir d'ailleurs! Exemple: l'anthrax venait finalement de l'intérieur
des USA; Abou Bakar Baachir est en Indonésie... Le terrorisme islamique
ne se limite pas aux Talibans d'Afghanistan et à l'Irak. Aujourd'hui
il est à Bali, aux Philippines... Il devient une menace globale.
La Corée du Nord développe l'arme nucléaire; sera-t-elle
la prochaine cible de guerre? Faudra t-il attaquer les USA parce qu'ils ont
des armes nucléaires et pourraient s'en servir?
Les Etats-Unis qui exigent le désarmement de l'Irak, devraient donner
l'exemple. Or ils ont eux-mêmes refusé de ratifier le traité
sur le désarmement et les essais nucléaires! La Bible dit: «En
jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu
fais les mêmes choses» (Rom. 2, 1). «Tout ce que vous voulez
que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c'est
la loi et les prophètes» (Mat. 7, 12).
Mais alors faut-il laisser Saddam Hussein libre de détruire le monde
avec son arsenal nucléaire et bactériologique? Non, cela n'excuse
en rien l'attitude du dictateur irakien. Sa récente parodie électorale
a d'ailleurs prouvé qu'il contrôle à 100% un système
anti-démocratique corrompu, dans le but de satisfaire son culte de la
personnalité. Serait-il un digne descendant de cette partie du monde?
C'est là en effet que le serpent ancien, Satan, a séduit Eve et
Adam, usant de tromperie et de manipulation. C'est là que le faux prophète
Balaam a maudi Israël. C'est aussi là, à Babylone, que Nebucadnetsar
a régné en dictateur.
La Bible parle de la Babylone du passé dans l'Ancien Testament, et de
celle du futur dans l'Apocalypse. Dans les deux cas, Dieu la condamne à
disparaître. Et au présent? Il faut attendre le temps de Dieu...
Dieu punit ou détruit quand le mal est fait, pas avant! Jér. 50,
15 dit: «Rangez-vous en bataille autour de Babylone, tirez contre elle
car elle a péché contre l'Eternel Faites-lui comme elle a fait».
Conclusion: il ne faut pas créer la catastrophe en voulant la prévenir!
Dominique Ardellier
Rubrique: réflexion
Voici venu le temps de l'homme jetable
Quelle serait votre réaction si, lors d'une première visite médicale,
le médecin vous proposait le choix entre l'hospitalisation ou l'euthanasie
! Avec une heure seulement pour vous décider !
Cette situation n'est même pas imaginaire, elle se passe aux Pays-Bas
où de plus en plus de personnes âgées redoutent de se rendre
à l'hôpital depuis que leur Sénat a légalisé
le recours à l'euthanasie active en avril 2001. Les Pays-Bas font figure
de pionniers dans ce domaine alors même que le Conseil de l'Europe s'est
déclaré contre la pratique de l'euthanasie.
La philosophie humaniste qui influence notre société distille
régulièrement son message rationaliste et matérialiste.
Cette pensée est encouragée indirectement par les progrès
de la médecine qui réussissent à prolonger toujours plus
loin le fonctionnement de cette machine qu'est notre corps. Par contre, lorsque
celui-ci n'est plus réparable «il faut le jeter». L'homme
est devenu un objet encombrant, il n'est plus créé à l'image
de Dieu. Ce comportement de consommateur-jeteur, que nous avons accepté
pour les appareils qu'il vaut mieux changer que réparer, nous sommes
en train de l'appliquer à nos semblables.
A l'heure ou la population très âgée est en augmentation
constante en Europe, la tentation peut être grande pour une société
de se donner les moyens de supprimer -légalement- la partie de sa population
la plus onéreuse et la moins productive.
En France et en Belgique, des projets de loi provoquent de vifs débats.
En Suisse, un groupe de travail parlementaire a rendu ses conclusions allant
dans le sens de la dépénalisation de l'euthanasie. Le Conseil
fédéral a ensuite communiqué sa position, inverse, dans
laquelle il souligne que «se fondant sur des réflexions menées
de manière approfondie et tenant compte des fondements chrétiens
de notre société, le Conseil Fédéral renonce à
tout assouplissement de la règle en vigueur».
Ce débat est un vrai débat de société qui révèle
les valeurs même de nos sociétés. Jusqu'à quand les
«fondements chrétiens» protégeront-ils les plus faibles
de notre société, qu'ils soient encore dans le ventre de leur
mère ou malades sur un lit d'hôpital?
Lutter pour conserver l'influence de ces «fondements» est une chose
importante et honorable. Une autre tout aussi importante est de connaître
personnellement le Dieu d'amour qui, par Jésus-Christ, a fait qu'un jour,
des hommes et des femmes, touchés par cet amour, ont imprimé ces
fondements à notre société.
Notre action doit passer par ces deux axes: freiner le bradage de notre héritage
chrétien et annoncer que le message de l'Evangile transforme encore radicalement
les vies aujourd'hui.
Jean-Claude Kormann, pasteur de la paroissse de l'Oratoire,
Eglise Evangélique Libre de Genève
